TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESEXPOSITION / Diane Arbus

Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

 

Diane Arbus ©

 

Artiste : Diane Arbus

Lieu : Le Jeu de Paume à Paris

Date d’exposition : du 18 Octobre 2011 au 05 Février 2012

Pays : France

L’exposition en un tweeds : « Si Diane Arbus avait croisé Franck Ribery, elle en aurait fait son modèle. #CestPetit »

Commentaires : Entrer à l’exposition de Diane Arbus, c’est un peu comme subir la réalité en pleine gueule, avec une profonde admiration pour l’étrangeté humaine. Au fur et à mesure que l’on avance dans cette exposition hors du commun, on parcourt également la vie de l’artiste. Commençant par un simple inconnu dans Hyde Park jusqu’aux fameux « monstres de foire » que l’Amérique adorât dans les années 50-60. Les oeuvres nous laissent un goût amer de curiosité malsaine, de dégoût, mais pourtant, on regarde toujours deux fois, comme-ci il fallait y trouver autre chose. À chaque changement de pièce, l’hors-norme s’intensifie, on le traque. Bref, on est attiré comme repoussé par ces photos en 6×6 qui inondent le labyrinthe du Jeu de Paume. Malheureusement l’agencement de la visite démystifie les photographies qui s’éparpillent dans une sorte de néant blanc, façon anti-chambre du Paradis. De plus, le fait le plus marquant est la dissociation de la série des malades mentaux, une sorte de cul-de-sac retiré sur la droite qui va à l’encontre des valeurs de l’artiste. Dans cette salle justement, hommes et femmes sont pour la plupart trisomiques ou autistes. Ils rient, jouent, se déguisent avec un total détachement de la réalité et Diane Arbus, avec la plus fine sensibilité et un grand altruisme capte ces instants, sans pour autant les rendre différents d’un album de famille qu’on consulte devant un feu de cheminée. Les 200 clichés exposés ne recèlent toutefois pas beaucoup d’instants rares, on y voit plutôt des pièces maitresses comme les « Jumelles identiques » ou bien « l‘Enfant à la grenade ». Un choix discutable. 1h30 après, chamboulé, on comprend le profond plaisir de Diane à faire transparaître ce qu’il y a de plus humain chez l’homme: l’empathie. 

Contexte : C’est en rencontrant Allan Arbus, son premier mari passionné de photo, que Diane Nemerov commence la photographie. Elle s’émancipe très vite des autres photographes pour suivre le courant photographique inauguré par Walter Evans et dont le style se porte vers le documentaire urbain. Ainsi elle concentra son activité dans les alentours de New York, photographiant des inconnus dans la rue. Fascinée par les personnages étranges et hors normes, elle photographia également transsexuels, handicapés mentaux, jumeaux, nains voir même mutilés pour y faire ressortir avant tout, leur humanité. Depuis, son influence sur la photographie américaine comme mondiale est considérable, inspirant bon nombre de contemporains. Entre autre, la photographie des « Jumelles identiques » inspira énormément Stanley Kubrick pour les personnages de son film « Shining ». Récemment, pour un délais d’un peu moins de quatre mois, la galerie du Jeu de Paume eut l’honneur de recevoir pas moins de 200 clichés de l’artiste, dont notamment cette célèbre photo.

Accompagnateur idéal : Un fantôme écossais pour le calme. Un(e) de ces adolescent(e)s qui s’achètent un reflex/argentique pour le mettre face à l’évidence que faire de la photo, ce n’est pas aussi simple qu’une photo de profil facebook qui a subit un bon nombre de calque.

Ce qu’en diront les autres : « Oh mais je dis Oui-Oui-Oui-Oui, ah ça c’est beau. EX-TRA-OR-DI-NAI-RE !!!! » – Julien Lepers

Pourcentages : 95% à cause de l’aménagement de la salle et de la partielle sectorisation.



Avis du conseil : « Bien que l’étrange vous passionne, n’en oubliez pas pour autant les principaux socles de votre art. Mention très bien »



Suite logique : 

Sortir du jeu de paume, descendre les escaliers sur la droite, aller à la grande roue puis se balader dans les Tuileries, avec un bonnet, une écharpe et des gants. Rentrer chez soi, prendre un chocolat, commencer la série Six Feet Under, un paquet de mouchoir à proximité.


Cet article a été publié il y a 10 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Magalie Laur

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