TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESFESTIVAL / Déferlantes d’Argelès-sur-Mer, mardi 10 juillet 2012

Dernier soir de l’édition 2012, premiers pas sous le soleil d’Argelès et de son festival en ce qui me concerne. Je ne reviens pas sur les trois heures de route entamées sous une chaleur écrasante et l’heure étourdissante de notre retour, alors même que le devoir m’appelait le lendemain à sept heures pétantes. Nous arrivons, Skip the Use achève son set faussement extravagant, plein de cris sauvages et de chœurs d’enfants. L’engouement qu’ils suscitent nous passe un peu au-dessus, au même titre que les tubes qu’ils enchaînent. Ce qu’on ne peut leur reprocher, c’est au moins leur énergie et leur attitude, ambiance « on fout le bordel » façon punks à chiens et rythmes bien balancés. Croyez-moi ça pleuvait du panaché dans la fosse. On s’est gentiment retenus de retirer l’œsophage du chanteur avec nos dents, non pas à cause du show, plutôt à cause de ses invectives nonchalantes insupportables.

Skip the Use

On flâne pendant que Dionysos entame son set, tout en folie. On trouvera presque banal que le leader Mathias Malzieu finisse embourber dans la fontaine centrale, porté par la foule. À voir, pour le final interminable et branquignol, véritable signature du groupe. Après ça, on commence à se placer pour Noel Gallagher et ses High Flying Birds. Oui, comprenez-nous, il fallait absolument éviter Cousin Machin sur scène. Vous savez… mais si, allons, celle qui se donne un accent tout droit venu de Kingston en étant née à Louvain, Belgique. Bref, oui, Selah Sue a donné un spectacle chiant à mourir, qui n’a fait que retarder l’arrivée du Mancunien, que l’on attendait flamboyant depuis le split de son sacro-saint groupe avec son moins sacro-saint frère cadet. Flamboyant il l’a été, car son premier envol en solo nous avait déjà bien plu sur disque, démontrant – s’il le fallait encore, son statut de pilier fondamental à l’époque Oasis. Du coup, l’album de Beady Eye faisait un peu tiep, quoiqu’on puisse dire que le genre visé n’était pas vraiment le même ; Noel court après John Lennon, Neil Young et autres mélodistes païens à la manière de Bob Dylan. Liam, lui, préfère se croire à la tête d’un groupe de rock fantôme et court après des capacités qu’il n’a pas. Tout ça pour revenir sur le premier, entouré de sa nouvelle bande qui nous ont déroulé des morceaux croisés de l’album et des gloires passées du fameux quintet. C’était beau, lumineux, et l’humour anglais a encore une fois sévi comme il le fallait – un mec lui demande son médiator, il exige sa copine en échange. Petit sursaut lorsqu’une coupure de courant interrompt pendant dix minutes le show ; on imagine déjà Liam, le couteau entre les dents, en backstage.

Noel Gallagher's High Flying Birds

À peine le temps d’avaler une bière, l’équipe de Jon Spencer déboule sur la scène adjacente : on s’attend à un déluge blues endiablé, on a droit à une brise psyché un peu à côté de ses pompes… aurions-nous dû nous faufiler plus profondément dans la foule ? Une autre question nous traverse l’esprit, lorsque l’autre grosse tête d’affiche déboule sur scène : Alex Kapranos, leader de Franz Ferdinand, arbore une coupe au bol avec une petite moustache… Sérieusement ? quand on s’appelle « Franz Ferdinand » ? Si le bon goût semble avoir échappé au quatuor écossais, qui prépare actuellement un quatrième album très attendu, rien à dire sur la prestation, au sommet du rock d’outre-Manche, tenant encore le fouët avec lequel ils lui ont asséné un violent coup au milieu de la dernière décennie. La tournée qui devrait suivre d’ici l’année prochaine ne sera à manquer sous aucun prétexte.

Alex Kapranos, leader de Franz Ferdinand

Difficile de juger un festival entier sur une seule journée, surtout lorsqu’on s’est tapé les derniers kilomètres à pieds (merci la maréchaussée, et les rimes en « é »). Impressions néanmoins mitigées, malgré le cadre et l’organisation au poil. On reviendra, pourquoi pas en évitant de reprendre la route pour dormir trois heures avant le boulot. En espérant que ça n’ait pas joué sur mes appréciations…

Article rédigé par Matthias Haghcheno

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