TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESL’autre fois…j’ai passé une nuit avec La Femme

La Femme n’aurait pu tomber entre de meilleures mains avec Aparté. Matthias & Mathis, plus habitués  à les employer sur leurs articles, en feront cette nuit-là bon usage afin de ramener les surfeurs biarrots à bon port. Récit d’une nuit  de toutes les conjonctions, entre Toulouse ET Biarritz, entre endurance OU fatigue,  SOIT au volant SOIT passager ; parenthèse temporelle pendant laquelle La Femme se fera moins farouche, et nous laissera quelque peu entrevoir sa vraie nature

 

Alors que les derniers spectateurs affichent les stigmates d’un concert manifestement agité et s’apprêtent à quitter La Dynamo,  que le sol houblonné fait grincer les dernières paires de sneakers, c’est le moment précis où nous nous acheminons vers ce qui n’est pour l’heure qu’une simple formalité,  un voyage nocturne avec plusieurs spécimens de musiciens venant d’achever leur prestation scénique. Dernier désir féminin : une spécialité culinaire toulousaine calme l’ardeur des estomacs. Nous voilà déjà entassés dans un minibus, lequel servira, le temps  d’une nuit, à la fois de bar, de fumoir, de lit, et accessoirement de moyen de locomotion.

2h00. Dernières poignées de mains chaleureuses, embrassades et promesses en tout genre.
Les corps se relâchent et les esprits se font plus aériens. Toulouse s’éloigne dans la pénombre, seulement une poignée d’heures pour deux d’entre nous.

Je suis maintenant au volant, Matthias côté passager, nos acolytes placés à l’arrière.Le bassiste me propose une cigarette que j’accepte volontiers. La décharge de nicotine accélère mon rythme cardiaque, et rive mes orbites sur l’asphalte qui défile. Je décroche un large sourire.  L’ambiance est bon enfant, en témoigne les jeux de mots sur Aparté transformé en « bande à part ». J’en profite pour interpeller un des membres du groupe sur leur étymologie mystérieuse.

Pourquoi La Femme ? 
Le bassiste commence une tentative d’explication tout en restant évasif. Les membres du groupe ont vécu leurs jeunes années à Biarritz. Ils partagent une passion commune pour la musique, le surf et les filles. C’est en partie à cause, ou grâce, à la gent féminine que le groupe se pare de cette dénomination. La présence d’une chanteuse vient parachever le raisonnement.

Matthias me tire régulièrement de mon état hypnotique causé par la monotonie de l’autoroute, de surcroît de nuit. Grande responsabilité que de gérer en parallèle l’itinéraire, l’interaction avec nos hôtes et la sélection musicale.

Derrière, ça commence à sentir la beuh. Ou alors, c’est qu’on ne la perçoit que maintenant. Tandis que leur claviériste américain prononce un charabia que je regrette de ne pas avoir compris – il fallait ajouter à l’anglais de base, un accent américain très prononcé et un état d’ébriété assez élevé -, le sympathique bassiste qui nous accordait une petite interview en aparté quelques minutes auparavant, me demande mon iPhone, alors relié au poste : les autres membres sortent de leur état léthargique pour y jeter un œil. « The End » des Doors finit de plonger le van dans une douce ambiance, sombre et pourtant bon enfant, à l’image du groupe qu’on avait pu observer quelques heures avant, touchant de sincérité avec des textes fins, connotés et acerbes.

Le reste du voyage sera calme, long, le trajet ayant fini d’achever notre petite bande. Du coup avec Mathis, peut-être dans le secret espoir de les faire réagir, on se passe l’album Substance de Joy Division d’un trait d’un seul. Ça ne manque pas de réveiller le bassiste et le guitariste, qui nous montrent leur gratitude par de grands gestes de bras et un gros «YEEEES» général, franchouillard comme il le faut. L’horloge numérique martèle les 5:00. Les extrémités de mes doigts sont désormais gelées. Je ne pourrais dire lequel de moi ou du volant s’accroche le plus à l’autre. Je reçois les dernières instructions d’une voix pâteuse, signe d’une nuit bien courte. Il fait froid. Derniers adieux,  accolades et main levées en guise d’adieu. On nous remercie et nous paye en petite tête d’herbe bien fraîche. Enfin en tout cas elle sentait bon, j’ai perdu ma part…

« Les traversins sont écrasés. Les amoureux sont fatigués. Il est 5 heures, Biarritz s’éveille»

La fatigue se fait sentir, les yeux se ferment. Arrêts impératifs personnels et pauses sandwiches. Je me repose à l’arrière, tandis que Matthias veut aller en cours et accélère le pas. J’ouvre les yeux, le voilà qui slalome entre les voitures. Je n’ai plus la force d’avoir peur. Bientôt 8h00 ? Vais-je louper mon test  d’Anglais ? Je le peux, j’argumenterai  que j’ai passé ma plus belle nuit. Arrivé à ce foutu cours, je ressemble à un zombie, le temps de prendre un troisième café. En transe.

Cette anecdote vous a plu ? Envie de cultiver votre amour pour La Femme ?
« La Femme 2012 » second EP visionnaire est d’ores et déjà disponible sur tous les bons canaux digitaux.
Et si l’obsession se fait plus pressante : La Femme jouera Lundi 7 Novembre au Bikini dans le cadre du festival des Inrocks. Plus d’infos ici.

Crédits photographiques :
Les meufs de TEA Zine qu’on aime bien.

Article rédigé par La rédaction Aparté.com

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