TEMPS DE LECTURE : 6 MINUTESEn Aparté avec…XPLCT

Le 3 mars dernier se déroulait la douzième édition de la How To Kill The Party. Ces soirées, organisées par le collectif Difuzion, régalent les amateurs électro depuis presque 4 ans. Le dernier plateau se composant de Gesaffelstein et Congorock n’a encore une fois pas  manqué ses promesses. Afin d’en savoir un peu plus sur le collectif, Aparté est allé à la rencontre de l’un de ses membres fondateurs : XPLCT.

Peux tu te présenter ?

Je suis XPLCT, membre fondateur de difuzion. Je m’occupe de la scénographie pour toutes les soirées.j’ai commencé à composer avec Axel (Traxx Dillaz) et Bertrand (Sophonic), même si je composais déjà avant.

Comment es tu tombé dans la musique ?

J’ai commencé quand j’ai découvert l’album de Nirvana à l’âge de 13 ans, j’avais mes deux meilleurs potes musiciens du coup je me suis retrouvé dans un groupe de rock alternatif. Après j’ai découvert les free parties, je me suis retrouvé à co-organiser des soirées. Du coup je suis passé à autre chose, je me suis ouvert à d’autres horizons que le hardcore, le rock n roll. J’ai découvert la techno. Je me suis retrouvé avec Difuzion, on a monté un groupe.

Comment vous vous êtes rencontrés ?

Je connais Bertrand depuis des années, il composait avec Axel à l’époque. On s’est connus lors de soirées, on s’est liés d’amitié.

Parlons un peu de l’histoire de Difuzion. Le groupe s’est monté en 2005, vous avez sorti votre premier EP en 2006, produit votre première soirée en 2008. De quoi est née l’envie de se réunir ? Faire de la musique, monter des évènements ?

On s’éclatait entre potes, on a eu envie de proposer nos propres créations. Chacun ayant des goûts musicaux différents, même si on se retrouve quand même tous dans le genre électronique. Produire des soirées c’était surtout dans l’idée de nous permettre de tourner, on était déjà tous plus ou moins organisateurs de soirée, on s’est mis à composer ensemble, puis on s’est dit que si on voulait jouer il fallait qu’on monte nos propres évènements.

Au niveau de la programmation, comment choisissez vous les artistes ? Il s’agit d’artistes que vous appréciez ?

On ne programme pas forcément des trucs qu’on apprécie vraiment, il faut savoir jauger, pas mal d’éléments entrent en compte. Il faut savoir ce qui va plaire au public, ce qui va faire venir du monde. On peut se tromper, tout est aléatoire. La présentation du projet rentre en compte aussi : si on propose un gros show, avec une structure visuelle, du bon son électronique, l’ensemble est censé ramener du monde.

Peux tu me dire ce que tu penses de la scène toulousaine actuelle au niveau électronique ?

Nous sommes un peu dans une logique de concurrence, ce sont des gens qu’on côtoie régulièrement, on est en bon terme entre nous. Moi je ne travaille pas par rapport aux autres, je travaille en comparant le travail qu’on a pu faire sur la soirée précédente. On essaie toujours de faire plus « gros », et d’ailleurs je me demande comment on va faire pour faire mieux la prochaine fois (rires).

Justement peux tu nous parler de la prochaine HTKTP ? Comment vous organisez vous ?

La prochaine on la prépare actuellement. On en prépare plusieurs à la fois sur l’année, assez espacées, pour avoir le temps de s’en occuper individuellement. On n’a pour l’instant pas idée de quand aura lieu la prochaine.

Au niveau des souvenirs, y’a-t-il eu une meilleure HTKTP ?

Celle-ci est pas mal, mais je peux te dire que j’étais très fier de la toute première. La première on sortait de nulle part, on a retourné un petit bar, le jour où la loi obligeant les bars à fermer à deux heures est passée. On a fait 600 entrées, pour une première soirée c’était très encourageant. À la suite, on en a organisé quatre, une par mois, toujours dans des petits clubs. On démarrait dans le clubbing, et on a fait une bonne série, avec des bonnes têtes d’affiches. Puis on est passé à l’inox, on a rempli la salle. Mais au niveau décoration, scénographie, l’inox ne nous permettait pas grand chose. Enfin on a visé le Bikini. Le tout s’est fait progressivement. Pour avoir une telle salle il faut des moyens, une certaine crédibilité. Il faut avoir de quoi investir dans la décoration, jusqu’ici on a jamais eu aucune aide financière, on a avancé avec les soirées et surtout avec le public qui venait à ces soirées.

La première était alors un vrai pari.

La première on a investit nos sous, clairement. C’était à une époque où on pouvait prendre un artiste sans le payer tout de suite. Maintenant tu dois payer la moitié du cachet à l’avance. On a monté notre association, dès la première on a fait un peu d’argent, qu’on a réinvestit. Aujourd’hui on est un peu bloqués, on a demandé des financements. C’est dans l’ordre des choses, si on veut faire plus gros il le faut. Au début on avait rien. Petit à petit, en évoluant, on a réussi à créer quelque chose de complet. Mais même aujourd’hui, on se bat pour la structure par exemple, les matériaux.

Peux tu me parler de Champ’Caine Record, votre label ?

On a monté le label en même temps que le groupe quasiment. Ça a été compliqué car monter un label ça demande de l’argent, ça en rapporte pas forcément; et puis le fait de monter des soirées en même temps nous prenait beaucoup de temps. Il avance à son petit rythme. Un Trax Dillaz est sorti, un Difuzion est prévu pour avril. L’EP de Sophonic est sorti depuis un mois. Ce n’est pas forcément fait pour rapporter, c’est fait pour nous permettre de nous exprimer, pour développer l’association. Quelques remixes sont également sortis sur d’autres labels.

Comment travaillez vous ? Chacun travaille dans son coin ?

Ça dépend des fois. Par exemple j’ai été en colocation avec Axel pendant deux ans donc on travaillait ensemble régulièrement. On peut arriver chez Bertrand avec une idée, l’un d’entre nous peut proposer un son que l’on va retravailler ensemble ou chacun chez soi, chacun ajoute sa petite touche. De plus en plus on travaille aussi de notre côté, chacun développe son son. On a chacun notre studio, je peux commencer un truc, le proposer aux autres.

Tu peux me citer des artistes qui t’ont marqué ?

Nirvana déjà, puis beaucoup de rock français, rock alternatif, comme Mano Negra. Au niveau électro je suis plutôt attiré par des grosses basses allemandes, à l’heure actuelle Frederik Olufsen ou d’autres petits artistes qui montent. J’aime beaucoup ce que fait Gesaffelstein. Sinon Etienne de Crecy, Erol Alkan, Maelstrom, ou encore Djedjotronic.

Et pour l’avenir que peut on vous souhaiter ?

Que ça continue d’évoluer. De toujours faire plaisir au gens, leur permettre de découvrir des artistes qu’on aime, faire évoluer notre scène.

Crédits photographiques : Gaetan Ducroq

XPLCT se produira ce vendredi 30 mars au Bikini, plus d’informations ici.

Article rédigé par La rédaction Aparté.com

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