TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESALBUM / Tribes « Baby »

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Titre : Baby

Artiste : Tribes

Année de sortie : 2012

Pays : Royaume-Uni

L’album en un tweet : «Bercé trop près du mur.»

Commentaires. Tribes, c’est la meilleure madeleine de Proust que j’ai bouffé depuis un bon moment. Car Baby ne porte que trop bien son nom, enfant du rock démodé qu’il est. Le quatuor anglais, formé de quatre allégories du rock poussiéreux et presque has been, m’a rappelé les heures d’émerveillement devant la musique surfaite made in MTV, celle qui balance des hymnes que l’on trouve aujourd’hui ridicules, mais que l’on associe presque amèrement comme la première que l’on ait jamais apprécié vraiment, franche, directe et entraînante. C’est dans cette dimension de stadium, nous rappelant d’immenses élans envers une foule venue en débardeur noir et avec des pics de gel dans les cheveux, que Baby prête à sourire, et rend nostalgique. Nostalgique d’une idée du rock façonnée par les États-Unis… dommage pour Tribes, ils sont anglais, ce qui donne une patte mélodique bien plus savoureuse qu’il n’y paraît (Whenever, Sappho, Nightdriving), à un ensemble qui se rappelle délicieusement à l’essoufflement rock des 90’s : pataud et sur-produit (We Were Children). Mais un charme inéluctable s’échappe pourtant du petit des Tribes, au même titre que ce qui est en train d’arriver à la carrière des Kings of Leon : assumer une pop bourrine, chapardeuse, avec des grosses guitares qui étouffent les basses. Comme avant l’explosion pop contemporaine, avant le rééquilibrage des Strokes et le revival 70’s dès lors. Comme avant…

Contexte. Deux EP fort prometteurs en 2011 ont permis à Tribes de faire monter la sauce jusqu’en fin d’année, avant de balancer un pavé dans la mare, signé Island Records : Baby déçoit tous ceux qui s’attendaient à quelque chose de plus frais, plus moderne et surtout de mieux produit, plutôt que de rester collé le cul entre le fauteuil en cuir usé de la pop inégalable made in UK, et l’ignoble chaise en vinyle écarlate, façon Reel 2 Real et Ace of Base.

Instant dispensable : lorsque l’aspect ringard de la chose prend le pas sur les souvenirs.

Instant indispensable : on aura beau dire, mais Whenever est terriblement entraînante. Le groupe reste kitsch dans ces morceaux calmes, mais Nightdriving ou Alone or With Friends sont de vraies réussites.

Rider :

  • Lieu : seul dans sa chambre.
  • Météo : avec un beau soleil couchant à la fenêtre.
  • Mood : en calebut’ avec un balai en guise de guitare. Eh oui, quand on déguste une madeleine de Proust, c’est jusqu’au bout me semble-t-il.
  • Boisson : du Canada Dry, ou du Cherry Coke… ah, pardon.

Ce qu’en diront les autres : source de maux éternels pour les détracteurs du rock, du vrai, les pires d’entre eux vous parleront même des affreux de Nickelback. Que nenni, vous n’aurez plus qu’à essayer de les convaincre avec ce bon vieux Jim Jones et sa clique, grand gourou de la musique rétrograde.

Avis du conseil : les marcels, les Way Ferrer blanches, les chemises à fleurs… merci quand même, les mecs.

Suite logique. Peut-être que les voir en concert tendrait à confirmer mon avis, rockstars avant l’heure qu’ils sont. Pour l’heure, continuer à apprécier à sa juste valeur ce disque, dès que l’envie vous prendra de retomber en enfance – oserais-je dire «en adolescence», mon Dieu…

Pourcentage : 65%

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Matthias Haghcheno

(A)parté pas si vite !

Museum de Toulouse : une expo consacrée aux «Magies et sorcelleries»

Cet article a été publié il y a 1 an. Il commence à dater mais …