TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESFILM / Walk away Renée

 

 

Titre : Walk Away Renée

Réalisateur : Jonathan Caouette

Date de sortie : 2012

Pays : Etats-Unis

Le film en un tweet :  « #WalkawayRenée, un road-movie psychédélique sur fond de photos de famille, filmant avec tendresse la folie d’une mère à travers le regard de son fils »

Contexte : En 2004, Jonathan Caouette réalise Tarnation, un film autobiographique dans lequel il raconte son enfance tumultueuse, entouré de sa mère et de ses grands-parents. La famille constitue la matière première des films qu’il réalise, matière dont il extrait la substance émotionnelle comme l’on presse un citron : dans Walk Away Renée, Jonathan Caouette en profite pour déballer à nouveau les vieux cartons. Il y raconte sa mère, Renée, qui, à l’âge de douze ans, se retrouve paralysée suite à un grave accident : les traitements qu’on lui administre, à base d’électrochocs, la laissent dans un état de psychose violente. En 2010, déplorant le manque de considération du personnel hospitalier pour l’état de santé de sa mère, et cherchant  à la rapprocher de New-York, son lieu de vie,  il entreprend de la faire changer d’établissement et de l’emmener par lui-même jusqu’à destination. Sur la route, la mère et son fils s’aperçoivent cependant qu’ils ont oublié les médicaments, des médicaments dont dépendent totalement la santé et surtout le comportement de Renée qui ne cesse d’empirer tout au long du voyage. Tout à la fois album de famille et cri d’amour déchirant, Walk Away Renée se démarque par son montage artisanal, son côté psychédélique amateur, un peu bobo mais tellement sincère.

Commentaires : 

Avec humour et non parfois sans amertume, Jonathan Caouette nous révèle son propre dédoublement de personnalité, son côté schizophrène à lui, à travers les différents rôles qu’il assume : celui de fils, celui de père, mais aussi celui d’accompagnateur et presque de docteur, face à la maladie de sa mère mais aussi celle de ses grands-parents. A travers des photos d’enfance mais aussi des séquences filmées et des scènes reconstituées, il dresse un portrait juste et tendre de la folie de sa mère, une folie basculant sans cesse entre la naïveté et l’amusement. Oscillant entre imaginaire et réel, s’efforçant toujours de comprendre le monde à travers les yeux de sa mère, Jonathan Caouette fait mieux que de rendre hommage à une malade : il lui rend sa dignité. Face aux termes techniques et galvaudés de la maladie, face aux refus des médecins, face aux pilules inefficaces et plus meurtrières que la pathologie elle-même, lui et sa mère se réfugient dans un espace où eux seuls se comprennent, où l’amour filial est plus fort que les frontières du psychique. Mais Walk Away Renée, c’est aussi le récit d’un combat, le combat d’un homme qui a pris le parti d’assumer les maux de ses proches et de tenter de les guérir. Jonathan Caouette s’illustre ici par son courage et sa patience, et ce, malgré le sentiment de culpabilité qui nous ronge lorsqu’en dépit des évènements, il faut tout de même chercher à se construire. En fait, ce film, s’il est une manière de se rapprocher de sa mère, permet également à Jonathan Caouette de prendre de la distance par rapport à elle, de se détacher définitivement de la peur latente de l’hérédité de la maladie, de l’accepter comme faisant partie intégrante de sa vie sans toutefois en être lui-même le sujet.

Séquence dispensable : Celle où Renée se fait poser un dentier, vers la fin du film.

Séquence indispensable : Celle où Renée et son père dorment tous deux dans la même pièce, comme deux frères et soeurs, et s’amusent avec un poupon. Drôle et terrible à la fois.

Les acteurs qui auraient pu jouer : Aucun, sinon ceux qui jouaient déjà leur propre rôle.

Réplique à retenir : « Il faut reconsidérer les personnes atteintes d’une maladie mentale. Il existe plusieurs dimensions. Ces personnes vivent dans un autre espace, je veux prouver qu’il existe »

Il faudrait conseiller ce film à… tout le monde, et toutes les personnes ayant un proche atteint d’une maladie mentale en particulier. Le regard des autres est une des conditions de l’acception de la maladie d’un proche, et les troubles mentaux restent encore trop redoutés car peu connus. En France, les troubles bipolaires touchent 1 à 2% de la population.

Morale : Rendre la folie plus humaine, et, sans toutefois la dédramatiser, mieux la comprendre, pour moins la stigmatiser.

Ce qu’en diront les autres :  « C’était…spécial. »

Pourcentages : 70%

Article rédigé par Julie Lafitte

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