TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESEn Aparté avec… Benjamin Lévine

Dans le cadre du dossier couchsufing, l’équipe Aparté.com en a profité pour rencontrer l’ambassadeur toulousain de cette discipline de voyageur. Portrait.

Benjamin Lévine était prédestiné à devenir globe trotter. Né aux Etats-Unis, il a travaillé au Japon en tant que chercheur et a finalement décidé de s’installer en France. Trois pays pour un seul homme. A 40 ans, il est enseignant en physique-chimie, après avoir renoncé à sa carrière dans le monde de la recherche où l’ambiance désabusée l’a rebuté. Mais ce n’est pas à sa carrière qu’Aparté s’est intéressé, mais plutôt à son rôle d’ambassadeur toulousain du couchsurfing.

Qu’est-ce que le couchsurfing ? Selon Wikipédia, il s’agit d’une entreprise dont l’objet social est d’assurer un service d’hébergement de personnes en ligne. Plus clairement, le couchsurfing c’est le fait d’aller dormir chez des gens lorsqu’on voyage. L’ensemble de ces accueils gratuits est répertorié sur le site couchsufing.com. Celui-ci, lancé en 2004, fonctionne sur la base de parrainages, de profils, d’évaluations. Véritable phénomène, il a transformé la manière de voyager de nombreuses personnes, désireuses d’allier économies et chaleur humaine.

Lorsqu’on demande à Benjamin ce qu’il en est, le terme d’échange apparaît. Selon lui,  « on ne peut pas considérer que quelqu’un vous reçoive chez lui, vous donne des draps propres et souvent vous nourrisse totalement gratuitement, simplement par bonté d’âme. » La personne recherche souvent l’enrichissement, la rencontre. Entrent en jeu beaucoup d’énergie, et de savoir-vivre. Pour lui, le CS est une activité certes non-marchande mais pour laquelle il a eu « le plus de récompenses, d’aventures et qui a véritablement changé [sa] vie ». Inscrit sur le site depuis juin 2007, il a rapidement hébergé des dizaines de personnes. Depuis, il voyage sans se préoccuper des hôtels, de ce qu’il faut voir. Il fait toujours confiance à ses hôtes et n’a jamais été déçu. Il explique même qu’il y a beaucoup de villes où il n’a visité quasiment aucun monument ni musée mais dans lesquelles se sont accumulés des souvenirs formidables. En tant qu’invité en tout cas.

Qu’en est-il de ses expériences en tant qu’hôte ? « Chez moi, en hébergeant des gens souvent exceptionnels, j’ai aussi vécu de fabuleux moments. » Dans les deux cas, lorsqu’il voyage ou héberge, il n’attend rien de moins que la surprise, la découverte et l’altérité. « J’ai déjà hébergé des gens complètement sans intérêt – qui ne parlaient pas, n’avaient rien à dire ou bien dont la passion principale était de regarder la télévision en ligne – mais si je devais chiffrer je dirais que ce nombre n’excède pas les 1% » Un chiffre faible donc. « J’ai rencontré des gens d’une générosité rare, j’ai dormi dans des couloirs, dans des cuisines par exemple, chez des gens qui vivaient en couple dans un T1 et c’était formidable ». Il déplore cependant le fait que certains ne se servent du site que pour leur « backpacking trip to Europe » et ne reconnectent plus une fois rentrés à la maison.

Comment est-il devenu ambassadeur ? En accueillant un couchsurfer justement, à l’époque Administrateur du site, qui lui suggéra de faire une demande pour devenir ambassadeur. Son rôle consiste surtout à organiser des événements localement : des rencontres régulières dans un bar, et quelquefois des événements plus grands et pouvant impliquer plus de cent personnes venant de l’Europe entière. Aujourd’hui, il envisage très sérieusement de démissionner. Pourquoi ? Car le site a récemment obtenu le statut de B-Corporation, sur décision de son fondateur Casey Fenton. Jusqu’ici, il s’agissait d’un organisme à but non lucratif. Avec ce statut, l’entreprise CouchSurfing devient une société commerciale selon le droit américain : cela permettrait « une fiscalité plus avantageuse, sans pour autant réformer l’esprit de l’organisation« .

Cela scandalise plus que quelques membres isolés. Benjamin déclare alors que  » ce site à été surtout le fruit du travail de volontaires et certainement pas uniquement de son fondateur Casey Fenton. Il est question dans un futur plus ou moins proche de faire une introduction en bourse. Un comble pour un site dont la richesse essentielle a été construite par le volontariat. » Vu le changement de structure, il semble évident que CS doit générer un revenu. Générer un revenu avec un site basé sur la générosité et l’échange est plutôt surprenant. « Avant, rien n’était exigé de personne. On pouvait héberger, être hébergé ou bien simplement rencontrer des gens. Le site par contre, et de façon dérangeante, utilisait le fait qu’une donation permettait d’en augmenter la sécurité« . Il souligne également le fait que même si une majorité d’utilisateurs sont situés en Europe, les dirigeants eux, sont quasi exclusivement des américains. Il y a donc des incompréhensions. Globalement, CS a pris une tournure manageriale de type US-corporate, ce qui est devenu plutot dérangeant pour beaucoup de membres qui ne se reconnaissent pas dans ce type de communication.

Malgré les difficultés actuelles, il reste très reconnaissant envers le site et tout ce qu’il a pu lui apporter. Il explique alors que cette aventure lui aura permis de rencontrer des gens qu’il n’aurait sans doute jamais croisé, à moins de vivre plusieurs vies.

Article rédigé par La rédaction Aparté.com

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