TEMPS DE LECTURE : 6 MINUTESFESTIVAL / Personal Fest’ 2011 (Argentine)

Cet article a été publié il y a 11 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Depuis 7 ans déjà, Buenos Aires a son festival Pop-Rock. Le Personal fest’ aux ambitions internationales ayant pour objectif d’attirer un large public et de nombreux artistes sur un continent novice en matière de festivals. Pour la 7e édition, la programmation est ambitieuse et digne d’un bon festival européen. Retour sur une soirée pluvieuse et détonante, riche en surprises.

Au départ, l’idée était simple : assister à un bon festival de rock comme on en a par chez nous dès les beaux jours. La place pour les Strokes  en poche depuis déjà deux mois,  je m’en allais tout fièrement sous la pluie de ce 4 novembre en direction du complexe sportif aménagé pour l’occasion. Premier constat donc : la pluie m’accompagnera dans ce qui devait être une orgie auditive. 17h48, j’arrive au Geba, complexe où se déroule le Personal fest’. La pluie a cessé, mais les nuages se font menaçant. Déjà le monde afflue, les premiers sons de basse se font entendre au loin. Les vendeurs de ponchos en plastique à la sauvette se font un sacré pécule. La moyenne d’age à l’entrée est proche des 22 ans, un festival très jeune donc. Les premières vapeurs festivalières se font sentir, on se sent à la maison.

A 18h18, je me décide à entrer. Après de brefs mais définitifs adieux à mon parapluie, nous arrivons pour Toro y moi déjà aux platines sur la scène secondaire Motorola. C’est une petite formation électro-pop de Caroline du Sud (USA) aux sons plutôt sympathiques et entraînants. Formés depuis 2001 autour de Chaz Bundick, ils semblent promis à un avenir musical assez radieux. Le public est au rendez-vous, la fraîcheur du set est bienvenue par un temps lourd et orageux. Les deux scènes disposées côte à côte permettent d’enchaîner les concerts, retransmis par 4 écrans géants, deux sur chaque scène.

Dès 18h53, les White Lies entrent en scène sous les acclamations d’un public enjoué. C’est le premier groupe vraiment attendu ce vendredi soir et ils sont plutôt à la hauteur. Pour ma part, je connaissais très peu, mais le set offert très rock m’a enthousiasmé. Le son est déjà plus lourd, mais prend des accents pop voire dance. Evidemment, nous attendons sous des trombes d’eau leur hit « Bigger than us« . 19h15, ils sont accompagnés par un orage corsé, les éclairs s’ajoutant au spectacle et suggérant le grain de folie d’un public trempé jusqu’à l’os. Nous partageons un parapluie illégal à quatre. 19h44, pluie, pluie, de la pluie et des ponchos bleus, jaunes ou rouges apparaissent à foison dans le public.

20h45, après une bonne prestation des Broken Social Scene, la bande des sept canadiennes formée depuis 2002 dans l’ombre d’Arcade Fire, le très attendu duo électro/expériemental/trip-hop Goldfrapp prend la relève sous un ciel maintenant dégagé. Le set proposé met du temps avant d’enflammer la foule qui n’attend qu’une étincelle électronisante pour se mettre à bouger. Les bons titres arrivent à la moitié du show plus ou moins coup sur coup alliant les morceaux récents tels que « Rocket », aux déjà plus anciens comme « Happiness » ou « Strict Machine ». Le réveil est assez brutal, mais au final, fait beaucoup de bien à nos petites oreilles non rassasiées. Alison Goldfrapp, dans un autre univers ce soir-là, nous offre une chorégraphie minimaliste, mais envoûtante à l’image des écrans qui diffusent des images alliant porno rétro et tunnels de métro.

Nous nous faufilons avant la fin du concert pour nous rapprocher de la scène secondaire où doit se présenter Beady Eye, la nouvelle formation de Liam Gallagher, en pleine tournée pour son premier album. 21h55, ils sont plus qu’à l’heure, ce qui est très étonnant de la part d’un Gallagher. Nous restons en retrait, du monde étant déjà amassé, pour pouvoir par la suite être au plus près de la scène où joueront les Strokes. Le bilan Beady Eye de cette soirée reste décevant. L’entrée est molle, le set est ennuyeux, sans réel entrain. Une copie d’Oasis en beaucoup moins euphorisant. Seul leur titre phare « The Roller« , m’aura au moins effleuré ce soir.

En ce qui me concerne, je reste sur une grande faim pour aborder The Strokes, la tête d’affiche de cette soirée. 23h15, Julian Casablancas suivi d’Albert Hammond Junior font leur entrée sur scène à l’heure prévue, à la seconde près. Quelques mots en espagnol pour satisfaire un public porteño qui accueille pour la première fois la quartette new-yorkaise. Casablancas n’arrêtera pas de complimenter le public en majorité argentin pour sa chaleur et son enthousiasme. Le set d’1h20 reste très ancré sur les deux premiers albums Is This it et Room on Fire avec des incursions dans leur quatrième et tout dernier Angles. Grand amateur du dernier opus, j’ai quelques regrets à ne pas pouvoir écouter en live des titres comme « Life is Simple in the Moonlight » ou « Games« . Cependant, ce live reste excellent, et « Reptilia » ou « What ever happened » donnent quelques frissons à un public décidément un peu sage ce soir là. Le rappel sera court mais efficace. Nous quittons les lieux emportés par une marée humaine décidée à sortir au plus vite pour attraper le premier taxi qui passera à la sortie du festival. Bilan: quelques bleus, des vêtements trempés, mais plutôt satisfait.

Les 3 – du festival:

1. Un public coupé en deux espaces : un espace VIP et un espace « prolétaire », ce qui aura cassé l’ambiance et la participation du public de seconde zone éloigné de la scène et de ses compagnons d’un soir par un trou béant d’une dizaine de mètres.

2. L’absence d’alcool, et surtout de bière qui n’était pas en vente ce soir dans l’enceinte du festival pour éviter tout débordement. Grosse erreur selon moi de l’organisation qui a étouffé la bonne humeur des festivaliers.

3. La propagande Personal, compagnie de téléphonie mobile argentine, très présente sur le festival – qui porte d’ailleurs son nom.

Les 3 + du festival:

1. La bonne humeur du public argentin, parfois un peu trop bon public mais très enthousiaste tout au long de la soirée.

2. Le concert des Strokes ou des petites formations à la hauteur ce soir-là.

3. La sécurité des lieux et la réussite du festival, dans un environnement porteño qui peut créer des problèmes en marge de ce genre d’évènement.

Cet article a été publié il y a 11 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Florian Bardou

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