TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESUne semaine au rythme du Groland et de son festival.

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

*Par Julie Lafitte et Florian Bardou.
Héritier du festival du film grolandais du Quend (2005-2009), la première édition du festival international du film grolandais de Toulouse, qui se tenait du 17 au 23 septembre dernier, a suscité un enthousiasme élevé à l’image du taux d’alcoolémie des principaux organisateurs présents sur les lieux
. C’est grâce à l’association toulousaine A Côté et ses bénévoles que l’évènement a pu être réalisé (avec succès), notamment à l’occasion des 20 ans du Groland – un prétexte de plus pour avoir pu lever son verre de Kro’. Compte rendu d’une semaine chargée en anecdotes.

©Gaetan Ducroq

Le Groland Garros

Armés de nos badges et de nos appareils photos, nous avons vécu notre semaine au rythme grolandais, se déplaçant, comme convenu, de salles de spectacles en bars musicaux, traînant nos petons – déjà bien rodés -d’un cinéma à l’autre. Suivant, au détour d’une rue, la parade présidentielle, ses effluves de transpiration et de substances illicites entremêlées. Balançant, nous aussi, des doigts d’honneur à la volée, véritable hommage à notre souverain d’un soir qui, de son côté, s’amuse à bénir d’une main la populace en furie d’une bouteille d’eau de vie en forme de vierge, tandis que l’autre s’occupe de tenir le breuvage sacré – LA BIÈRE. Tels Edith Piaf, par la foule emportés, nous nous laissons happer par les rythmes dansants des percussions, esquissant ça et là deux ou trois pas de danse dont nous avons le secret. A peine ai-je tourné la tête que Florian disparaît de mon champ de vision; je le retrouve quelques mètres plus loin, complètement hilare à la vue des vierges alanguies sur le char présidentiel. L’une d’entre elles porte la barbe, ainsi qu’une couche culotte trop grande de laquelle déborde un erzatz de substances fécales. Je touche le rembourrage mammaire des majorettes à l’impressionnante pilosité : on dirait des vrais ! Tout un chacun suit le cortège, même les tout-petits qui, perchés sur les épaules de papa, débutent une carrière punk déjà toute tracée.

©Gaetan Ducroq

     L’intérêt de cette succession d’évènements reposait surtout sur sa variété : variété de lieux, de groupes, de genres musicaux. Ce foisonnement musical et culturel ne pouvait qu’engendrer de belles surprises, et nous laisser en tête tout un tas d’anecdotes mémorables. Par exemple, en sortant d’une projection presse à l’ESAV, et, guidée par mes instincts primaires, j’ai atterri dans les toilettes où Jérôme Le Maire – vainqueur de l’Amphore d’Or du festival grolandais, siouplé ! – m’a suivi en m’abreuvant de considérations sur ma coiffure. Déjà croisé la veille au Connexion café, il s’était incrusté au milieu de l’équipe Aparté, se dandinant sans vergognes sur la piste de danse.

        C’était drôle, c’était punk, c’était barré, à l’image du concert d’ouverture à la Dynamo, où nous avions assisté à des représentations des plus décalées, alternant entre sonorités punk et mélodies décadentes, les mariant quelquefois en un joyeux bordel musical. En fin d’après-midi, parfois en toute fin de soirée, mais toujours bière à la main, nous avons arpenté la ville animée d’un tout nouveau genre. Et il n’y a pas a dire, on s’est vraiment bidonnés.

©Gaetan Ducroq

Une sélection originale et délurée

    Outre le caractère complètement barré de la manifestation, la sélection présentée en Compète n’en était pas moins sérieuse et de grande qualité. Projetés tour à tour dans les différents cinémas indépendants de la ville – ABC, Utopia et Le Cratère, les films présentés avaient également la singularité d’avoir un taux de Gamma GT largement supérieur à la moyenne, sans parler des rails de coke! J’ai d’ailleurs été particulièrement marqué par le long-métrage qui s’est révélé être le grand vainqueur de l’amphore d’or décernée par le Grosjury: Le Grand Tour, du réalisateur belge Jérôme Le Maire.

Dans cette épopée made in Wallonie, et qui semble débuter comme un docufiction filmé entre copains, une dizaine d’amis tout de rouge vêtus décident d’entamer une marche à travers bois en direction du « carnaval du monde » de Stavelot qui n’a lieu que tous les 10 ans. La joyeuse fanfare part donc en quête de son graal masqué, sans oublier les litres de bière qui leur permettront de se réhydrater tout au long de leur joyeuse marche. Mais ce qui devait être un périple de quelques jours, va petit à petit se transformer en un tour du Bénélux sans but précis, laissant peu à peu place à une réflexion sur l’objet de leur voyage, sur leur relations, leur conception de la vie et de leur propre personne – une quête philosophique en somme. Le groupe se réduira, exaspéré par l’obsession de leur leader d’aller au bout du grand tour sans en connaître l’issue, et tous se révèleront à eux-mêmes, comme suite à un voyage initiatique, mais à l’abord de la quarantaine.

Mais, notre coup de coeur, c’est aussi Mariage à Mendoza d’Edouard Deluc, avec Nicolas Duvauchelle, Philippe Rebbot et Benjamin Biolay, au cours duquel deux frères doivent traverser l’Argentine depuis Buenos Aires pour se rendre au mariage de leur cousin dans la province de Mendoza. Si le script peut apparaître léger, le film reste touchant et l’humour fin. Les paysages du centre et de l’ouest de l’Argentine, traversés durant le périple, sont à couper le souffle. Evidemment, l’humour du film joue sur les clichés, mais ils ne sont pas surexploités. Un film à voir tranquillement pour passer un bon moment donc.

Les bandes-annonces du palmarès 2012

Après délibérations des différents Grojury voici le palmarès de cette première édition du festival du film grolandais de Toulouse – des films à voir absolument Banzaiii :

Le Grand Tour, film belge réalisé par Jérôme Le Maire, grand vainqueur de l’Amphore d’Or -sortie prévue au printemps 2013.

Le roi du Curling, film norvégien d’Ole Endresen – sortie prévue le 2 janvier 2013 – a remporté l’Amphore du peuple (prix du public).

Heavy Girls, long-métrage allemand d’Axel Ranisch – pas encore distribué – a remporté l’Amphore des étudiants décernée par un jury d’une dizaine d’étudiants de l’ESAV.

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par La rédaction Aparté.com

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