TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESEn Aparté avec… Viéra & Jomo

Cet article a été publié il y a 9 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

A l’occasion d’une dominicale venue tout droit des steppes glacées de feu l’URSS, Aparté a rencontré un tonitruant duo d’artistes aux multiples casquettes. Lumières sur Viéra et Jomo, conteurs, musiciens et joueurs de balalaïka.

Aparté.com : Bonjour, pouvez-vous  vous présenter ?

Bonjour, je suis Véronique Girard et mon nom de scène de chanteuse est Viéra. Moi, c’est Jean Marc Leclercq et mon nom en espéranto c’est Jomo (ndlr. prononcez Yomo).

Viéra : Je suis conteuse mais aussi chanteuse et Jomo est musicien/chanteur mais pas conteur !

Jomo : Je joue de la balalaïka ou de la guitare suivant les morceaux.

Dîtes-nous en plus sur cet instrument pour le moins atypique.

Jomo: C’est un instrument que l’on trouve seulement en Russie puisque même en Ukraine à la chute  de l’Union Soviétique ils n’en ont plus fait. On ne peut même plus en acheter donc c’est un instrument qui a commencé à être fabriqué par des particuliers. Il paraît que le terme balalaïka provient d’une vieille racine d’un mot russe qui veut dire se moquer.  Cela provient d’un tsar qui a interdit les instruments de musique car les bardes se moquaient de lui, toute musique a donc été interdite et donc la population a commencé à produire elle-même cet instrument car avec leur forme triangulaire elles étaient plus facile à construire et à cacher sous les manteaux.  C’est donc à la base un instrument de résistance pour se moquer du pouvoir.

Ensuite un personnage dont j’ai oublié le nom a tout codifié, l’accordage et la construction de la balalaïka et au XIXe siècle c’est devenu un instrument très important dans la culture russe.

Maintenant que nous avons présenté la balalaïka, parlons des contes russes que vous racontez Viéra.

Viéra: Alors, j’ai habité en Russie, donc je raconte des contes traditionnels issus de la tradition orale que je vais chercher en russe puis que je traduis en français mais en gardant quelques mots de la langue originelle. Je raconte également des chansons sous forme d’histoires avant de les chanter en russe afin que le public en comprenne la signification, c’est le fait d’être conteuse qui m’a donné envie d’allier chanson et conte. En résumé, je ne traduis pas mot pour mot la chanson, je cherche plus à la raconter.

Durant votre prestation les contes et chansons que vous avez interprété étaient beaucoup plus entraînant que ce à quoi nous sommes habitués en France vous avez une explication ?  

Viéra:  Il y a de tout dans le répertoire russe, il y a également des chansons très sentimentales, très douces, des chansons à textes magnifiques qu’il faut vraiment écouter. Mais là, dans ce contexte c’était pas possible, il y avait trop de bruit donc avec Jomo on a choisi des chansons plus entraînantes, folkloriques ou tziganes. Mais c’est vrai que dans la culture russe il y a vraiment les deux facettes. Il existe à la fois une grande nostalgie, beaucoup de tristesse et de langueur dans les films, la musique et dans l’art en général mais aussi ce côté très festif et très entraînant.

Quels sont vos projets artistiques du moment ?

Viéra: En ce moment avec Jomo, nous sommes en train de monter un répertoire de chansons russes et aussi les chansons que je compose. Il y a deux concerts que l’on prépare actuellement. Jomo intervient aussi dans mes spectacles de contes. On a créé il y a quelques années un spectacle nommé « Liouba » qui veut dire à la fois amour et aimer en russe. Nous avons joué Liouba à la médiathèque de Toulouse et prochainement nous allons nous produire à la médiathèque départementale du Tarn-et-Garonne à l’occasion de  « Alors raconte » le plus grand festival de conteurs du Tarn-et-Garonne.

Je raconte aussi auprès des tout petits et des bébés, d’ailleurs samedi prochain (le 2 février) je serai à la bibliothèque de Balma.

Vous comptez organiser quelque chose conjointement avec le chœur franco-slave de Toulouse ?

Viéra: Oui, ils nous font venir de temps en temps pour raconter des contes, en septembre on avait organisé une journée russe où on était intervenu.

Vous parliez tout à l’heure de l’espéranto, pouvez-vous développer ?

Viéra: Alors on est tous les deux espérantistes. Jomo depuis longtemps, c’est un peu plus récent pour moi. Ça s’est fait en pointillés, je connaissais mais je m’y suis vraiment remise il y a deux ans de ça. L’espéranto est la langue internationale, ce qui est génial, je laisse la parole à Jomo qui en parlera mieux que moi !

Jomo: C’est une langue qui a été planifiée par Ludwik Lejzer Zamenhof qui vivait dans une ville polonaise à l’époque où il y avait des problèmes dûs aux ethnies différentes qui cohabitaient difficilement ensemble. Cette personne a donc eu l’idée de créer une langue avec une racine commune à toutes les autres  et qui serait neutre. C’est à dire qu’on ne serait pas obligés d’utiliser la langue du plus fort ou celle de celui qui connaît moins les langues des autres. Donc c’est créé en 1887, ça s’est développé hors de la Pologne, beaucoup avant la guerre, il y a eu un coup d’arrêt avant la Seconde Guerre Mondiale.

Maintenant depuis Internet ça s’est redéveloppé. On dirait qu’Internet a été fait pour les espérantistes. Il y a des rendez-vous, des rencontres festives avec beaucoup de musique, de concerts ou studieuses et parfois les deux, ça dépend des cas, dans le monde entier.

Il existe un relai d’Esperanto à Toulouse ?

Jomo: Effectivement, il y a une association qui s’appelle le Centre Culturel Espéranto de Toulouse. Ils font des émissions de radio, des cours et font découvrir cette merveilleuse langue.

Viéra: D’ailleurs, la semaine dernière ils ont fait venir un chanteur russe espérantiste, Michael Bronstein qui a fait une conférence sur la Russie mais en espéranto.

»Retrouvez la suite de notre dossier complet sur la Dominicale Back in the USSR par ici.

Cet article a été publié il y a 9 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Rémy Vaganet

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