TEMPS DE LECTURE : 10 MINUTESEn Aparté avec… Darkimey

Photographe, dessinatrice, peintre, plasticienne et j’en passe, Serena Panelli alias Darkimey est une véritable touche à tout. Après des études d’Arts Appliqués, et un rejet du monde de l’entreprise, cette jeune fille  chevronnée a décidé de pratiquer l’art  au quotidien comme bon lui semblait. Rencontrée à la X-Arts Party au Connexion Café où elle endossait le rôle de scénographe pour Mr et Mme Okkö, nous sommes revenus avec elle sur son parcours, son oeuvre et ses projets. 


Quentin Dary ©

Peux tu te présenter en quelques mots ainsi que ton parcours, pour ceux qui ne te connaîtraient pas encore ?

Alors je m’appelle Darkimey, mais mon vrai nom c’est Serena Panelli. J’ai fait des études d’art appliqués mais très vite je suis arrivée à faire des expositions et à vraiment travailler de mon art plastique. Je fais de la peinture, de la sculpture, de la photographie… je suis une touche à tout. Je fais également de la scénographie, et il m’est arrivé de travailler pour le théâtre comme plasticienne. Je travaille avec le PHUN à l’Usine à Tournefeuille quelque fois de temps à temps. Selon les mois, les envies et les projets changent, c’est toujours très différent.

Tu travailles pour les besoins d’une agence ou à ton compte ?

Je travaille toute seule, je suis à mon compte. Quand je suis sortie de l’école d’art, j’ai longtemps travaillé dans la communication visuelle en entreprise.  Ca ne m’ a pas du tout plu, il y avait de la concurrence et c’était une vision de l’art qui ne plaisait pas. J’avais des choses à dire par moi-même et je me voyais davantage comme une artiste plutôt que comme une graphiste.

« J’ai longtemps travaillé dans la communication visuelle en entreprise.  Ca ne m’ a pas du tout plu [..] c’était une vision de l’art qui ne plaisait pas. »

As -tu un domaine de prédilection malgré le fait que tu touches à tout ?

Le dessin, c’est vraiment la base de tout mon travail. Je dessine depuis que je suis toute petite, c’est tout ce que je sais faire. Au collège quand on te demande de choisir ce que tu veux faire, c’était déjà évident pour moi que ça aillait être autour du dessin, après c’est l’école qui m’ a conseillé d’aller vers l’art appliqué. On m’avait dit : « quand tu sortiras de là, tu auras un travail et ça sera pas comme artiste ». (rires) Et en fait je m’en fous de ça, l’argent n’est pas quelque-chose qui m’angoisse, je suis débrouillarde. Je ne vis pas bien encore de l’art, mais je fais que ce que j’aime, je suis libre. Je décide de quand est ce que je me lève, de comment je gère mes projets, de ce que j’ai envie de faire et de ne pas faire.

Peux tu nous parler de ton art et de ses composants ?

Parce que j’avais fait des études d’art, on m’avait appris que c’était bien d’avoir une identité visuelle, quelque chose qui fait que l’on te reconnaisse, un style. Pendant longtemps tu cherches à trouver ton style, sachant qu’il faut se démarquer des autres en étant innovant. A un moment, j’ai touché au but et  depuis ma ligne de mire, c’est quand je signe Darkimey ce sont des motifs végétaux que je fais. Mes influences sont l’art nouveau, l’art organique et même les images de biologie (bactéries, coupes…). Ce qui m’intéresse c’est le graphisme, la ligne plus que la matière…ou du moins la représenter mais de façon graphique.

« Ce qui m’intéresse c’est le graphisme, la ligne plus que la matière […]»

Le fait d’avoir choisi une identité visuelle très spécifique doit quand même te poser beaucoup de contraintes ?

Ca t’en pose une, mais c’est parce que tu en as que tu commences à te poser les bonnes questions et à faire des choses plus intéressantes. Après j’ai grandi à la campagne et j’y passe toutes mes vacances. J’ai toujours été en forêt à regarder les plantes de près et à me rendre compte qu’elles étaient faites de motifs à répétition. Quand tu regardes de la mousse, ça représente un cercle avec un point à l’intérieur et c’est le même motif qui est répété pleins de fois. En fait, je décomposais les formes et ça m’est revenu plus tard, c’est comme ça que j’ai trouvé mon identité visuelle avec Darkimey. J’ai une bande de motifs que j’utilise tout le temps, mais que je compose de façon intuitive, spontanée, sans réfléchir sur le papier. C’est toujours les mêmes, mais ils ne sont jamais placés de la même manière. Je les déploie en symétrie et j’en fais un objet. Mon délire c’est la pensée de la nature par le motif, c’est assez psychédélique comme travail.

Et pourquoi Darkimey ?

Je fais des dessins qui sont noirs et je suis tout le temps habillée de cette couleur, donc c’est venu tout seul. Et Imey car ça fait 12 ans que j’ai un chat qui est tout le temps avec moi, qui est noir et borgne. Il s’appelle Imey, ça veut dire princesse en Japonais. Très vite ce sont mes potes qui m’ont appelés comme ça, parce que le chat est tout le temps sur moi..

Qu’en est t’-il de la notoriété de ton travail dans les environs ?

Il y a une ligne de conduite avec ces motifs et c’est vrai qu’aujourd’hui, je sais que ça commence à être reconnu par ici. Maintenant, j’aimerai bien essayer de justement dépasser un peu ces motifs là. Serena elle sait faire d’autres choses aussi, Darkimey elle fait les motifs, c’est une identité visuelle, un style, et Serena elle fait des portraits académiques et hyper-réalistes. Enfin, je maitrise d’autres formes de techniques de dessins et j’aimerai bien trouver le pallier entre les deux. Maintenant je me mets aussi à faire du tatouage et à l’avenir j’aimerai bien travailler le son. J’aimerai bien que mes dessins aient des écritures sonores, donc j’y travaille dans ma tête. Après c’est selon les choses que je découvre.

« Maintenant je me met aussi à faire du tatouage et à l’avenir j’aimerai bien travailler le son. J’aimerai bien que mes dessins aient des écritures sonores. »

Si tu te trouves une autre identité visuelle, vas-tu travailler sous un autre pseudonyme ?

J’en sais rien mais peut être oui. Oui surêment même, parce que jusqu’à maintenant je ne me suis pas assez cachée. Avant je trainais avec les grapheurs et je trouvais ça sympa l’idée du pseudo, mais c’est vrai qu’après le lien entre Serena et Darkimey tu le trouves vite sur Internet. Après je compte pas me planquer énormément comme ils le font tous, je n’ai pas de raisons non plus.

Quelle est l’oeuvre dont tu es la plus fière à l’heure d’aujourd’hui ?

 Il y a quelquechose que je n’arrive pas à vendre, c’est une toile que j’ai faite pendant une période où j’étais pas bien. Je suis presque rentrée en transe pendant sa conception, c’était bizarre. Quand je me suis arrêté et que je l’ai regardée, j’étais vraiment super fière et ça je n’arrive pas à m’en défaire. C’est une coccinelle plus que réaliste, je me suis vraiment impressionnée. J’étais super fière de moi et depuis je n’arrive pas à la donner. Je la mets en expo mais pas à vendre, car elle me rappelle un super moment d’extase, j’étais super apaisée.

Ce soir, tu joues le rôle de scénographe pour les besoins du set de Mr et Mme Okkö. Peux-tu vulgariser le terme pour ceux qui ne connaîtraient pas cette activité ?

 En fait ce n’est pas vraiment de la scénographie car normalement ça englobe le calcul des costumes, de la mise en scène, les accessoires… Là c’est plutôt un visuel que je vais projeter derrière eux, en illustrant les univers des chansons. Je vais travailler sur un rétro-projecteur en dessinant en direct,  et en faisant des expériences et des montages. Ce sera un tableau de fond.

T’es tu entraînée pour cet événement ou pas du tout ? 

C’est vraiment de l’improvisation car on a eu tous du mal à se caler. Je n’ai même pas eu le CD pour travailler mon set, j’ai du aller sur Internet trouver les chansons de Mr et Mme Okkö. C’est Massira qui a adoré mon taff et qui a voulu absolument que je vienne. Ca fait une semaine que je bosse dessus, et là j’ai peur de me planter bien que je trouve ça vraiment chouette.

Comment avez vous eu l’idée de travailler ensemble d’ailleurs ?

Par Abdel leur manager, qui est mon tout nouveau colocataire. Il m’ a présenté ces amis avec qui le feeling est passé directement. J’aime beaucoup leur façon de penser et leur histoire et c’est avec plaisir que je vais illustrer leur concert.

Vas-tu intervenir sur d’autres dates de Mr et Mme Okkö ?

Il y a une prochaine date à la Dynamo. Si ce que je fais ce soir leur plaît, ça se reconduira. Mais en même temps ils vont pas trop regarder ce que je vais faire, vu que ce sera dans leur dos. (rires)

As-tu eu quelques consignes pour ton set de la part du groupe ?

On m’ a dit : “éclate toi, amuse toi : on te fait confiance”.Massira a vraiment kiffé mon travail et elle me fait vraiment confiance, c’est super libre.

Est-ce que pour une éventuelle prochaine date tu changeras complètement ton set ?

Oui je n’aime pas faire deux fois les mêmes choses. Je travaille sur le spontané et l’éphèmere, et comme c’est de l’improvisation ça sera toujours différent. Vu qu’il y a de l’encre, l’action de verser est unique, elle sera jamais pareil à une autre épreuve, c’est de l’expérimentation.

« Je travaille sur le spontané et l’éphèmere, et comme c’est de l’improvisation ça sera toujours différent. »

Est-ce que c’est un travail que tu as déjà fait par le passé ? 

J’ai fait ça une fois, c’est un ami qui m’a inspiré. On a été à une convention de sérigraphie à Genève et il faisait un live au rétroprojecteur .Il voyait bien que j’étais à coté et que j’avais trop envie d’essayer. Je lui ai demandé si je pouvais reprendre ça, il m’inspire. J’avais fait ça au Florida à Agen, sur écran géant avec une déco de malade que l’on avait élaboré.

Tu as eu des retours de la part des gens présents ? 

Ça ça a plus du tonerre de Dieu ! Il y a eu des vidéos et des photos sur Facebook, et tout le monde arrête pas de m’en parler. Le projet a vraiment plu, car on a proposé une expo d’un mois avec un concert événement avec de chouettes têtes d’affiches.

Quels sont tes projets pour 2012 ?

Il va y avoir une expo de sérigraphie avec un ami à Tournefeuille en Mars. il va proposer une chasse au trésor qui va de son atelier jusqu’à l’Usine où il y aura l’exposition. Les gens devront trouver un maximum de sérigraphies dissimulées sur le chemin et ils se verront décerner un prix. Il y a ça et peut être on avait parlé d’une exposition à Londres. Je ne sais pas si ça va se faire mais ça serait chouette.

Propos recueillis par Jordan Meynard

Article rédigé par jordanm

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