TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESEn Aparté avec… Deux garçons de Caractères.

Caractères, n.m :

« Signe écrit ou gravé appartenant à un système d’écriture, de notation : Un texte en petits caractères. Caractères romains, grecs, cyrilliques, chinois..

Marque distinctive, propriété de quelque chose, de quelqu’un : Ces douleurs présentent les caractères d’une crise d’appendicite.

Aptitude à affirmer vigoureusement sa personnalité, à agir avec fermeté : Elle a fait preuve de caractère. »

      Après un évènement très réussi au Cri de la Mouette le 17 octobre, ainsi qu’un numéro spécial (en toute modestie) sur le bolchévisme, nos compères de Caractères semblaient avoir remis le train en marche. C’est autour de breuvages peu recommandables que j’ai retrouvé Paul Conge et Paul Lorgerie, les Dupont et Dupont du journalisme culturel toulousain, respectivement co-présidents du journal papier Caractères. Les verres se vident au même rythme que les calembours fusent : nos comiques sans MS ont plus d’un tour dans leur sac. Lorsque ceux-ci m’indiquent la date de création de l’association, 1998, je crois d’abord à une blague : « Mais si ! », m’expliquent-ils, « ça a quatorze ans. Et pour preuve, il nous reste des anciens numéros de Caractères : le numéro 2 chronique Titanic un mois après la sortie ». En reprenant les rênes de l’association, les deux Paul ont alors eu à apporter bon nombre de changements à l’ancienne édition: « Depuis la création, ils n’avaient absolument pas changé la ligne éditoriale; vite fait la mise en page, mais ça donnait des choses désastreuses ». Ils évoquent avec humour la quantité phénoménale d’anciens numéros stockés tant bien que mal dans les locaux de Sciences po « Si t’en veux quelques-uns d’ailleurs… » (rires)

« On en avait marre de cet esprit corporatiste (…) L’idée, c’était de décoller l’étiquette Sciences Po du journal, qui nous fermait aux lecteurs extérieurs.« 

     Pour l’équipe de Caractères, la priorité était d’abord de recentrer le contenu sur l’actualité toulousaine. « On en avait marre de cet esprit corporatiste », déclare Paul Lorgerie, « on a voulu amoindrir la partie consacrée à Sciences Po pour parler d’avantage de la vie de la ville. » Une manière pour eux d’élargir le public ciblé, à savoir les étudiants : « L’idée, c’était de décoller l’étiquette Sciences Po du journal, qui nous fermait aux lecteurs extérieurs. En recentrant nos articles sur l’actualité et en réalisant des dossiers thématiques, loin des papiers consacrés aux gaffes des profs que publiait auparavant le journal, on touche d’avantage les centres d’intérêts des gens. » Quant à leurs sujets de prédilection ? « On essaie de traiter des thèmes connus des lecteurs, de les aborder d’un point de vue jeune. Par exemple, pour le dossier sur le bolchévisme, nous avons voulu montrer l’état actuel de la pensée à l’échelle étudiante, tout en restant un maximum objectif. » L’idéal ? trouver un sujet ancré dans plusieurs domaines : histoire, sociologie, politique… afin de l’étudier sous tous les angles.

« C’est un peu ça l’esprit de l’équipe du journal… chacun montre son Caractère. »

    Redonner place à la variété d’expressions, de pensées et faire de la multiplicité un outil de symbiose : voilà ce qui semble constituer le crédo de Caractères. « L’équipe se renouvelle très souvent. Cette année, notre objectif était de recruter des personnes venues d’horizons différents. Petit à petit, on recrute des gens du Mirail, d’école de Journalisme, de fac de droit… ça nous permet de valoriser la pluralité de points de vue sur un même thème. »
Une autre des particularités de Caractères, c’est de diffuser l’information sur un support qui tend à disparaître : le  papier. Si les deux garçons ont conscience des difficultés rencontrées par la presse éditée de nos jours, ils ne perdent pas pour autant de vue leur vision idéale du journalisme: « On a refusé d’écrire sur un site internet. L’essence du journalisme, c’est quand même le papier, et pour tous ceux qui veulent en faire leur métier, écrire sur ce support est extrêmement formateur car il oblige à synthétiser.« 

     Tout ça, c’était bien joli, mais moi, je ne voulais pas repartir d’ici sans savoir de quoi parlerait le prochain dossier. Mais ces gaillards-là sont tenaces, et délier les langues m’aura coûté une tournée de bières. « Ce sera sur l’Eugénisme et le surhomme », finit par lâcher Paul Conge. Autour de la table, tout le monde a l’air de trouver ça normal, sauf moi. L’Eugénisme, kézako? « C’est le culte du surhomme, la recherche du parfait, notamment à travers la manipulation génétique, la robotique, la philosophie de Nietzsche délirée par les Nazis… » Sacré programme. Une chose est sûre, l’asso n’a pas fini de faire parler d’elle.

Prochain numéro le 13 novembre, en vente en prix libre dans les locaux de Sciences Po et de l’UT1.

Article rédigé par Julie Lafitte

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