TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESFILM/ Laurence Anyways

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Titre : Laurence Anyways

Réalisateur : Xavier Dolan

Date de sortie : 2012

Pays : Québec

Le film en un tweet :  « #LaurenceAnyways, ou l’incroyable ambition d’un trentenaire québécois dans les années 1990 à la recherche de sa véritable nature: être une femme qui aime une femme.»

Contexte : Après ses deux premiers long-métrages J’ai tué ma mère et Les amours imaginaires sortis respectivement en 2009 et en 2010, le jeune acteur-réalisateur-producteur québécois Xavier Dolan revient en 2012 avec un troisième petit bijou, Laurence Anyways, reliant les thématiques du transgenre et de l’amour impossible, à l’image de ses deux précédents films, principalement inspirés par la Nouvelle-vague.

Commentaires : Sélectionné dans la catégorie « Un Certain Regard » à Cannes en 2012, Laurence Anyways est sans aucun doute le long-métrage le plus abouti de la jeune carrière de Xavier Dolan, malgré les quelques longueurs (2h41 de durée), et quelques séquences, certes esthétiques, mais sans grand intérêt. Dans la lignée thématique des deux films précédents, il combine à la fois une esthétique originale, décalée, anachronique voire poétique bien propre au réalisateur, et un scénario cohérent et puissant. Mais Laurence Anyways, c’est avant tout un défi lancé à soi-même, qui relève du plus profond désir d’être soi, et ce malgré le regard porté par une société québécoise nineties peu gay friendly, et encore moins habituée au transexualisme. C’est aussi une histoire d’amour entre un homme – qui devient femme – et une femme, qui tente d’accepter la transformation sans pour autant y arriver, et ce malgré l’amour qu’elle porte à Laurence depuis leur première entrevue. Tout au long du film, Dolan déconstruit le processus irréversible de changement de sexe sur une dizaine d’années et ses conséquences morales et sociales. Mais ce qui donne la force à la narration, ce sont également les choix de direction artistique qui ancrent parfaitement Laurence Anyways dans son contexte nineties : une BO New-Wave, des coiffures et costumes post-modernistes comme on en voit plus, des plans et ralentis à couper le souffle et une dose de bordeaux-violacé « so adécûate » ! De ce processus central accordé à la transformation de soi, on ne retiendra que Laurence, anyways.

Séquence dispensable : Les retrouvailles finales entre Laurence et Fred, dénuées de valeur ajoutée, qui en rajoutent une couche sur l’impossibilité de leur amour, que l’on aura saisie depuis déjà la moitié du film.

Séquence indispensable : La scène de « coming-out » dans la voiture sous le lave-automatique quand Laurence révèle à Fred son choix de devenir une femme sous peine d’en mourir, point de non retour qui entame un processus de transformation des plus bouleversants.

Les acteurs qui auraient pu jouer : Si Louis Garrel était pressenti pour interpréter le rôle de Laurence au départ, il n’y a strictement rien à reprocher à la prestation de Melvil Poupaud qui interprète Laurence avec justesse et humanité. Rien à dire non plus pour les rôles de Monia Chokri, Nathalie Baye ou Suzanne Clément – Fred dans le film – sublime et irremplaçable, primée à Cannes dans la catégorie « Un Certain Regard ».

Réplique à retenir : « Je voudrais que l’on se penche un peu non pas sur les droits et l’utilité des marginaux mais sur les droits et l’utilité de ceux qui se targuent d’être normaux », Laurence lors de l’interview finale.

Il faudrait conseiller ce film à… tout ceux coincés et aveuglés par l’amalgame sur les questions queer, transgenres, ou tout simplement sur les façon de concevoir l’amour qui sont, par définition, diverses et hétérogènes.

Morale : Soyez-vous même, vous êtes détenteurs de votre propre vérité.

Ce qu’en diront les autres : « Décadent » ou « Cliché » pour ses détracteurs, « Juste, esthétique, poétique, touchant, profond » pour ceux qui auront su entr’apercevoir l’essence du film.

Pourcentages : 85%

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Florian Bardou

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