TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESFILM / J.Edgar

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Titre: J.Edgar

Réalisateur: Clint Eastwood
Date de sortie: 11 janvier 2012
Pays: États-Unis

Le film en un tweet: « Mais qu’avez-vous donc fait à Jack Dawson Monsieur Eastwood ? #jesuistropjeunepourvoirLéovieux »

Commentaires: Le film démarre dès les premières scènes avec un Leonardo vieilli de manière spectaculaire par une multitude de prothèses. Au fur et à mesure que l’on se perd dans un labyrinthe de souvenirs dictés par la voix imposante d’Hoover à la fin de sa vie, on note avec stupéfaction que l’homme qui semble si fort en public n’est en réalité faible. Cette forme de faiblesse se retrouve d’ailleurs dans son obsession à épier les moindres faits et gestes de ses potentiels détracteurs. Une paranoïa qui le rongera jusqu’à sa mort en faisant chanter qui bon lui semble. Longtemps sous l’emprise d’une mère castratrice qui lui impose ses idées, c’est à sa mort qu’il prend conscience de lui-même, se détestant comme s’admirant. Bien que je regrette le manque d’action, il est en réalité important qu’il n’y en est peu car le film n’est que la mise sur pellicule d’une vie remplie de mensonges et de tourments. Une vie à double facette qui s’accentue encore plus lorsqu’apparaît Clyde Tolson, son bras droit et l’amour de sa vie. Un amour peut-être uniquement fraternel. Au final, ce film nous délecte comme un gossip par des scènes très intimes.

Contexte: Après Au-Delà peu convaincant, Clint Eastwood revient en ce début d’année avec un film événement : J.Edgar. Comme son nom l’indique, il retrace la vie du premier, mais surtout, du plus long directeur du FBI (du 10 mai 1924 jusqu’à sa mort en 1972). Au départ peu emballé par les histoires des fédéraux, c’est grâce au scénariste d’Harvey Milk, Dustin Lance Black, qu’il finit par accepter de se lancer dans l’exercice périlleux du biopic. Peu de temps après, Leonardo DiCaprio fit entendre son souhait de porter à l’écran le rôle titre, quitte à baisser un salaire exorbitant. Beau geste Léo.

Séquence dispensable: Toutes les scènes où J.Edgar apparaît jeune.

Séquence indispensable: Le discours devant le Congrès pour introduire le kidnapping comme crime fédéral.

Les acteurs qui auraient pu jouer: Face à un casting initial incroyable, je ne peux imaginer autre acteur que Leonardo DiCaprio pour le rôle de Hoover. Malgré tout, on aurait pu voir January Jones, incroyable dans la série Mad Men pour le rôle de Helen Gandy, ainsi que Matt Damon, ou James McAvoy, pour l’interprétation de Clyde Tolson.

Réplique à retenir: « I see light in you, you are a scare, heartless, horrible little man » Clyde Tolson à J. Edgar

Il faudrait conseiller le film à : tous les réalisateurs qui refuseront, à défaut, les scénarios de Dustin Lance Black.

Morale: Le bonheur n’est pas synonyme de réussite, ni de pouvoir.

Ce qu’en diront les autres: « « J. Edgar » est la renaissance d’un extraordinaire cinéaste dépassé par ses précédents films. »

Suite logique: rentrer chez soi pour regarder « Public Enemies » de Michael Mann, biopic sur le fugitif John Dillinger arrêté par l’équipe de Hoover.

Pourcentage: 78 %

Avis du conseil: Après une période en demi-teinte, vous revenez là, Clint, avec une de vos plus belles réalisations, votre étagère à trophées risque de déborder.

Article rédigé par Magalie Laur

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