TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESFin de Partie, quand l’absurde réinvestit le Grand Rond

Fin de Partie était jouée au Théâtre du Grand Rond du 8 au 12 janvier 2012©Photo DDM - Chantal Longo

« Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir ». Première tirade de la pièce qui résume en 4 temps ce qui se passe sous nos yeux: « quelque chose suit son cours ». Du 8 au 12 janvier derniers, le Théâtre du Grand Rond accueillait la compagnie Arène pour jouer Fin de Partie de Samuel Beckett avec une mise en scène d’Eric Sanjou.

Sur scène, deux hommes sont immobiles. L’un debout recourbé sur lui-même, l’autre assis recouvert d’un grand pled gris – couleur majoritaire sur scène par ailleurs. La scène évoque un bunker, deux poubelles sont avancées côté jardin. Elles referment Nagg et Nell – respectivement interprétés par Christophe Champain et Valérie Mornet -, les deux progéniteurs de Hamm, estropiés suite à un accident de tandem. L’autre paire est donc composée de Clov (Eric Sanjou), fils adoptif et serviteur de Hamm (Georges Gaillard), aveugle et paralytique un peu misanthrope. Tout au long de la pièce, c’est cependant ces deux derniers qui vont monopoliser l’essentiel du jeu.

Pour cette représentation, la compagnie Arène Théâtre, originaire du Tarn et emmenée par Eric Sanjou, a opté pour un jeu plutôt proche du texte, avec un respect à la quasi virgule des didascalies chères à Beckett. La mise en scène et les décors sont également au plus près des descriptions données par le dramaturge irlandais: un univers post-apocalyptique dans les tons exclusivement grisâtres, sans aucune fioritures. Sur les parois du bunker, des bribes du texte de la pièce semblent être projetées. Dans l’interprétation, c’est le caractère tragicomique qui est mis en valeur.

Fin de Partie, une pièce représentative de l’oeuvre de Beckett

Avec En attendant Godot et Oh les beaux jours, Fin de Partie est l’une des pièces maîtresses de l’oeuvre théâtrale de Samuel Beckett. Ecrite en 1957, elle est également démonstrative du courant dans lequel elle s’inscrit: le théâtre de l’absurde, dont Beckett sera la figure de proue dans les années 1950 et 1960. D’origine irlandaise, Beckett aura par ailleurs écrit la majorité de son oeuvre – dont Fin de Partie – dans sa langue d’adoption: le français, tout comme son contemporain de l’absurde Eugène Ionesco. Dans son théâtre, il exprime son pessimisme à l’égard de la condition humaine dans un registre plutôt tragicomique. poète et dramaturge emblématique des éditions de Minuit, Samuel Beckett reçoit le prix Nobel de littérature en 1969 pour l’ensemble de son oeuvre.

Pourcentage : 70%

Avis du conseil : Rendre à Beckett, ce qui est à Beckett. Il est donc difficile de critiquer le texte en lui-même chef d’oeuvre du théâtre contemporain. Quant à la mise en scène, mention très bien! Les choix d’interprétations sont peut-être plus contestables avec un jeu qui colle vraiment au texte didascalie par didascalie, et plus de recul aurait pu être une alternative intéressante pour une pièce qui ne dit plus son nom. Globalement, c’est tout de même très satisfaisant!

Suite logique : Relire le texte et méditer sur la condition humaine – en attendant Godot!

Article rédigé par Florian Bardou

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