TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESL’Amérique latine dans la tête… #5 – Sur la tombe de Gardel.

Buenos Aires, un vendredi comme les autres. Je me rends au cimetière de la Chacarita. C’est le plus grand cimetière d’Argentine au Nord-Ouest de la ville où reposent de nombreux artistes ou personnalités. Une sorte de Père-Lachaise buenarense. Mais si ce cimetière reste célèbre, c’est notamment pour un homme : Carlos Gardel. Retour dans le temps auprès du tanguero franco-argentin le plus célèbre.

 

Depuis mon arrivée à Buenos Aires, je n’avais qu’une idée en tête: trouver la fameuse tombe de Gardel. Enterré au sein du plus grand cimetière d’Argentine, il m’a donc fallu attendre quatre mois pour pouvoir enfin me décider à entreprendre la visite. Après 30 minutes de métro sur la ligne B dite Carlos Gardel dont une des stations porte le même nom, me voilà devant une entrée somptueuse. Mais encore fallait-il chercher le tombeau perdu au milieu d’innombrables allées. La tradition veut qu’une cigarette se consume en permanence au creux des doigts de la statue à son effigie qui orne le caveau. Or, ce jour-là seul un bouquet était déposé au creux de son bras en signe de souvenir.

Mais qui est donc cet illustre personnage?

Carlos Gardel ou « el Zorzal », c’est d’abord le trait d’union – avec Saint-Exupéry – entre Toulouse et Buenos Aires. D’ailleurs, mieux vaut répondre par l’affirmative, chers toulousains, si  un argentin vous demande si vous connaissez Gardel. En effet, selon la version officielle – mais controversée -, il  serait né à Toulouse  en 1890. A l’inverse selon les uruguayens , il serait  né à Montevideo en 1887. Au final, malgré les sempiternels débats sur sa nationalité, il se définira lui-même comme argentin. Le débat sur son origine reste tout de même marginal  à côté de la vie de l’homme. Il a fait du tango sa vie et le transformera pour en faire autre chose qu’une  vulgaire danse de bordel. Aujourd’hui, le mythe associe Carlos Gardel au mot « tango », comme deux synonymes. En réalité, la simple équation Gardel=Tango suffit à démontrer le mythe.

Des années 1920 aux années 1930, ses chansons feront le tour du monde comme « Mi Buenos Aires querido » ou « Por una cabeza ». Son aura mondiale donnera à l’Argentine un de ses premiers grands artistes internationalement reconnus. Viendront J.-L. Borges et J. Cortazar par la suite. Sa dernière tournée sud-américaine, au sommet de sa gloire lui sera fatale. Il disparaîtra dans un accident d’avion en juin 1935 en se rendant dans la ville colombienne de Medellin. Son corps transféré par bateau, il sera enterré à la Chacarita. Depuis lors, sa tombe n’en fini pas de recevoir des plaques commémoratives des quatre coins du monde. Un  admirateur japonais se rend d’ailleurs tous les 10 ans (les années en 5) sur la tombe de l’artiste pour y laisser quelques mots.

En 2011, le mythe perdure, loin de disparaître. Les milongas – cafés ou bars où se danse le tango – ne désemplissent pas. Sa tombe ne présente aucune trace d’abandon. Les argentins sont toujours aussi fanatiques de tango. Comme chant et danse, il est classé au registre du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de L’UNESCO pour l’Argentine et l’Uruguay.

Décidement Charles Gardes est toujours vivant, d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique.

Série photographique par Florian Bardou, dans la Chacarita:


 

 

 

 

 

 

 

 

Article rédigé par Florian Bardou

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