TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESTHÉÂTRE / Le dernier jour d’un condamné

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Pièce : Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo

Compagnie : Compagnie le local Jean Durozier avec Pierre Jean Schmitt

Lieu : Théâtre de la violette

Date du spectacle : Du 3 et 6 octobre et du 10 au 13 octobre 2012

Le spectacle en un tweet : « Peu à peu le sang se glace dans nos veines jusqu’à se cristalliser et provoquer la mort #le condamné »

Commentaire : Le thème de la condamnation à mort fascine depuis des siècles. L’Homme a-t-il le droit de décider de qui doit mourir et pourquoi ? Dans l’adoption théâtrale du « dernier jour d’un condamné », Pierre Jean Schmitt accompagné par un musicien, nous traîne dans les entrailles même du cachot crasseux d’un condamné. Dès le début, l’ambiance obscure nous projette dans un demi-malaise, qui est difficile à maîtriser totalement. Drôle de sensation. Le condamné est là, livré à nous, spectateurs impuissants. Le jeu de comédien de Pierre Jean Schmitt prend peu à peu de l’ampleur, pour enfin délivrer toute son âme dans la seconde partie de la pièce. Son teint pâle, sa voix rauque et puissante, rendent le personnage plus vrai que nature. L’accompagnement musical est d’excellente qualité. Il nous plonge en totale immersion entre les murs moites de la prison qui voient croupir le condamné. L’histoire tragique est magnifiquement portée par un comédien qui reste en permanence sur le fil, sur ce câble tendu qui peut se rompre à tout moment. Tout au long de la pièce, la tension est palpable. Pierre Jean Schmitt parvient à rendre ce condamné attachant, avec sa folie, grâce à l’amour qu’il porte à sa fille.

En résumé, Pierre Jean Schmitt ne déshonore aucunement le livre de Victor Hugo, il parvient à retranscrire avec justesse et force l’œuvre de l’écrivain. Une adaptation à ne pas louper !

Contexte : En 1829, Victor Hugo publie « Le dernier jour d’un condamné », un récit qui constitue un violent réquisitoire contre la peine de mort. Ce livre va servir de modèle aux générations futures qui se sentiront proches de ce courant de pensée. Plus tard, d’autres écrivains vont s’insurger contre la peine capitale comme Albert Camus, qui en 1957 s’offusque du châtiment suprême dans Réflexion sur la guillotine. Il faudra attendre 1981 et Robert Badinter, pour qu’en France la peine de mort soit supprimée. Rappelons tout de même, qu’aujourd’hui encore, des centaines de personnes à travers le monde sont fréquemment condamnées à mort.

Ce qu’en diront les autres : Un modèle comme tant d’autres, qu’il ne faut surtout par oublier.

Pourcentage : 80%

Avis du conseil : Après avoir vu la pièce, lisez le livre si vous ne l’avez pas encore lu.

Suite logique : Si le sujet vous intéresse, vous pouvez lire des auteurs comme Voltaire ou Albert Camus, qui chacun dans leur genre, ont tenté d’apporter un « éclairage » nouveau sur le rapport entre la peine capitale et la société des Hommes. (Réflexion sur la guillotine, Albert Camus / L’affaire du chevalier de la Barre, Voltaire.)

Ce soir, j’ai regretté : La fin qui manquait un peu de précision, dommage.

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Yoann Solirenne

(A)parté pas si vite !

Museum de Toulouse : une expo consacrée aux «Magies et sorcelleries»

Cet article a été publié il y a 1 an. Il commence à dater mais …