TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESMachisme ordinaire ou le pouvoir comme aphrodisiaque

Au pays d’Olympe de Gouges, les grandes dames se coincent le clitoris dans le chignon avant de monter à la tribune. Mais c’est pour mieux s’en servir, mon enfant.

« Je ne suis pas une potiche ». Danielle Mitterrand avait prévenu qu’elle ne se laisserait pas salir le mocassin sous prétexte d’un déménagement précipité rue du Faubourg Saint-Honoré. Raté : son cocufiage malencontreux et un enfant dans le dos avaient déjà offert aux médias une bonne raison de le faire. Mais elle s’en fout, Mazarine ou pas, le mobilier était cool et elle a eu droit à un bureau, elle est restée. On ne s’en va pas comme ça quand on est femme de Président, ni même quand on est femme de politique tout court. On en a tellement dit sur elles : qu’elles n’étaient mues que par l’opportunisme, l’attrait du pouvoir, la position. On les a traitées de frigides, de cocues, de perverses. Trop belles, trop connes, trop guindées. Toujours victimes. Victimes de tous ces mâles en manque perpétuel de domination.

 Olympe de Gouges, nouvelle version : « La femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit avoir également le droit de [se faire] monter à la Tribune ».

Les rapports entre pouvoir et sexe chez l’espèce mâle ont été tellement de fois analysés qu’ils en sont devenus proverbiaux et chiants. Mussolini, Mao, Mitterrand, Clinton, Berlusconi, une belle bande de phallus à force propulsive qui pue le droit de cuissage poussiéreux. Même Raymond Barre, c’est dire à quel point le trait de caractère est devenu automatique et non plus raisonné. Récemment, le théorème 2806 dit théorème du Sofitel est venu homologuer l’hypothèse selon laquelle l’homme muni de pouvoir politique (mais ça doit marcher pour tous les autres trucs en –ique, j’imagine. A part peut-être œcuménique, bien que) est nécessairement polygame et dégoûtant. Hypothèse déjà largement corroborée par Berlusconi et ses vierges à sacrifier, Moshé Katzav le violeur, Jacob Zuma le partageur de Sida et autres sodomites populaires…

@liberation.fr
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Et je me demande si ce qui a été dit et écrit à propos des femmes souveraines, ou aujourd’hui élues n’est pas pire. Le pouvoir est pour les mâles un moyen d’accéder au sexe en libre service, le sexe est le moyen pour les femmes d’accéder au pouvoir. L’homme fidèle est une couille molle, la femme fidèle est crédible. On peut s’exaspérer ensemble, ça fera des vacances à Isabelle Alonso. Parce que n’empêche que c’est fatigant : de la Reine Margot à Rachida Dati, de Marie Stuart à l’adepte des surprises-partouze Nadine Morano (qui a, je vous l’accorde, une très forte propension à tendre le tronc pour se faire battre), la femme parvenue en politique n’est qu’une putain luxurieuse, passée sous nombre de bedonnants en cravate pour un Secrétariat d’Etat. Et c’est Roselyne Bachelot qui le dit, dans Sexus Politicus (ouvragus recommandus de Deloire et Dubois) : « Les femmes politiques doivent mener une vie de religieuse, quasi-cloîtrée. Elles savent qu’une vie amoureuse un peu libre serait utilisée par leurs adversaires ». On ne perd pas de temps à se questionner quant au sexe desdits adversaires, on se dépêche seulement de s’acheter un coupe-couille à piles et de se l’attacher en bandoulière pour aller dire bonjour à l’Assemblée Nationale.

 

 La fesse cachée de la ménagère 

Femmes, si vous voulez faire de la politique, soyez des boudins ou épousez-là. Et encore, je ne suis pas sûre que la deuxième solution vous fasse passer des nuits tranquilles. Vous pouvez toujours être soupçonnée d’eugénisme primaire ou passer pour une quiche en manque d’importance. Partager la couche royale n’a jamais été de tout repos et mieux vaut avoir dans ces cas-là un goût prononcé pour l’humiliation répétée. Mais qu’elles soient premières dames ou petites épouses, belles ou rebelles, nunuches ou novatrices, permanentées ou brushinguées, de droite, de gauche, de rien du tout, ces femmes exposées, surexposées, ont toutes assumé leur fonction en portant avec elles leur féminité, qui est aussi un peu la nôtre.

 

@mars distribution

 

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Article rédigé par La rédaction Aparté.com

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