TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESLIVRE / Voyage au bout de la nuit, Céline

Titre : Voyage au bout de la nuit

Auteur : Louis-Ferdinand Céline (Louis Destouches)

Date de sortie : 1932

Pays : France

Le livre en un tweet : « La vie c’est ça, un bout de lumière qui finit dans la nuit. #LouisFerdinandCéline »

Commentaires : Que dire pour ce chef d’œuvre de la littérature du XXème siècle? Certainement qu’il s’agit de l’une des dernières œuvres majeures de la littérature française tout court.

Alors pourquoi chef d’œuvre ? Voyage au bout de la nuit a provoqué un véritable scandale dans la manière d’écrire, de concevoir la littérature, d’entrevoir la vie. Le style oral, parlé voire argot, du livre a suscité de vives émotions lors de sa parution en 1932 chez nombre d’élites, qui considéraient la littérature comme un art suprême, portant au sommet la beauté de la langue française. Louis Ferdinand Céline est passé outre ces considérations, et il est rapidement parvenu à imposer son style à travers le « Voyage ». Pour lui, la langue des dictionnaires et des académies était morte. Le livre manqua alors de peu le prix Goncourt mais obtint le prix Renaudot.

« Ça a débuté comme ça. Moi, j’avais jamais rien dit. Rien. »

Dès la première phrase, le ton est donné. Les « codes » de la littérature classique sont mis au placard, enfin presque. Il ne faut pas oublier que quelques temps avant Céline, un autre écrivain, au style diamétralement opposé, venait lui aussi de provoquer des remous dans les salons intellectuels, un certain Marcel Proust.

Pour bon nombre de critiques et de spécialistes, le personnage principal Ferdinand Bardamu, est en réalité Céline lui-même. Cependant Louis Ferdinand Céline n’a jamais avoué avoir rédigé un roman autobiographique. Il est toutefois certain qu’il s’est bel et bien inspiré de sa vie et qu’il est parvenu à retranscrire avec force ses sentiments, car il a lui-même dit « Je m’arrange avec mes souvenirs en trichant comme il faut ».

 « – Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans … »

C’est avant tout le récit d’un homme qui souffre. Qui fuit les Hommes et leurs atrocités, qui est à la recherche d’un ailleurs dont il n’a pas la moindre idée. C’est un vagabond sans terre qui sort des tranchées pour aller en Afrique, puis à New- York, en passant par des hôpitaux psychiatriques, pour enfin revenir au point de départ. Non, décidément cet ailleurs n’existe pas. Partout des Hommes, les mêmes ou presque.

Mais une partie qui est souvent ignorée est celle de la place qu’occupent les femmes tout au long du roman. Bardamu est constamment lié aux femmes. Sa mère d’abord, puis bien d’autres. D’ailleurs le roman est dédié à Elisabeth Craig, une danseuse américaine qui restera la passion de sa vie, un amour qui le poursuivra sans fin.

« Si les gens sont si méchants, c’est peut-être seulement parce qu’ils souffrent.  »

Voyage au bout de la nuit, c’est une errance humaine, un homme en quête d’un ailleurs qui n’existe que dans ses rêves. On peut y lire des signes de contestations, de refus de la société moderne, celle du capitalisme outrancier ou encore des atrocités humaines. Un roman qu’il ne faut absolument pas rater, nous faisons tous partie de ce « voyage ».

Illustration de Tardi pour le « Voyage »

 

Contexte : Le livre paraît durant l’Entre-deux-Guerres, à la veille de la seconde guerre mondiale. Lorsque débute la première guerre mondiale, Louis Destouches a alors 20 ans. Le jeune médecin demeurera traumatisé par les atrocités du conflit. Le roman débute « dans les tranchées ».

A sa parution, un véritable scandale éclate. Deux clans se forment. Certains crient au génie, d’autres à l’imposture et à l’ignominie. Le style parlé est alors nouveau. C’est d’ailleurs ici que réside le génie de Céline. En 1932, Louis-Ferdinand Céline créé un style. De manière exagérée, il tue la littérature des académies, des « dictionnaires », mettant fin à presque cinq siècles du « même » style.

Pages dispensables : RAS

Pages indispensables : Lorsque Bardamu arrive à New-York : « Pour une surprise, c’en fut une. À travers la brume, c’était tellement étonnant ce qu’on découvrait soudain que nous nous refusâmes d’abord à y croire et puis tout de même quand nous fûmes en plein devant les choses, tout galérien qu’on était on s’est mis à bien rigoler, en voyant ça, droit devant nous […] »

Il aurait pu rendre jaloux : Tous ceux qui eurent l’envie de créer un nouveau style.

Morale : La vie est un long chemin boueux, il faut résister pour ne pas tomber à la fosse.

Ce qu’en disent les autres :  « C’est le plus puissant de ce qui a été écrit, indépassable » Fabrice Luchini

Avis du conseil : Si vous voulez en savoir plus vous pouvez lire la biographie intitulée tout simplement Céline, d’Henri Godard parue en 2011 chez Gallimard. A voir absolument « D’un Céline l’autre » et « Céline vivant » réalisés par Michel Polac et Yannik Bellon, où l’on cerne mieux le personnage complexe qu’était Céline.

Suite logique : Mort à crédit (L-F.Céline.)

Pourcentage : 100 %

 

Article rédigé par Yoann Solirenne

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