TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESALBUM / The Smiths « The Queen Is Dead »

Titre : The Queen Is Dead

Artiste : The Smiths

Année de sortie : 1986

Pays : Royaume-Uni

L’album en un tweet : « Les mélancoliques britanniques intellos ont le vent en poupe ! #Hemingway»

Commentaires. The Queen Is Dead est le genre d’albums qui vous marque et qui modifie totalement votre vision de la musique. Chaque morceau est une pépite qui trouve la réponse au sentiment qu’elle vous fait ressentir. Honnêtement, les groupes qui m’ont fait éprouver cela sont à compter sur les doigts d’une main. C’est un ouvrage qui touche au divin tant il semble avoir compris une facette de l’humanité ignorée de tout le monde. La voix de Morrissey, très particulière et emblématique du groupe, porte presque en elle le mythe des émotions humaines. Le côté véridique et sincère d’un homme, qui couche vraiment dans ses morceaux ses peines les plus profondes et ses opinions les plus tranchées, change aussi d’un certain nombre de groupes. I Know It’s Over, Cemetry Gates ou There Is A Light That Never Goes Out suintent la personnalité du chanteur, et les mélodies de Johnny Marr sont l’illustration parfaite de cette compréhension musicale entre les deux hommes. S’inscrivant dans une longue lignée de paroliers anglais, ils dégagent ces textes désabusés, impuissants mais décrivant aussi la réalité avec humour, à l’exemple des Beatles dans des morceaux comme Taxman ou When I’m Sixty-Four. On retrouve aussi Morrissey dans ses références aux grands auteurs anglais, qui transparaissent dans son maniement savoureux des mots – visible notamment dans Frankly, Mr Shankly – mais aussi car celui-ci les mentionne nommément dans Cemetry Gates : John Keats, Richard Yates et Oscar Wilde, rien que cela. Cet album est donc emblématique par l’ambiance pluvieuse et intimiste qui s’y dégage, par cet hommage permanent à la culture britannique et aux travers de l’époque Tatcher, mais aussi par cette description de l’être humain parfois pessimiste, désemparée, mais souvent drôle et cynique. Quand un album est capable de faire pleurer de joie tant de mélomanes et déclencher une telle unanimité, c’est qu’il est probablement l’un des plus beaux albums jamais réalisés. Il fait figure de berger dans la new-wave des années 80, et inspirera un nombre considérable de groupes, des Stones Roses en passant par Oasis, Blur, Radiohead, Pulp, et sera même l’album préféré du groupe préféré d’Alex Turner. La reine est morte, et tant mieux pour nos oreilles.

Contexte. Le groupe britannique s’inscrit dans une mouvance succédant à la violence du punk des années 70 ainsi qu’à la cold wave qui a permis à Joy Division, Siouxsie ou The Cure de nous glacer les oreilles. Même si le contexte est sombre, on note un retour à des mélodies beaucoup plus marquées et parfois entraînantes, contrastant avec le pessimisme des paroles. Ce qui marquera les deux précédents albums des Smiths, c’est cet amour de Morrissey pour la littérature, pour les mots, pour les vers. C’est surtout par ce besoin de parler de ses émotions propre aux poètes qu’il atteindra, dans The Queen Is Dead, l’apogée de son génie créatif et donnera cette personnalité inimitable au groupe.

Instant dispensable. Sans mentir, aucun. Des morceaux sont moins puissants, mais aucun ne peut être enlevé.

Instant indispensable. There Is A Light That Never Goes Out, tout simplement l’un des plus beaux morceaux pop jamais écrits, reflétant l’importance de l’amour face à un mal indestructible.

Rider.

–      Lieu : Chez soi, avec un téléphone pour organiser une fronde.

–      Météo : Le temps de Londres.

–      Mood : Auto-psychanalyse et besoin de réflexion.

–      Boisson : De grandes bouteilles plus remplies pour longtemps.

Ce qu’en diront les autres. « En trente-sept minutes à peine les Smiths gravent la détresse devant l’éternel. » xsilence.net

Pourcentage. 91%

Avis du conseil. Merci d’avoir su cerner l’aura britannique d’une si belle manière.

Suite logique. Une corde, un tabouret, et un bon samaritain.

Article rédigé par Olivier Cherfan

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