TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESMAXI / Asian Porn Stars « Not the Easiest Way to Think About Big Bang »

Titre : Not the Easiest Way to Think About Big Bang
Groupe : Asian Porn Stars
Année de sortie : 2011
Pays : France

L’album en un tweet : « On a besoin de personne pour faire de la pop qui danse, ici. »

Commentaires. Lourde tache que de vous parler du premier effort « concret » des bien-de-chez-nous Asian Porn Stars. « Concret » car ces trois titres accompagnés d’autant de remixes ne représentent pas les premiers pas de la formation, qui bosse depuis maintenant quelques années dans le but de pondre ceci. Oui, lourde tache car premièrement, c’est toujours délicat de parler des tout débuts d’un groupe qui fait un effort artistique certain (et sans prétention aucune, je pense être bien placé pour le savoir) ; à cela s’ajoute l’amitié que nous entretenons, qui retire toute éventuelle objectivité à mon avis. Mais passons, comme je viens bêtement de l’écrire, il s’agira principalement de mon avis, pour ce qu’il vaut. J’ai au moins le mérite d’avoir écouté ce disque sans aucun a priori sur leur musique, dans la mesure où je ne la connaissais quasiment pas. Seul mon confrère Robin m’avait montré à l’époque la très réussie Unquiet Boys, lors d’une soirée bien trop arrosée où nous avions joué torses nus avec des raquettes de tennis en guise de guitares… mais je m’égare. Revenons à la setlist savamment dosée par le quatuor montalbano-toloso-rennais. Une setlist en forme de patchwork de pop contemporaine de très bon goût, aux croisements de Justice, des tubes dance des années 2000 qui ont bercé notre (et leur) enfance (la fameuse Unquiet Boys vous rappellera le bonhomme dégueulasse de Starlight des Superman Lovers) et de la pop fluo et mélodique de MGMT. Hélas, l’écueil que l’on pourrait trouver à refaire sur les trois pistes principales résiderait également dans ce mélange d’influences, peut-être un poil trop criard, tape-à-l’œil, manquant d’une patte encore trop peu affirmée (Ab Ovo Disco, au titre un peu opportuniste, dont le « disco-disco !! » rappelle inévitablement un fameux passage de Let There Be Lite sur le live de Justice enregistré à San Francisco, édité sous le nom d’A Cross the Universe). Cela dit, je me dois de tempérer mon jugement au demeurant dur et un peu facile : ce que je peux confirmer avec certitude, c’est que malgré les évidences dancefloor de cet EP, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un 6 titres extrêmement bien foutu, entraînant, coloré, qui transpire la motivation infaillible de quatres boys qui commencent ici avec brio, et qui méritent autant – si ce n’est plus, d’attention que la majorité des sacro-saints groupes anglo-saxons dont on nous rabâche les oreilles sans cesse. Pied-de-nez ultime : leur joli accent français sur leurs compos… en anglais bien sûr.

Contexte. En activité depuis 2009, nos bien-aimés Léo Demeslay, Thomas Beilles, Ulysse Gout-Tournadre et Pierre-Jean Cassan sont enfin parvenus à leurs fins en proposant un premier CD original dans sa forme, puisque aux trois pistes sélectionnées s’ajoutent leurs remixes respectifs, de très bonne facture eux aussi. C’est pour quand l’album les gars ?

Instant dispensable.  Scanty Woofing, sans être un mauvais morceau (loin de là), ne se retient pas aussi facilement que ses deux comparses.
Instant indispensable. Bon en fait, le «disco-disco !!» d’Ab Ovo Disco restera gravé dans votre tête pendant des siècles. Avec une instru aussi sautillante derrière, c’est terminé.

Rider :
– Lieu : une bonne soirée avec ce qu’il faut de monde, histoire de placer «Hey je connais ces mecs !» Vous serez gagnants, que vous les connaissiez intimement, ou que ce soit uniquement pour placer «C’est Asian Porn Stars, ils sont d’ici !»
– Météo : de nuit. Ou mieux : foutez-vous dans le contexte de panique d’Unquiet Boys, et enfermez-vous dehors, avec le temps froid actuel.
– Mood : une fille à chaque bras en train de se trémousser, elle ne pourra qu’être bonne, croyez-moi.
– Boisson : avec les soirées peuplées, vous avez l’embarras alcoolisé du choix.

Ce qu’en diront les autres : Justement, ce serait justice que d’autres que nous en parlent.

Avis du conseil : Des débuts encourageants, mais attention à la copie du voisin à l’avenir.

Suite logique. L’album, putain !

Pourcentage : 65%

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En concert au Festival ICAM le 5 février prochain.
Artwork: Pauline Henric

Article rédigé par Matthias Haghcheno

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