TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESEn Aparté avec… Onra

Un simple appel et de façon tout à fait inattendue nous voici dans la loge d’Onra pour une interview que l’on croyait annulée. Malgré le stress soudain, nous avons réussi à poser quelques questions à l’artiste avant son entrée en scène lors de la première soirée du festival La Petite invite #Worldwide Festival.

©Gaëtan Ducroq

Aparté.com: Alors, puisqu’on ne te demande pas de te présenter – la question qu’il déteste le plus, du coup est-ce que tu pourrais plutôt nous présenter les influences, l’origine de ta musique ?

Onra: En fait, j’ai commencé à écouter de la musique à l’âge de 10 ans. De 10 ans à 18 ans, je n’ai strictement écouté que du rap et du R’n’B. Dans les années 1990 essentiellement. C’est ça qui a fait ma base musicale parce que mes parents n’étaient pas vraiment dans la musique. Je n’ai eu aucune formation. C’est vraiment ça ma base. Mes influences principales viennent donc du Hip-hop 90s. C’est eux qui m’ont donné le goût pour la musique et c’est eux qui m’ont donné envie de faire de la musique. Sans forcément citer de noms, mais déjà au niveau des courants musicaux je pense que c’est important. Ils m’ont tous influencé d’une certaine manière.

Comment es-tu passé de simplement écouter de la musique à faire de la musique ?

Plus je vieillis, moins je m’en rappelle exactement mais je sais qu’en 1996-1997, on s’était mis au rap avec des potes et on avait besoin d’instrus. Mais moi j’habitais en province. D’une part, on avait pas d’argent, d’autre part y avait pas de disquaires où on aurait pu acheter des vinyles avec des versions instrumentales sur lesquelles on aurait pu s’entraîner à rapper ou à écrire. Du coup un jour je suis allé chez Carrefour, j’ai trouvé un logiciel pourri qui coûtait 100 francs à l’époque, 15 euros. J’ai commencé là-dessus, comme ça, c’était vraiment pourri. J’ai utilisé ça pendant 4-5 ans et au bout de 4-5 ans avec ce truc pourri j’arrivais quand même à faire des trucs élaborés. Plus élaborés même que ce que je fais aujourd’hui. Quand je me suis vraiment mis à faire de la musique, je dirais en l’an 2000, j’ai commencé à en faire tout le temps. C’est là que je me suis ouvert à d’autres styles musicaux parce que dans le Hip-hop il y a cette technique du sample où on sample des musiques passées. Du coup forcément ça te force à écouter du jazz, de la soul, de la funk, de la musique brésilienne, africaine… Même si à la base c’était strictement rap.

Est-ce que tu as une préférence entre tous tes albums ? Parce qu’ils sont quand même tous complètement différents.

Long Distance quand même. C’est l’album sur lequel j’ai le plus taffé, c’est le plus abouti, c’est celui qui ressemble le plus à un album contemporain on va dire. Parce que les autres ont des formats… Tu sais c’est plein de morceaux très courts et là c’est plus un vrai album. Je le considère comme mon album préféré.

Quelles sont tes dernières instrus pour des rappeurs ? Parce qu’à la base je – Gaëtan – t’ai découvert sur un blogspot de rap. Au milieu de rappeurs espagnols et américains tu es apparu.

Là, je produis pas trop pour des rappeurs. Mon prochain album, c’est un album de jazz qui n’est pas du tout instru, beat, c’est pas fait avec la MPC… C’est vraiment jazz… jazz. Du coup pour l’instant j’ai que ça en tête, je veux rien faire d’autre que ça. Je suis presque à la fin, je fais ça avec un compositeur parisien qui s’appelle Buddy Sativa et on est bientôt au bout.

Il sortirait en ?

Janvier, février.

Moi – Victoria – par exemple je te connaissais pas du tout avant de savoir que tu serais présent ici. Pour quelqu’un qui ne connaît pas du tout ta musique tu conseillerais plutôt de te découvrir à travers Long Distance ou quelque chose de plus particulier comme les Chinoiseries ?

Ils sont tellement tous différents que je conseillerais deux albums oui. Je conseillerais Chinoiseries, soit le premier, soit le deuxième, et puis Long Distance.

J’ai commencé par Chinoiseries justement et j’ai trouvé ça très intéressant parce que c’est pas quelque chose qu’on à l’habitude d’entendre, contrairement à Long Distance qui est un album plus classique.

Pour moi quand Long Distance est sorti, en 2010, on avait pas entendu ça non plus. Ce mélange vraiment funk 80 et Hip-hop. C’était frais quand c’est sorti. Moins quand même que Chinoiseries parce que forcément la musique chinoise on est vraiment pas du tout habitué à en entendre mais quand même le mélange des deux j’ai trouvé ça assez novateur aussi.

Est-ce qu’on peut s’attendre à un autre album dans le même style que Chinoiseries ?

Il y en a déjà eu deux donc je vais calmer un peu avec ça parce que j’ai vraiment pas envie que, comme dans le descriptif du festival-là, on me décrive uniquement par ce travail-là parce que j’ai fait pleins d’autres trucs. Peut être que dans 5 ans je reviendrais dessus, je sais pas, si je trouve ça marrant, ou si ça a un intérêt. Pour l’instant j’aimerais vraiment faire d’autres choses. Comme cet album jazz dont je viens de parler.

Article rédigé par Victoria Bach

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