TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESALBUM / Justice « Audio, Video, Disco »

Titre : Audio Video Disco
Groupe : Justice
Année de sortie : 2011
Pays : France

L’album en un tweet : « #etjusticepourtous »

Commentaires. J’en ai d’ores et déjà lu des vertes et des pas mûres sur le DVNenfant du duo parisien. Gardons la tête froide : une chronique ne reste qu’un avis bien formulé, articulé autour d’arguments dont la pertinence dépendra des goûts et des couleurs. Certes. Et ce billet n’en sera qu’une supplémentaire. Rédigée par un grand fan. Ok, peut-être que ça enlève pas mal de son attrait. Mais rafraîchissons-nous la mémoire : la démocratisation de l’electro râcleuse de dancefloor telle qu’on la connaît aujourd’hui depuis maintenant quatre ans et leur ✝ (à prononcer « Cross », mais vous le saviez déjà), c’est en grande partie eux. La passation de flambeau avec les Daft, c’est eux, qu’on le veuille ou non. Et plus que de parler des sonorités de ce Audio Video Disco, que les connaisseurs adorent évoquer comme « un revival rock 70’s, en pleine explosion proto avec Led Zep » et bla-bla-bla, j’aime personnellement l’idée-même de cet immense concept idéologique qu’est Justice. Sûrement le plus beau produit du très contre-hypé Ed Banger (à juste titre ? Hm…), Justice est icône, Justice est attitude (détachée, nonchalante, presque hautaine) et – bien entendu, Justice est SON. Maintenant que tout le monde constate qu’il ne s’agit pas d’un « Cross II », AVD intrigue, car plus organique, plus instrumental que jamais, moins sale. Les deux artistes avouent être des musiciens refoulés, assument leur modeste niveau en ne promettant aucun instrument physique sur scène. Au-delà des très bons titres qui jalonnent le disque (l’éponyme, flambeau pop avec 3 mots de vocabulaire ; Horsepower, face B imaginaire de leur gloire electro-rock passée ; Ohio avec des voix réussies ; Newlands, vraiment 70’s pour le coup…), jugement purement subjectif, il faut envisager AVD comme un exutoire de « faux » musiciens pleinement assumés, mais néanmoins parfaitement géniaux. Faire de la musique comme un enfant faisant des solos sur un balai, et avoir le talent nécessaire pour extraire la mélodie qui découle de son imaginaire.

Contexte. Attendu depuis tout de même 4 ans, Audio Video Disco a commencé à pointer le bout de son nez avec un premier extrait, Civilization, dans le ton mais clairement pas inoubliable. Xavier De Rosnay (le non-barbu), installé à Londres entre temps, a alors multiplié les trajets en Eurostar pour commencer à bosser sérieusement sur un nouvel opus, qu’ils voulaient d’emblée plus personnel, plus identifié à leurs goûts somme toute curieux, à base de variété française, de Jackson and His Computer Band et de Who. Le morceau-titre déboule quelques semaines avant la sortie de l’album, avec un clip subjuguant, mettant en avant leur fameuse symbolique, et annonçant leur grand retour.

Instant dispensable. L’Interlude de Canon.
Instant indispensable. L’intro d’Ohio, qui a le mérite d’être entêtante et d’avoir un je-ne-sais-quoi de touchant en plus.

Rider :
– Lieu : si vous avez un égo comme le mien, vous vous imaginerez en train d’apprendre les fondamentaux du rock à des petits enfants presque intéressés par vos dires.
– Météo : il doit flotter, histoire qu’ils aient pas envie d’aller jouer dehors.
– Mood : intraitable, sévère… et branleur à souhait. Parce que même si AVD est un joli patchwork rock contemporain, ça relève de la feignantise pure que de résumer un tel genre avec ses sous-genres à un vulgaire 11 pistes. Pfff…
– Boisson : Coca-Banga pour tout le monde !

Ce qu’en diront les autres : L’album divise après trois semaines de commercialisation. Que voulez-vous ? Entre haters, ceux qui ont été surpris, agréablement ou pas d’ailleurs, les créationnistes qui voulaient voir un « Cross II »… Bref, écoutez-le vous-même quoi.

Avis du conseil : C’est une jolie frise chronologique mon enfant. Je te mets un TB.

Suite logique. « Oh les pourris, ils ont samplé les Who… OH LES POURRIS !!! »

Pourcentage : 80%
__________________________________
En concert au Bikini le 28 janvier prochain. Bonne chance.

Article rédigé par Matthias Haghcheno

(A)parté pas si vite !

[FILM] «Délicatessen», de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet

Le confinement dure depuis plus de deux semaines. Si votre stock de rouleaux de papier …