TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESFILM / Cloclo

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Réalisateur : Florent-Emilio Siri
 
Année : 2012
 
Pays : France
 
Le film en un tweet :
« Ds L’ordre, Cloclo, Witney Houston, Mohamed Merah, je pense que se cache là dessous les lobbies de vendeurs de Salle de Bain #Casto #lapeyre@c_menateau »

Commentaires : « Un film sur Claude François, non arrête ! Pfff jamais j’irais voir ça, Cloclo et puis quoi encore … » STOP ! Attention, voici le film que je m’étais juré de ne jamais aller voir, de ne jamais apprécier, de le casser, d’être con et obtu; et par un souci de curiosité le « un film de Florent-Emilio Siri » m’a franchment donné envie et m’a surpris. En effet le réalisateur n’avait jusqu’ici réalisé que des films d’action (Nid de guêpes, Otage, L’ennemi intime) et faisait parti de ces réalisateurs en France qui ne se gênent pas d’affirmer leur influence du cinéma américain, influence qui transpire dans ses oeuvres, toujours films de pure mise en scènes mais qui gardent une identité propre. Mais que vient faire Siri dans cette histoire ?
La réponse est simple, Siri vient réaliser un film monumental, un pur film de cinéma (le cantonner au rang de biopic serait trop réducteur) et de mise en scène qui sur 2h30 ne faiblit jamais, embarque le spectateur et lui fait vivre l’histoire, non pas d’une icône mais d’un homme qui n’a jamais été animé que par l’envie d’être aimé.
De son enfance en Egypte à son apogée dans les 60’s et 70’s, le film n’est ni un réquisitoire, ni une glorification du chanteur, mais une saga qui constamment oscille entre identification et empathie pour le personnage et une mise à distance qui questionne la personnalité malade du chanteur (celui-ci voulant toujours tout contrôler, sa carrière tout comme sa vie privée). Tout simplement brillant.
Le génie de la mise en scène de Siri fait que tout sonne comme une évidence, jamais l’on ne se pose de question. Tous les acteurs sont formidables, mention spéciale pour Magimel, complétement transformé, tout simplement monumental dans le rôle du manager et imprésario.
Enfin, Jérémie Renier, probablement le rôle de sa vie, outre sa performance physique incroyable en ce qui conçerne la danse, l’acteur apporte une vrai densité à son personnage qui l’élève à des hauteurs vertigineuses.
Un vrai coup de coeur pour probablement le meilleur film de ce début d’année.
 
Contexte :
Six mois après L’ordre et la morale de Kassovitz, on est forcé de constater que depuis ces six derniers mois, ils nous arrivent plus de troquer une place de blockbuster pour aller voir un film français.
La révolution serait-elle en marche ? Une nouvelle vague dans cet océan d’auteurisme et de branlette intellectuelle dans lequel le cinéma français est depuis trop longtemps coincé.
Quand on sort de films comme L’ordre et le morale ou Clolo, on a envie d’y croire.
 
Réplique à retenir :
« T’en fais pas, il m’a déjà viré 7 fois et il m’a offert une montre Cartier à chaque fois. »
 
Scène indispensable :
Un incroyable plan-séquence de prés de cinq minutes qui suit Cloclo sortir de chez lui jusqu’à sa maison de disques, une certaine idée du film condensée en une scène. »
 
Scène dispensable :
Le générique de fin !
 
Morale :
Le destin est souvent bien ampoulé. (pardon)
 
Avis du conseil :
Félicitations ! Voilà un superbe travail, vous vous hissez au niveau des grands réalisateurs de l’image. Nous attendons avec impatience vos prochaines oeuvres !
 
Suite logique :
Prendre un marteau et cogner sur tous les détracteurs du film.
 

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Maxime Forgues

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