TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESFILM / La dame en noir (The woman in black)

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

 

Réalisateur : James Watkins

Année : 2012

Pays : Royaume-Uni
 
Le film en un tweet : «  »La Dame en Noir » fait passer « Devil Inside » pour un film sur les Bisounours. Voilà..@Hadrien »
 
Commentaires : Dans les années 50 et 60, le studio britannique de la Hammer produit des films d’horreur et fantastiques à petit budget et très vite acquiert une image culte. Véritable studio légendaire, les films de la Hammer occupent dés lors une place  importante dans l’histoire des films de série B. Toute une génération de cinéphages et cinéastes (Tim Burton, par exemple, qui d’ailleurs rend un hommage flamboyant à la Hammer avec Sleepy Hollow) est élevée à ces films dégoulinant de gothisme pur, monstres en latex et hémoglobine. De la Hammer émerge par ailleurs des acteurs magistraux comme Chrisopher Lee, Peter Cushing ou encore Vincent Price.
Prés de 50 ans après la traversée du désert du studio, la Hammer revient sur le devant de la scène l’année dernière avec un remake inutile (« Laisse-moi entrer ») et un autre remake, totalement nul, du « Locataire » réalisé à l’origine par Polanski.
Aujourd’hui, le studio nous offre « La dame en noir », film de maison hantée et d’esprit pur et dur sur fond de ghotisme appuyé. Le responsable de cette bonne surprise est James Watkins dont c’est le deuxième film et qui nous avait livré le très bon « Eden Lake » en 2008 (!). L’histoire se déroule durant l’époque Victorienne, Arthur Kipps (Daniel Radcliffe, totalement habité, qui retrouve cette gestuelle de héros de la Hammer) jeune notaire et père de famille veuf doit régler une affaire immobilière, la propriétaire d’un manoir (bein voyons !) entouré de marécages (encore mieux !) étant morte dans d’étranges circonstances (Hum hum). Notre sorcier cette fois démunit de toute magie va devoir se confronter à un esprit frappeur.
Après avoir vu le film, deux éléments nous frappent de plein fouet. Tout d’abord la production design, les décors sont magnifiques, l’ambiance lugubre et tout un pan du cinéma fantastique est retrouvé. Le réalisateur n’hésite pas à varier ses influences, anglaises bien sûr pour son coté gothique mais aussi espagnoles pour toute une réflexion sur l’enfance et sur une ambiance ibérico-fantastique ma foi fort sympathique (on pense à « L’orphelinat », mais aussi au long-métrage « Les autres »). Deuxièmement, la mise en scène. Watkins joue avec nos nerfs, compose chaque cadre avec minutie et organise un montage millimétré pour prendre à la gorge le spectateur et ne jamais le lâcher, les rares jumpscares du film marchent du tonnerre et on se surprend à chercher la dame un peu partout dans le cadre.
Malgré un dernier acte un peu expédié et un final convenu, « La dame en noir » est un bel hommage à la Hammer, ne réinvente rien certes, mais est produit avec amour.
 
Contexte : Le métrage est tiré du roman du même nom, écrit par Susan Hill et publié en 1983. Celui-ci avait déjà été porté à l’écran pour la télévision anglaise en 1989 et joué sur les planches une centaine de fois.
 
Réplique à retenir : « You could have saved him. »
 
Scène indispensable : La première nuit d’Arthur dans le manoir, une scène d’horreur et de tension pure quasi muette s’étalant sur près de 20 minutes. Terrifiant.
 
Scène dispensable : la scène du dîner chez un villageois, un peu longue et pas trés intéressante.
 
Morale : L’école est finie.
 
Pourcentage : 66 %
 
Avis du conseil : Très bel exercice de style et un hommage sincère, le tout serait maintenant de savoir si vous voulez persistez dans une série de films hommage ou dans une évolution du genre …
 
Suite logique : Regarder « L’orphelinat » de Juan Bayonna pour l’influence et découvrir les films de la Hammer des 50’s et 60’s.

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Maxime Forgues

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