TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESFILM/ Cosmopolis

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

 

Titre : Cosmopolis

Réalisateur : David Cronenberg

Date de sortie : 2012

Pays : États Unis

Le film en un tweet : #Heinquoilefilmestfini ?

Contexte : Il faut bien l’avouer, David Cronenberg est comme le bon vin, c’est avec l’âge qu’il devient meilleur. Cosmopolis est en lui même une contradiction, il peut à la fois être considéré comme l’aboutissement de sa carrière ou bien comme son plus retentissant échec. Cronenberg aime sonder les nécroses et les phobies de la société occidentale, comme il nous l’avait montré avec A History of Violence et Les Promesses de l’ombre, et plus récemment en nous plongeant dans les tréfonds de la psychanalyse avec A Dangerous Method, mettant en scène les relations parfois tumultueuses entre Carl Jung, Sigmund Freud et Sabina Spielrein.

Commentaires : Présenté au festival de Cannes 2012, Cosmopolis rentrera certes bredouille, mais il aura au moins eu le mérite de faire parler de lui.
L’histoire est celle d’un trader multimilliardaire de 28 ans, Éric Packer. Dans un Manhattan contemporain ou dans un futur très proche, ce dernier décide d’aller chez un coiffeur situé à l’autre bout de la ville, convaincu qu’il sera victime d’un assassinat au cours des 24 heures à suivre. La traversée de la ville se fait avec une lenteur effarante pour cause d’une visite présidentielle, de la procession funéraire d’une star et d’un risque d’émeutes le jour même. Toute l’action se déroule donc à l’intérieur d’une limousine blanche insonorisée et blindée qui symbolise le rapport à la société d’Éric. Alors que le monde semble s’effondrer à l’extérieur des vitres de la limousine, une succession de personnages prennent place sur la banquette, non sans rappeler une dernière audition accordée à chacun auprès d’un roi déchu de l’ère capitaliste. Éric Packer semble y faire ses adieux aux collaborateurs, ou aux personnes qu’il a fréquenté. Ce personnage de Golden Boy traversant la ville dans son cocon blindé, semblant à la fois tellement proche et si loin du peuple, tels les 1% de la population actuelle à l’encontre des 99%, est une énigme;  parfois enfantin et innocent, et à d’autres moments, froid, incapable de ressentir comme un humain normal et de nouer une relation conventionnelle avec autrui. Son intellect froid et calculateur semble prendre le dessus sur un cœur verrouillé à double tour avec ses émotions.

Il y a tellement à dire sur ce film, concernant les parallèles avec la société actuelle, la remise en question de nombreuses significations… Qu’est ce que l’amour ? Que se passerait-t-il si le rat devenait une devise ? Ce voyage en limousine aux côtés d’un avatar de ces jeunes patrons obsédés par la réussite prend des allures de mauvais trip, voire même de cauchemar dont on peine à se sortir.

Séquence dispensable :
Malheureusement elles sont nombreuses tant les dialogues tirés du roman éponyme sont abscons et étranges, donnant l’impression d’assister de trop nombreuses fois à des dialogues de sourds.

Séquence indispensable :
Le monologue sur la prostate dans la limousine qui rappelle d’une certaine manière celui entre John Travolta et Samuel L. Jackson sur le Big Mac dans Pulp Fiction.

Les acteurs qui auraient pu jouer :
L’irlandais Colin Farrell avait été pressenti pour avoir le rôle d’Eric Packer, mais en raison d’un autre tournage, c’est à Robert Pattinson qu’est revenu le rôle principal. Bien que moins connu, Henry Cavill et son air de jeune Michael Fassbender aurait pu convenir. Cependant, vu à quel point son personnage occupe l’espace durant le film, la performance de Robert Pattinson est loin d’être ridicule : c’est peut-être même sa meilleure à ce jour.

Réplique à retenir : « Ma prostate est asymétrique – Qu’est ce que ça veut dire ? – Je n’en sais rien. »

Il faudrait conseiller ce film à… ceux qui sont les têtes pensantes et les dirigeants de la société actuelle, qu’ils soient politiques ou financiers, afin d’avoir un reflet de leur propre avenir. Mais si seulement nous étions dans le monde des bisounours.

Morale : On peut être riche sans être heureux, le capitalisme mène la société vers sa propre fin, le clivage riche/pauvre ne cesse d’augmenter… Rien de bien novateur.

Ce qu’en diront les autres : Chef d’œuvre ou flop, c’est à vous de trancher. A l’image du film les opinions sont opposées tant ce film est structuré sur une vision manichéenne de la société, avec sans cesse des dualités, amour/passion, riches/pauvres….

Pourcentage : 72%

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Rémy Vaganet

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