TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESALBUM / Metronomy « The English Riviera »

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Titre : The English Riviera

Artiste : Metronomy

Année de sortie : 2011

Pays : Angleterre

L’album en un tweet : « L’Angleterre, ça sert à rien, il fait pas beau #sudiste »

Commentaires. L’album précédent du groupe Nights Out parlait de lui-même avec son titre aux promesses festives ravageuses. Il fit danser tout le Royaume-Uni, sûrement les Etats-Unis, la France aussi, même si on dansait un peu tout seul chez nous. Ce fut l’album de la découverte, l’événement qui a fait prendre de l’ampleur au groupe dans le monde entier. On pouvait logiquement s’attendre à la même recette pour ce nouvel opus, mais c’était sans compter sur les risques pris par le groupe. Heureusement pour les amateurs de musique, Joseph Mount réussit à brouiller les pistes dans The English Riviera. Il nous avait déjà prévenus de son éclectisme grâce à l’excellent Heartbreaker, mais le public et les critiques étaient loin de penser qu’il était capable d’une telle maîtrise. Installant l’auditeur sur une plage ensoleillée aux côtés de sympathiques mouettes dans son introduction, The English Riviera navigue de la pop acidulée de Everything Goes My Way à l’hymne electro-post-punk qu’est She Wants. Metronomy invente son propre genre musical, chaque morceau dégageant soit une irrépressible bonne humeur, soit un sentiment d’exaltation artistique. L’empreinte britannique est perceptible à travers cette humanité touchante mêlée à une intelligence de composition qui rappelle les groupes phares de la new wave insulaire tels que The Smiths, Magazine ou, dans un passé plus lointain, The Who. Sur un fil d’une longueur de quarante-cinq minutes, Mount enfile les perles les unes après les autres avec une aisance rare, et même les morceaux minimalistes en apparence, tel que The Look, laissent cois d’admiration les plus avertis. Les claviers cristallins s’accordent aux lignes de basse réjouissantes. L’homme à tout faire du groupe s’octroie même le plaisir d’être comparable à Win Butler dans Love Underlined. Peu présent vocalement sur les deux précédents albums, Mount semble enfin s’être décidé à poser sa voix tout en retenue sur la plupart des morceaux de The English Riviera. Acclamé par la critique, l’opus de Metronomy semble s’être frayé un chemin dans les « futurs classiques immédiats », à l’instar de Funeral d’Arcade Fire et de This Is Happening d’LCD Soundsystem.

Contexte. Après avoir vécu le départ d’un de ses membres, Joseph Mount et Oscar Cash ont été rejoints par un batteur de sexe féminin, Anna Prior et un nouveau bassiste, Gbenga Adelekan. C’est désormais une formation plus habituelle que le public peut apprécier sur scène, alors que le groupe se servait uniquement de claviers à l’époque. Unanimement acclamé par la critique à sa sortie, trustant les meilleures ventes même dans les pays où la variété occupe la majeure partie de la diffusion, le quartet se réjouit de ce succès assez fulgurant. Aux côtés de groupes tels que LCD Soundsystem, The Rapture ou encore Gobble Gobble, le groupe du Devon s’installe de manière pérenne dans cet univers intéressant aux influences vertigineuses qu’est cette nouvelle pop sophistiquée.

Instant dispensable. Une légère longueur dans Trouble, qui dénote un peu avec l’efficacité du reste de l’album. Loving Arm un peu en deçà aussi.

Instant indispensable. Les trois quarts de l’album ne peuvent pas ne pas être appréciés. Sinon, les singles sont – pour une fois – assez représentatifs de la qualité de l’album, The Look, She Wants se révèlent très surprenants. Some Written et Love Underlined valent à elles seules l’achat de l’album.

Rider.

–      Lieu : Sur une plage anglaise, du côté de Brighton. Peut-être le Devon de Mount saura vous accueillir comme il se doit.

–      Météo : Là où il fait beau de préférence (c’est-à-dire pas dans le Devon). Déambuler dans le métro avec Corinne dans les oreilles est aussi une sacrée bonne expérience, de préférence à Londres.

–      Mood : Humide et décontracté. Vous repenserez avec satisfaction à vos anciennes amours, et un étrange bonheur vengeur s’emparera de vous.

–      Boisson : Un cocktail explosif, dévastateur, coloré, comme une Tequila Sunrise bien dosée. Curaçao bleu en supplément.

Ce qu’en diront les autres.  On ne peut pas vraiment dire que Metronomy cherche un public en particulier. C’est un groupe sophistiqué qui crée des morceaux easy-listening et aux mélodies assumées. The English Riviera plaira probablement moins intimement aux auditeurs de passage qu’aux mélomanes aguerris. Alors que le précédent opus pouvait rendre malade certains puristes qui se purgent à coups de Bauhaus, Current 93 et Ulver, l’ambiance feutrée de celui-ci est très aguicheuse, comme une femme que l’on désire et qu’à force de s’intéresser à elle, l’on admire.

Pourcentage. 86%

Avis du conseil. Shut up and listen.

Suite logique. Tandis qu’un album de remixes du dernier album vient de sortir dans les bacs, il est difficile de s’attendre à quelque chose de précis avec le groupe britannique. Il est peu probable que Joseph Mount revienne à ses amours de Pip Paine et Nights Out, mais on peut aisément dire qu’il a une pression monumentale. Tous les passionnés de musique l’attendent au tournant, espérons qu’il soit vigilant, qu’il ait bien dormi avant de prendre la route.

En concert cet été dans tous les grands festivals français, Garorock et Les Déferlantes d’Argelès en ligne de mire.

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Olivier Cherfan

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