TEMPS DE LECTURE : 21 MINUTESEn Aparté avec… Jean Dujardin, Gilles Lellouche et Nicolas Bedos

Entre deux remises de récompenses, Jean Dujardin a trouvé le temps de venir présenter à Toulouse le film, dont il est l’un des co-réalisateurs avec son ami Gilles Lellouche, « Les Infidèles ».  Bien que la pellicule ait été visionnée à l’heure actuelle par seulement quelques privilégiés, cette comédie à sketchs sur l’infidélité a déjà fait couler beaucoup d’encre.  La raison ?  Ses affiches de promotion dénoncées comme « irrespectueuses de la décence de la femme ». En venant en province, le tandem, accompagné du scénariste Nicolas Bedos, a tenu à calmer les tensions sur un ramdam inutile. Le statut de « madame » n’est aucunement rabaissé dans cette production, bien au contraire. Le film réussit un pari osé, celui d’amalgamer la comédie typique avec le genre dramatique.  Ceci dit,  il n’est pas à aller voir accompagné de ses enfants, à bon entendeur. En toute intimité, les principaux intéressés sont revenus pour nous sur une aventure entre amis riche en rebondissements, et à l’avenir radieux. 

Comment est née cette idée de faire un film à sketchs ?

Jean Dujardin : C’est une envie de spectateur que j’avais, celle de voir et revoir des films à sketchs. Peut-être aussi de retrouver également une liberté des films de Dino Risi des années soixante, de le faire aussi ensemble avec Gilles. Je ne sais pas si je l’aurais fait sans lui. C’était très informel au départ, on a balancé des thèmes comme ça en se demandant ce qui pouvait en sortir et si on pourrait se marrer avec ça. Il y avait une vingtaine de sketchs au départ et on a gardé la moelle. Il y avait pas de butée et de date de tournage prévue, puis il se trouve que les choses sont venues comme ça. On s’est amusé.

Comment avez-vous choisi les sept sketchs parmi les vingt en lice ?

J.D : On voit ceux qui crèvent, ceux qui tiennent deux heures, ceux qui tiennent cinq jours et puis ceux qui tiennent tout court. Cependant, toutes les idées viennent de nous, de Gilles et moi.

Comment s’est passé ce premier travail ensemble derrière la caméra ?

Gilles Lellouche : C’est assez informel comme l’ a dit Jean, on s’est retrouvé autour d’une envie. D’une pulsion, on pourrait dire. Avec les auteurs, on a fait un dîner en se racontant des histoires vraies et pas vraies, des légendes urbaines, et des choses glanées ici et là. Très vite on s’est rendu compte qu’on ne voulait pas faire qu’une comédie, mais qu’on voulait également traiter le sujet d’une façon très honnête et sincère. C’était à notre sens assez vite écoeurant de seulement rire avec. On a essayé de regarder le sujet dans le blanc des yeux, ce qui a donné deux sketchs un peu plus sombre que le reste. C’était une vraie volonté d’aller au bout du concept de film à sketchs, c’est à dire de rire mais d’aller aussi dans le drame.

« C’était une vraie volonté d’aller au bout du concept de film à sketchs, c’est à dire de rire mais d’aller aussi dans le drame. » – Gilles Lellouche

Vous avez fait appel à sept réalisateurs de talent que vous estimez pour les besoins du film. Avez-vous songé à tout faire vous mêmes ?

G.L : Deux secondes. (rires)

J.D : On voulait vraiment garder le plaisir du jeu surtout. Cela aurait été une belle connerie de tout réaliser nous-même, on aurait explosé en vol.

G.L : Ca ouvrait aussi un peu le prisme sur les points de vue. Etant donné qu’on était à la base du scénario, ça aurait été beaucoup. Puis c’était intéressant d’avoir les visions de ses petits camarades.

En parlant de plaisir du jeu, Jean, jouer avec Alexandra qui est votre femme à la ville, comment l’avez-vous appréhendé ?

J.D : C’est ma femme mais c’est aussi une excellente actrice. On avait déjà tourné une pièce “Deux sur la Balançoire” où on s’était retrouvé sur ce genre là. On se connaissait aussi bien évidemment sur la comédie avec “Un Gars, Une Fille”, et j’avais envie de retrouver ça avec elle sous le regard d’Emmanuelle Bercot.

Est-ce qu’il y a une préparation particulière quand on va tourner avec sa femme ?

J.D : On arrive pas avec nos valises sur le plateau, et on ne ramène pas de devoirs à la maison non plus. On joue une situation écrite par Nicolas Bedos assez verbeuse, difficile à jouer quand même. Comme beaucoup de couples dans notre cas, on a juste envie de travailler une partition.

Pourquoi n’avoir incorporé au projet qu’une seule femme, à savoir Emmanuelle Bercot ?

G.L : Parce que c’est largement suffisant. (rires)

J.D : Avant d’être une femme c’est une réalisatrice, et une très bonne. C’est surtout ça.

G.L : Le sketch de “La Question” c’est aussi le seul sketch où on est dans le point de vue d’une femme, en l’occurrence Alexandra. C’est elle qui pose la question et qui provoque la situation. C’est vrai que d’avoir Alexandra d’un coté et aussi le point de vue d’Emmanuelle Bercot, c’était juste parfait et cohérent.

Nicolas Bedos : Je trouve qu’il y a des auteurs qui ont fait parler les femmes depuis la nuit temps avec parfois plus de talent que certaines femmes. Il y a une féminité très forte chez les trois types que vous avez devant vous. On ne va pas faire de la parité au cinéma. Quand j’ai écris ce truc, j’avais l’impression d’être une femme quand je faisais parler Alexandra.  Je crois que c’est ça le plaisir de ce métier, c’est de se glisser dans la peau de tous les sexes.

Contrairement à ce que la promotion du film laisse penser, nous n’avons pas affaire à des Don Juan dans ce film…

G.L : On ne se passe pas pour des Don Juan, mais plutôt pour des gros abrutis. Ce sont des caricatures, des personnages. Dans le premier sketch, on enfile les clichés comme des perles, les uns après les autres. C’est une volonté de rire avec ça et de se moquer de nous mêmes.

N.B : Dans le sketch “La Question”, moi j’ai entendu la salle rire et c’est ce qu’on voulait. Quand Jean dit : « toi t’es une femme, tu n’aimes pas le sexe pour le sexe », en l’écrivant j’espérais que les gens rient et ils rient. Il y a aucun malentendu là-dessus, il dit une phrase grotesque.

G.L : Avec Jean nous cherchions un thème pour jouer des gros cons, des sales types. Ce qui est le plus rigolo dans la comédie ce sont les sales personnages, ce n’est pas les bons sentiments.

« Dans le premier sketch, on enfile les clichés comme des perles, les uns après les autres. C’est une volonté de rire avec ça et de se moquer de nous mêmes. » – Gilles Lellouche

Pourquoi avoir eu envie de jouer ce genre de personnages justement ?

JD : Je continue à faire ce que j’ai toujours fait. Je me promène dans les genres et j’essaie de m’amuser, de me renouveler, de trouver des choses, et de me faire des secousses. Ce n’est pas une envie de casser mon image, c’est une envie de faire mon métier tout simplement.

Quel regard le grand public va porter à votre avis sur ce “Chouchou et Loulou” de 2012 ?

J.D : Je n’en sais rien, mais j’avoue que c’est très égoïste. On a une envie d’acteur, de jouer une situation et je ne me dis pas comment le public va réagir, je ne l’anticipe pas du tout. J’ai l’impression que le public est beaucoup plus intelligent et qu’il va prendre ça avec du recul.

Est-ce que ce film pourrait être écrit pour des femmes ?

J.D : Oh oui, mais vous le savez déjà. (rires) Il y a des choses à dire, bien sur. On a déjà des dossiers. On y réfléchit déjà avec nos femmes d’ailleurs. Ce serait intéressant “infidELLE”. (rires)

Votre affiche a fait l’objet d’une polémique, est ce que le cinéma peut tout dire sans complexe ?

G.L : C’est le but, normalement on devrait pouvoir tout dire sans complexes. Après on a pas du tout fait ça dans une volonté de polémique. La censure est agaçante mais pas que pour nous. On devrait tous être agacé d’être censuré et quelque soit le sujet. Je ne me prêche pas que pour notre paroisse, je pense aussi à Stéphane Guillon qui a été victime de ça il y a quinze jours. C’est insupportable. Que les affiches soient de mauvais goût , on le sait très bien c’est nous qui les avons faîtes. La polémique on ne la remet pas en question, mais la censure c’est insupportable.

J.D : Quand on fait une affiche et une bande-annonce, on est obligé de faire un peu large. On tape “comédie” et après nous ce que l’on fait là avec les journalistes, on explique ce qui a dedans. Je ne peux pas parler de “La Question” dans la bance-annonce, je ne peux pas l’installer ça ne veut rien dire.

G.L : Puis à la limite il est agréable de se dire que les gens vont être surpris. Ils ont l’impression d’aller voir un film un peu bas de crâne et un peu bourrin et ce n’est pas du tout le cas. Moi je déteste voir une bande-annonce, la plupart du temps ça vous vend le film en entier. Vous allez voir le film, vous n’avez plus aucune surprise, tout est dedans et c’est pré-mâché. Là, on ne peut pas dire ça, vous ne savez pas ce que vous allez voir du début à la fin et ça c’est agréable. On ne peut pas déplacer tout le monde et puis c’est pas le but. En tout cas, c’était pour donner une indication sur le ton et l’humeur du film. Effectivement, nous ne sommes pas dans une comédie familiale, on est dans une comédie mais pas familiale du tout. A partir du moment où on s’adresse aux adultes de façon assez inhérente, l’adulte peut comprendre la comédie et le drame à la fois. On aura de toute façon les bons spectateurs.

« Quand on fait une affiche et une bande-annonce, on est obligé de faire un peu large. On tape “comédie” et après nous ce que l’on fait là avec les journalistes, on explique ce qui a dedans. » – Jean Dujardin

Comment avez vous construit l’organisation des sketchs, ça ne s’est pas fait au hasard ?

J.D : Je vous avoue que ça n’a fait que progressé. On s’est retrouvé au montage avec une matière très importante et c’était un casse-tête. Il a fallu trouver un équilibre jusqu’à qu’on soit satisfait.

G.L : C’était assez étrange parce que la physionomie du film changeait de tout au tout suivant les ordres.

Et suivant la position des pastilles aussi non ?

G.L : Et la position des pastilles ! L’ordre s’est imposé naturellement parce que les sketchs se répondent. Dans “Le Séminaire” on a un type qui cherche à tromper sa femme mais qui ne va pas y arriver, dans “Lolita” on en a un qui consomme et donc qui trompe, et dans “La Question” on a la conséquence d’avoir trompé. Pour les trois premiers segments, il y a un écho entre les trois films. Après on rentre dans la comédie pure, mais c’est vrai qu’on a mis un peu de temps au montage pour trouver ça.

Concernant les pastilles d’entre sketchs, pourquoi avoir confié ce travail à Alexandre Courtes, plus connu dans le domaine du clip ? 

G.L : C’est un très bon copain à moi et c’est quelqu’un qui a un talent énorme. En terme de technique il est extrêmement fort et qui dans la vie est très drôle. C’était donc cohérent. Au même titre qu’il y avait des réalisateurs confirmés dans le cinéma, il était intéressant de donner sa chance à quelqu’un qui vient du clip et qui n’avait pas encore fait de fiction. C’était le but. L’avantage de l’oeuvre collective était de pouvoir partager tout ça, avec des personnes connues comme moins connues.

Est-ce qu’il y a un personnage que vous avez préféré jouer plutôt qu’un autre ?

G.L : Tous les personnages étaient agréables à jouer. Comme nous les avons tous écrit, ça part d’une envie de les faire et il y en a pas un qui a dominé l’autre. Ils étaient tous extrêmement jouissifs à faire. Dans la comédie, quand on a fait les “Infidèles Anonymes”, il est évident qu’on a énormément ri car ce sont des personnages qui sont presque issus de la bande dessinée. C’était évidement jouissif de voir Guillaume Canet coiffé comme ça, mais oui tous les personnages étaient géniaux à jouer.

« Tous les personnages étaient agréables à jouer. Comme nous les avons tous écrit, ça part d’une envie de les faire et il y en a pas un qui a dominé l’autre. Ils étaient tous extrêmement jouissif à faire. » – Gilles Lellouche

Comment avez-vous eu l’idée de la fin du film ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que vous vous êtes éclatés ?

J.D : C’est le résultat de ce qu’on lance on départ quand on dit : « c’est peut être un truc d’homosexuel de cumuler comme ça les femmes ».  C’est quelque chose lancé par Nicolas comme ça. Ca nous a amusé d’imaginer ce qui ne se passerait jamais à Vegas à priori entre copains. (rires)

G.L : On ne part pas pour ça normalement. (rires)

J.D : Pas besoin de partir finalement. (rires)

Vous vous êtes fait plaisir avec les voitures du dernier sketchs non ?

J.D : Oui absolument. On s’est fait vachement plaisir à Vegas. C’était un peu l’idée, on s’est dit : « on va le réaliser, on va jouer dedans et on se barre à Vegas ». (rires)

C’est Las Vegas Parano !

J.D : Exactement, il y a aussi “Thelma et Louise” et beaucoup d’autres références conscientes comme inconscientes.

Il y a aussi l’humour potache des films du style “Mary à Tout Prix”…

J.D : Oui, il y a ça mais aussi du Blier qu’on adore. Claude Lellouche a vu le film et l’a adoré.

Comment s’est passé l’écriture ?

J.D : On a posé les idées, mais il y a vraiment eu plusieurs étapes. Il y a que “La Question” qui a été fait quand Nicolas est arrivé.

N.B : Il y a eu des collaborations aussi. J’ai beaucoup collaboré sur les dialogues de sketchs qui avaient été pensés par Jean et Gilles et développés par mes deux collègues. J’ y suis revenu dessus parce que justement, je pense que je dois ma présence très modeste dans ce projet au soucis de Gilles et de Jean d’affiner, complexifier. Les deux que vous avez devant vous sont très loin d’être des bourrins. Je crois que si j’ai le plaisir d’être sur la photo aujourd’hui, c’est parce que Jean et Gilles ont voulu attraper mon esprit critique sur les textes qu’ils avaient déjà écrits, et même une certaine sensibilité, douleur que j’ai parfois en moi. Ca nous a permis de développer le personnage qui est joué au début par Géraldine Nakache, qui donne à mon sens, du relief à la situation. Certains personnages féminins, et ils en étaient mécontents, pouvaient justement être un peu en carton. J’étais aussi là pour leurs donner ce qu’ils attendaient de moi…

G.L : Du talent.

N.B : Non.

G.L : Du Génie.

J.D : Du Bedos tout simplement. (rires) On dirait de la publicité : « du bon, du bon :  du Bedos ». (rires) C’était très communiste comme film, tout le monde y a mis sa patte même la monteuse.

« Je dois ma présence très modeste dans ce projet au soucis de Gilles et de Jean d’affiner, complexifier. Les deux que vous avez devant vous sont très loin d’être des bourrins. » – Nicolas Bedos

Avec autant de collaborateurs, vous n’avez pas eu peur de ne trouver jamais un équilibre ?

G.L : Je crois que ça ne peut pas nuire d’être dans le collectif, ça ne peut pas nuire d’être dans le partage, c’est absolument impossible. Au contraire, c’est de la valeur ajoutée.  Je me souscris vraiment à cette idée là. Dans les segments que Jean et moi avons réalisés, tout le monde a eu son mot à dire même le chef opérateur et toute l’équipe technique. On était un petite équipe là-bas à Las Vegas parmi les Américains et tout le monde était impliqué dans le film. Ca était de l’écriture et de la réalisation pour tout le monde. Manu Payet est venu par exemple avec des improvisations, Guillaume Canet pareil et toutes les actrices de la même manière. C’était une sorte de boule qui avance, de bienveillance et d’envie. On ne peut que louer cette démarche là.

 «Le castor est fidèle, c’est normal il a la queue plate», qui est ce qui a écrit ça ?

J.D : C’est Gilles bourré. (rires) En revanche c’est vrai, le castor est fidèle. A tel point que je crois que quand le mâle castor meurt, la femelle castor ne se remarie pas. Elle reste veuve et garde les meubles. (rires)

Vous vous êtes documentés en plus !

J.D : Oui oui ! Le chien est infidèle et les insectes sont de gros bâtards. (rires) Observez les insectes, vous allez voir ça nique sans arrêt. (rires)

Ce n’est clairement pas une comédie familiale,  il y a des scènes assez explicites. Est ce que c’était voulu ?

G.L : Il ne faut surtout pas y aller avec les enfants.

J.D : Ce qu’on joue en fait c’est la situation. Nous ne sommes pas partis en se disant qu’on allait choquer le bourgeois et qu’il fallait absolument montrer nos culs. Franchement, je suis plutôt pudique et Gilles aussi bizarrement. Il ne faut pas oublier que ce n’est pas Jean et Gilles, ce sont des personnages et on joue une situation. A un moment, si je dois montrer mon cul dans la situation je vais le faire. Après c’est vrai qu’il y avait une volonté de montrer au cinéma ce que généralement on coupe parce que c’était pour moi justifié. Il n’ y avait pas d’envie de provoquer, il fallait aller au bout des choses.

G.L : Comme le disait Jean de façon très juste, il y a une époque, dans les films de Blier des années 70, il y avait vraiment une envie de faire ça. On avait vraiment envie de se dire : « on va au bout du thème et on ne va pas se réfréner et se censurer ». Effectivement ce n’était pas dans un but de choquer, puis ce n’est pas si choquant que ça finalement.

N.B : Je trouve que cette liberté et cette audace devrait plutôt réjouir. Voir Jean Dujardin et Gilles Lellouche se mettre en danger, enfin pas tellement parce que c’est de l’art, moi je trouve ça formidable. Je serai très fier de voir des types qui font des choses pareilles.

« Il n’ y avait pas d’envie de provoquer, il fallait aller au bout des choses. » – Jean Dujardin

Tous sont bons, mais comment avez-vous eu l’idée de recruter Géraldine Nakache par exemple qui est formidable dans la première scène ?

G.L : C’est une grande idée d’Alexandra Lamy qui nous a conseillé de prendre Géraldine dans ce rôle et elle avait vraiment raison. Il ne faut pas faire la sieste avec elle. (rires) Elle est extraordinaire comme toutes les femmes dans ce film : Sandrine Kiberlain…

J.D : Et ma femme c’est de la merde ? (rires)

Comment avez-vous fait pour trouver cet hôtel improbable dans “Le Séminaire” ?

G.L : Il est à 35 kilomètres de Paris et il est blindé de monde tout le temps.

J.D : Michel Hazanavicius travaille très bien le vide et c’est très difficile de raconter du rien et de faire rire avec ça. Ca n’ a rien à voir avec l’hôtel, je ne vais pas me les foutre à dos. (rires) Mais ça collait bien et ils étaient adorables de nous recevoir.

Un sketch de Jan Kounen mettant en scène Mélanie Doutey n’ a pas été retenu sur le montage final, sera t’il possible de le retrouver sur un éventuel support DVD ?

J.D : Oui oui, il a fallu faire des choix drastiques. Il ne collait pas forcément au ton.

G.L : Il était un peu orphelin, il était plus dans un genre d’horreur, enfin il ne faut pas exagérer mais pas loin. Il n’est pas inenvisageable qu’il arrive bientôt et pas qu’en DVD. Ca m’emmerde d’autant plus que c’était avec ma femme.

J.D : Tu dois passer de bonnes soirées en ce moment. (rires)

Cette aventure vous a donné envie de continuer le travail entre potes ?

J.D : Oui, définitivement.

Est ce qu’une suite est envisageable ?

J.D : On va d’abord voir comment le film est accueilli, puis il y a pleins de choses à faire encore.

G.L : Si ce n’est pas ça, ce sera autre chose.

Comment se passe la réception du film jusqu’à présent ?

J.D : Merveilleusement bien, même à Paris ce qui est rare. La presse parisienne est très bonne. (rires) mais c’est vrai que l’accueil est dément.

On sait que vous n’êtes pas là pour ça Jean mais on ne peut pas s’empêcher de vous féliciter, quelle année. Vous n’avez pas peur qu’on vous attende au tournant ?

J.D : Merci, mais qu’est ce qui s’est passé ? (rires) C’est vous qui mettez la barre très haute en faisant monter le truc. Tout le monde m’invente une carrière aux Etats-Unis alors que même moi je ne sais pas ce que je vais faire aujourd’hui. Je prends ponctuellement ces cérémonies, j’ai l’impression que le film va beaucoup plus vite que nous. On est derrière un bateau et faut tenir sur des skis, on va peut être se casser la gueule. On en sait rien. La remise des oscars me semble proche et loin à la fois, je n’y pense pas.

«Tout le monde m’invente une carrière au Etats-Unis alors que même moi je ne sais pas ce que je vais faire aujourd’hui.» – Jean Dujardin

Il y a les césars qui approchent aussi…

N.B : Tu sais c’est ce truc en France un peu compressé. (rires)

Comment vivez-vous tout ça en ce moment ?

J.D : Je le vis comme quelqu’un de très gâté, et je suis très heureux avec ce que j’ai déjà. Si ça tombe tant mieux mais il n’y aura pas de déception. La notion de perdre je ne la comprendrais pas, je ne perdrai rien.

« Les Infidèles », sortie le 29 Février au cinéma. La bande annonce, ici.



Article rédigé par jordanm

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