TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESLa fin du partage de fichiers


19 janvier 2012Megaupload vient de tomber.

Un des résultats d’une guerre contre le partage des fichiers illégaux qui dure maintenant depuis plus de dix ans. Après l’innovateur Napster, puis Kazaa, et Limewire, c’est au tour d’un symbole de tomber sous les coups de la justice américaine.

Une nouvelle qui fait le tour du monde en quelques heures, laissant derrière elle des dizaines de millions d’utilisateurs orphelins de leurs fichiers. Les jours suivants ne font qu’alimenter la crainte des internautes : VideoBB et ses semblables organisent une suppression massive des fichiers illégaux de leurs serveurs, Alloshowtv et BTjunkie annoncent leur fermeture.

La condamnation des anciens dirigeants de ThePirateBay est confirmée et plusieurs sites américains de streaming sportif sont fermés. Face à ce constat, les gouvernements se félicitent de cette bataille remportée. Alors, l’avenir semble bien sombre dans cette ambiance générale ; on annonce déjà la mort du streaming et la fin d’une ère d’internet. Mais plusieurs semaines après, est-on toujours aussi sûr que les autorités américaines viennent de remporter cette guerre ?


Retour en arrière

Le partage de fichiers illégaux, c’est cinquante ans d’existence. Tout a débuté dans les années soixante, avec les premiers disques pirates, et a continué au rythme des évolutions technologiques. La cassette, le CD, et finalement la dématérialisation avec Internet, ont rendu à chaque fois le partage plus facile.

L’effet Napster

Napster, l’innovateur du partage de fichier en ligne, s’est rapidement fait connaître en 1999, avant d’être fermé par le gouvernement américain en 2001. L’erreur est de ne pas avoir réalisé qu’en fermant l’unique acteur du secteur, rapidement des dizaines d’autres viendraient prendre sa place. Un effet qui n’a cessé de se répéter  durant la décennie qui a suivi, car jusqu’ici, les sites de téléchargement direct, streaming et logiciels de peer-to-peer sont devenus plus nombreux au rythme des fermetures.

Ce qui pourrait changer cette fois

Sur cette affaire, le FBI a réussi à semer la peur sur tout le secteur, qui a unanimement réagi en tentant de montrer sa bonne foi. Mais par cette fermeture, il a aussi montré les failles du système. La défense de Megaupload s’articule autour du fait qu’il soit simplement un prestataire de service proposant aux internautes d’échanger des fichiers ; ce qui ne les rend pas « fraudeurs » aux droits d’auteurs, puisque la société exerçait une suppression des fichiers illégaux lors de leurs signalements.

Cette défense pourrait se tenir, si deux autres accusations ne venaient pas l’ébranler : la première, des emails échangés entre les dirigeants qui s’envoyaient des liens vers des fichiers interdits, se rendant eux-mêmes coupables de l’utilisation frauduleuse qui était faite de leur site.

La seconde, bien plus grave pour Megaupload, est l’accusation d’avoir encouragé les utilisateurs à fournir des fichiers portant atteinte aux droits d’auteurs en les rémunérant. Une pratique pourtant courante, puisque les autres sites de partage rémunéraient eux aussi leurs meilleurs fournisseurs. Désormais cet encouragement est suspendu.

Une autre faille qui risque d’être utile aux successeurs de Megaupload, c’est le pouvoir de fermeture des sites par FBI, qui se limite aux .com et .org. ThePirateBay par exemple, vient d’acquérir l’extension de domaine suédoise (.se), afin de contrer une éventuelle fermeture de leur .com par les autorités américaines.

Pourquoi ce n’est pas la fin ?

La première raison est assez simple, les sommes gagnées par Megaupload vont faire de nombreux envieux, et ceux-ci pourraient rapidement créer des services semblables dans des pays moins regardants sur les droits d’auteurs.

La seconde est que le marché n’est pas prêt à cette fin prématurée du partage illégal. La société et l’utilisation des produits culturels ont profondément étaient changés au rythme des évolutions technologiques. Ces changements ont rendus nécessaire l’accès  aux produits, quel que soit l’heure ou le lieu du demandeur.

Le marché, lui, a mis du temps à suivre cette évolution. Deezer et Spotify sont nés plusieurs années après que des services similaires et illégaux aient existé, comme Radioblogclub. Le replay ne peut pas être considéré comme une solution, puisqu’il n’offre qu’un accès temporaire à son contenu. Par conséquent, une victoire dans la guerre contre les fichiers illégaux ne pourra probablement avoir lieu que si des offres légales et comparables sont proposées. Un profond changement du système actuel, particulièrement pour les séries et les films, sera de ce fait nécessaire.

On peut entendre par là, des services de licence globale réclamés depuis longtemps par les internautes, qui permettraient d’avoir un accès illimité à un catalogue en échange d’un abonnement mensuel, à l’image de Spotify et Deezer, mais adapté aux autres secteurs.

Article rédigé par La rédaction Aparté.com

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