TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESEn aparté avec… Asian Porn Stars

A l’occasion de leur concert donné lors de la soirée de lancement d’IF Mag, les Asian Porn Stars se sont confiés à Aparté. Une semaine avant la sortie de leur premier single, découvrez ce groupe à travers un portrait remuant.

C’est une histoire d’amitié, d’alcool, de câbles mais surtout de musique. L’aventure commence en 2008 avec le projet solo de Léo, baptisé Asian Porn Star, où ce dernier s’amuse à bidouiller des sons entraînants sur son macbook. Il sera rejoint par François à la batterie, qu’il connait depuis la maternelle (l’idée de monter un groupe électro date d’ailleurs de cette époque, précurseurs qu’ils sont). Puis Thomas à la basse, et enfin Pierre-Jean au synthétiseur. D’un homme et un ordinateur, le projet est passé à quatre membres, et autant d’énergie en plus. D’une seule star du porno asiatique, ils sont passés à quatre, d’où le rajout d’un « s » pour devenir les Asian Porn Stars. La formation fut presque complète en février 2011 (PJ ayant commencé à jouer avec eux en juillet), et se produisit pour la première fois à l’occasion du Laboratoire de Dynamik. De ce premier concert, je me souviens surtout de l’énergie qui se dégageait de leur son : j’étais frappée de voir à quel point le live apportait une puissance à ce qu’on appelle gentiment la musique électronique.

Comment passe-t-on de un à quatre ? Comment fonctionne-t-on alors que le groupe vit divisé entre Toulouse et Rennes la plus grande partie de l’année ? Les choses se sont faites d’elles-même, François jouant déjà avec Léo au sein des Superets; Thomas rejoignant le groupe en février 2011 et Pierre-Jean – ayant un peu trop bu – s’étant lancé dans l’aventure après un concert qui lui avait apparemment beaucoup plu. Pas vraiment de calculs, plutôt des envies. Le groupe fonctionne beaucoup à l’envie, à l’amusement, sans vraiment avoir peur des multiples problèmes qui peuvent se produire. Thomas et Pierre-Jean vivent à Toulouse, alors que Léo et François sont à Rennes; premier problème : la composition. Deuxième problème : les répétitions. Troisième problème : les câbles. Pour ce qui est de composer, Pierre Jean explique que « chacun compose plus ou moins dans son coin, aidé de son ordinateur; et profite d’Internet pour faire écouter aux autres ses idées. » La technologie étant en quelque sorte le cinquième membre, grâce à qui leur éloignement est plus une stimulation qu’un problème. Les répétitions se font au jour le jour, avec parfois quelques problèmes de câbles donc.

Lors de notre entrevue, le groupe se préparait à enchaîner trois dates : une à Toulouse, l’autre à Paris, la dernière à Lyon. Angoissés ? « Pas vraiment, on sait qu’on va s’amuser plus qu’autre chose. On profite du fait de ne pas avoir de pression, d’engagements vis à vis d’un label ou de nombreuses personnes ». Léo tempère quand même ces propos, se souvenant de cette date de février 2011, où ils jouaient pour la première fois tous les trois. Le moment fatidique avant le premier morceau, la seconde précédant le début du set : une peur panique. Où l’on se dit que quand même, on a pas assez répété, qu’on est pas au point. Mais ils passent outre, et ça fonctionne.

Depuis quelques temps, de nombreux artistes électro se mettent au live; c’est à dire à jouer plutôt qu’à appuyer sur des boutons. Nasser, Yuksek pour ne citer qu’eux; et qui sait si la prochaine tournée de Justice ne sera pas également interprétée en live vu que l’album fut enregistré de façon quasi artisanale. Nouvelle mode ou évolution logique du concert électronique ? « On ne peut pas dire que le live est l’avenir de la musique électronique, c’est une façon de la jouer, et de la vivre ». Lorsque je demande à Léo si le fait d’être passé d’un son purement électronique à un live a modifié ou amplifié sa musique, il m’explique que « le terme d’amplifier correspond bien. Jouer en live et à plusieurs apporte une dimension plus humaine, plus de chaleur et en un sens plus d’impact. » Il ne dirait pas que cela modifie sa musique, elle ressemble toujours à ce qu’il avait en tête au début du projet.

Concernant leurs influences, difficile de les accorder. Deux courants dominent certes : le rock et l’électro. Aucun ne revendique les mêmes influences en matière de rock, il est impossible pour eux de s’accorder sur un groupe en particulier. En revanche, Soulwax les mets tous d’accord du côté de l’électro. Une grosse claque commune. Preuve s’il fallait que l’électro rassemble : à des goûts différents, un groupe s’est pourtant formé pour jouer de la musique électro. Ou du rock avec un ordinateur.

Le groupe s’apprête à sortir le 7 novembre prochain leur premier single. Baptisé Ab Ovo Disco, accompagné d’un auto-remix. On pense forcément à l’Audio Video Disco de Justice. Coïncidence ? « On s’est dit que nombreux morceaux comportaient le terme disco, et qu’on avait envie de faire le notre ». Bon Timing. Leur EP « Not The Easiest Way To Think About Big Bang » suivra d’ici la fin de l’année, et comportera 3 titres ains que 3 remixs (dont un des Juveniles, talentueux groupe récemment signé sur Kitsuné). Le soir même, quelques problèmes de câbles (encore) et d’ordinateur n’empêcheront pas les quatre garçons de profiter de leur concert à la maison, et surtout de faire remuer le public. Avec humour et rythme, ou la recette du succès selon Asian Porn Stars.

(c) Hanna El Qodavski

Article rédigé par La rédaction Aparté.com

(A)parté pas si vite !

En Aparté avec … El Gringo, (très) jeune dessinateur

Bientôt majeur, le Toulousain El Gringo publie sur son compte Instagram ses dessins axés sur …