TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESSport, dites-vous ? (e01) – Qatar et football, nouvel eldorado ?

Ce mois-ci, pour inaugurer cette nouvelle chronique « Sport, dites-vous ? », il sera question d’un sujet épineux, enfin, plutôt d’un effet de mode qui touche le sport. L’arrivée de gros investisseurs étrangers dans le sport européen et en particulier dans le football. 

Comme vous avez certainement dû en entendre parler, la déferlante qatarie s’est abattue sur la France, et sur Paris notamment, avec le rachat du club de football du Paris Saint-Germain (PSG) par le richissime Nasser Al-Khelaïfi, patron de la chaîne Al-Jazeera Sport.

Depuis cette annonce, ce club devenu morne depuis les cinq dernières années, tant au niveau de l’effectif que des résultats sportifs est devenu un véritable monstre médiatique en un temps record. C’est durant l’été 2011 que le PSG a défrayé la chronique en animant, à lui tout seul, le marché des transferts français.

Les arrivées en nombre de joueurs d’avenir tels que Javier Pastore, Jerémy Ménez, Kévin Gameiro, ou bien, de footballeurs confirmés tels que Diego Lugano ont largement contribué à cette sur-médiatisation. Les nouveaux parisiens ont ainsi dépensé plus de 100 milles euros en l’espace de deux mois. Un budget qui n’a rien à envier aux plus grands clubs européens.

Ce rachat du PSG a entraîné quelques changements sur la vision de ce club et sa médiatisation.

Suite à l’annonce du rachat du PSG par la fondation QSI (Qatar Sports Investissement), organe directement dépendant du prince qatari, Leonardo – ancien footballeur brésilien, directeur sportif de l’AC Milan et entraîneur de l’Inter  Milan – est annoncé et introduit comme futur directeur sportif du PSG. Ce fut l’élément déclencheur d’un véritable raz-de-marée médiatique autour du club. Par la suite, de nombreuses spéculations sont intervenues, toujours plus folles, autour de joueurs pressentis pour être recrutés par le club parisien. Finalement, derrière l’effet d’annonce, le recrutement de stars mondiales comme David Beckham, Alexandre Pato ou Carlos Tevez n’a pas eu lieu. Ni cet été, ni lors du mercato d’hiver.

Le plus incroyable, dans cette entrée de fonds massive, c’est le sursaut sportif du club de la capitale qui a rarement quitté le tiercé de tête du championnat français depuis l’entame de la saison. Il trône même aujourd’hui à la première place. Chose suffisamment rare ces dernières années pour le signaler. Pour l’extra-sportif, le club gagne aussi en notoriété grâce à la vente de nombreux maillots et autres goodies, notamment avec les bruits annonçants l’arrivée de nouvelles recrues, David Beckham en tête.

Ce phénomène qatari provoque d’autres remous, au sein même de la Ligue 1 et des médias français. Lors de l’annonce publique de l’acquisition des droits télévisés de la Ligue 1 pour les quatre prochaines années, c’est la chaîne du golfe, Al Jazzera, qui a remporté l’appel d’offre pour le championnat français. Le plus surprenant, c’est qu’elle s’est aussi procurée les droits de retransmission – à la surprise générale – de la Ligue des Champions. De quoi laisser incrédules Canal + et TF1 qui avaient, jusque là, la main-mise totale sur ce marché.

L’Europe à l’heure qatarie

Le PSG n’est pas le seul club européen à bénéficier de ce genre de coup de pouce. Les investisseurs viennent de Russie (Roman Abramovic à Chelsea), des Emirats Arabes Unis (Manchester City et Khaldoon Al Mubarak) mais de plus en plus, ils arrivent tout droit du Qatar. C’est l’exemple du Cheikh Abdallah Ben Nasser Al-Thani, membre de la famille princière, qui a pris la présidence du club de football espagnol de Malaga, ou de Nasser Al-Khelaïfi qui dirige, à la fois, le Paris Saint-Germain, Al Jazeera Sport ou la Fédération Qatari de Tennis.

Plus récemment, la Chine et l’Inde ont aussi montré leur intérêt financier. Eux, en revanche, cherchent davantage à attirer de grands joueurs ou d’anciens grands joueurs plutôt que d’investir en Europe. A l’appui, des salaires mirobolants pour séduire les footballeurs dont ont pu bénéficier Nicolas Anelka (Shanghai Shenhua), Robert Pires, Fabio Cannavaro, Hernan Crespo, Fernando Morientes ou Jay-Jay Okocha, jouant désormais dans le championnat Indien.

Ces clubs ont la particularité d’avoir reçu, ces dernières années, un fort soutien financier d’un magnat étranger. Ces nouvelles ressources financières ont permis à chacune de ces équipes d’élever leur niveau sportif et d’atteindre avec régularité des résultats jusque-là impensables.

Se pose alors la question de la place de l’argent dans le milieu sportif. Sans apport d’argent en grande quantité, est-t-il possible d’exceller à un niveau continental ou même national ?

D’ailleurs, tous ces investisseurs viennent des pays de l’est, ce qui pourrait laisser présager un réel déclin de la vieille Europe au profit de pays en voie de développement.

Article rédigé par Rémy Vaganet

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