TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESFILM / A Dangerous Method

Titre: A Dangerous Method

Réalisateur: David Cronenberg
Date de sortie: 21 décembre 2011
Pays: Royaume-Uni, Allemagne, Canada, Suisse

Le film en un tweet: « Oscar du meilleur déboîtement de mâchoire à Keira Knigthley #adangerousmethod »

Commentaires : Des cris, des hurlements et une tension palpable. Le film commence par l’internement d’une jeune femme hystérique à l’orée du XXe siècle, Sabrina Spielrein – interprétée par la ravissante Keira Knigthley. Les premières scènes rendent mal à l’aise tant elle joue à la perfection son rôle de malade, déformant son visage et son corps à souhait. Si certains diront que son jeu est exagéré, surjoué, on peut se poser la question suivante: un malade psychiatrique en est-il vraiment un si sa folie est régulée par des limites définies ? Son interprétation dérange justement par la disparition de sa pudeur habituelle, rendant au personnage toute sa véracité initiale. Justement personnage emblématique du film, son évolution et sa guérison mettent en lumière les premiers désirs insatisfaits d’un homme, Carl Jung (Michael Fassbender), qui n’arrive plus à écouter ses propres conseils. En même temps apparaît un excellent Viggo Mortensen transformé pour l’occasion en Sigmund Freud puis suit Vincent Cassel qui prendra les traits d’un obsédé sexuel tentant de pervertir Jung.

Contrairement aux précédents, dans A Dangerous Method, la violence n’est pas visible, ce qui rend le film difficilement accessible à tout le monde, ajouté à cela un vocabulaire spécifique et d’époque. Au final, bien que très intéressée par la psychiatrie sous toutes ces formes, je regrette que le film ne décolle davantage, laissant alors place à un panel de très longs dialogues, pouvant parfois être ennuyeux. À l’image d’un iceberg, David Cronenberg réalise un film tout en finesse, où la partie cachée est de loin la plus délectable.

Contexte: Au début du XXe siècle, un jeune femme de 19 ans, Sabrina Spielrein se fait interner à la clinique psychiatrique de Burghölzli en Suisse pour hystérie. Elle y rencontre Carl Jung, son médecin, son précepteur et son amant. Parallèlement, Carl Jung rédige un ouvrage qui enthousiasme le très célèbre Sigmund Freud, désireux alors d’établir un relation plus soutenu avec lui. Au fil du temps, alors que Sabrina Spielrein fait sa médecine pour exercer la psychanalyse qui l’a aidé, Carl Jung et Sigmund Freud se divisent par opposition d’idées. Tandis qu’il était encore étudiant à l’université de Toronto, David Cronenberg émettait déjà le désir d’adapter cette histoire au cinéma. Il n’a pourtant pas souhaité faire un film historique sur les deux hommes, et c’est en incluant Sabrina Spielrein dans le scénario qu’il se décida enfin.

Séquence dispensable: la scène entre Freud et Jung sur le paquebot.

Séquence indispensable: le séjour de Sabrina Spielrein dans l’hôpital psychiatrique, les scènes de domination sexuelle.

Les acteurs qui auraient pu jouer : Vouant une grande admiration -peut-être à tort- pour Keira Knigthley dans ses rôles victoriens il est impossible pour moi d’envisager une autre actrice. Néanmoins dans le rôle de Carl Jung on aurait pu voir Ryan Gosling, Leonardo DiCaprio, Matthew MacFayden ou encore Johnny Depp qui ont tous tenu, au moins une fois, un rôle d’époque remarquable.

Réplique à retenir: « I want you to punish me » Sabrina Spielrein.

Il faudrait conseiller ce film à : ceux qui persistent à croire que Keira Knigthley est une mauvaise actrice.

Morale: Le sexe, c’est le mal!

Ce qu’en diront les autres : « Keira Knightley n’a aucun talent pour le cinéma, ni même Viggo Mortensen, Croneneberg est un mauvais réalisateur, par extension personne ne sait jouer la comédie à part Omar Sy. » ou bien « excellente performance d’un trio d’acteurs exemplaires sous la houlette d’un cinéaste qui prend des risques. »

Suite logique : Pour les érudits se plonger dans L’Interprétations des rêves de Sigmund Freud, ou dans « A History of Violence » de David Cronenberg. Pour les autres, un doliprane et au lit.

Pourcentages: 76%

Avis du conseil: En délaissant un temps la violence physique et l’hémoglobine, David, tu nous transportes au-delà de la psychanalyse, réalisant un film intéressant, matûre et profond.


 crédit photo: lesechosducinema.fr

Article rédigé par Magalie Laur

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