TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESL’universalité de Tintin

©TechTV101

TINTIN RULES THE WORLD

1981, la presse encense Les Aventuriers de l’Arche Perdue, premier opus d’Indiana Jones réalisé par Steven Spielberg. De la même manière, la presse européenne fait un lien évident entre ce film d’aventure grand public, candide et intemporel, et le jeune reporter belge Tintin, inventé par Hergé, 50 ans auparavant. Et pourtant : les BD étaient restées parfaitement inconnues au réalisateur d’E.T. jusqu’à présent. Il en commande l’intégralité, et en VO s’il vous plaît – en français donc. Et pour cause : il n’aura même pas besoin de comprendre ce qui était écrit dans les bulles pour saisir la trame, rire des situations, des personnages.

L’universalité de Tintin, qui n’était déjà plus à prouver, est en train de séduire un des plus grands réalisateurs américains de son époque. Avec cet axe de lecture simple, direct, naïf malgré des points de vue décriés mais à remettre dans leur contexte, les aventures de Tintin sont lisibles, de 7 à 77 ans. Et la comparaison avec le cinéma grand spectacle et populaire de Spielberg ne fait aucun doute : des personnages iconiques, un contexte d’un manichéisme qui prête à sourire, une narration fluide et simple qui n’hésite pas à sacrifier le peu de crédibilité que n’importe quel autre genre est susceptible de laisser (Indiana Jones est un archéologue qui sauve la planète, Tintin un reporter belge qui pilote des avions)… En effet, les grandes lignes sont les mêmes, la corrélation est évidente. 1983, Steevy rafle tous les droits cinématographiques du journaliste du Petit Vingtième.

« Spielberg aura eu la lourde tâche d’apposer un visage sur Tintin, cet être assexué, sans âge, dont la chétivité n’égale que son intelligence et sa force »

UNE FIERTÉ EUROPÉENNE

Dans les carcans stricts d’Hollywood, une BD vient de convaincre un réalisateur de blockbusters à la chaîne. Pas un comic, non, mais une bonne vieille bande-dessinée européenne. Remis au goût du jour grâce à une technique révolutionnaire (issue des studios WETA, responsables des effets spéciaux d’Avatar), Spielberg aura eu la lourde tâche d’apposer un visage sur Tintin, cet être assexué, sans âge, dont la chétivité n’égale que son intelligence et sa force – rappelez-vous qu’il assomme la plupart de ses adversaires en un coup de poing.

Et si l’on ne peut s’empêcher de se dire que nous aussi, nous pouvons faire plier les géants du divertissement avec des œuvres bien de chez nous, on constate avec des yeux d’enfants et la nostalgie d’adultes que c’est grâce à cette simplicité géniale, à cette innocence d’une narration libre de toute contrainte, de toute tranche de lecteurs prédéfinie (innocence qu’a peut-être perdu le comic américain), que M. Spielberg a tout simplement et le plus légitimement du monde voulu revenir à ses premières années, lorsqu’on tombe sur un grand livre un peu poussiéreux au fond d’une armoire, et qu’on s’y plonge sans retenue, assis en tailleur au milieu du couloir de chez papa et maman.

Le dossier sur Tintin continue en cliquant sur ce lien plein de surprises.

Article rédigé par Matthias Haghcheno

(A)parté pas si vite !

Aux Jardins Synthétiques : écrans, techno sombre, et le « demi-Dieu » Vatican Shadow

Cela fait maintenant 5 ans que le festival des Jardins Synthétiques investit le musée Saint Raymond …