TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESAdjugé, vendu ! # 3

Pour son troisième numéro, « Adjugé, vendu ! » a pris ses quartiers chez Primardeco qui organisait samedi dernier une vente de mobilier et d’objets d’art. Le commissaire-priseur mena sa vacation d’une main de maître offrant au public des envolées théâtrales faisant monter les enchères.

 

C’est ainsi qu’il réussit à faire apprécier à la salle une paire de serre-livres en bronze représentant des chats en vantant la délicatesse infinie de leur attitude : leur petit dos remonté, leur queue en point d’interrogation ne pouvait laisser personne de marbre. Nul doute : l’artiste en figeant les petits chatons dans cette position n’était pas loin du génie ! Ce raffinement eu tout de même un prix puisqu’il fallait débourser 600 euros pour devenir le propriétaire de ces adorables bestioles de bibliothèque.

Les enchères se poursuivirent dispersant des poupées en porcelaine dont une atteignit 5000 euros et d’autres bibelots dont une importante suite de boites en porcelaine de style Art Nouveau réalisées par Edouard-Marcel Sandoz. Celle dont le couvercle figurait un fennec endormi enroulé dans sa queue retint particulièrement l’attention d’un amateur charmé qui s’offrit l’objet pour 250 euros.

 

Les groupies des années 40 n’étaient pas en reste puisqu’était proposée à l’adjudication une collection de onze autographes dont certains sur des photos signées des mains de Tino Rossi, Luis Mariano et Lucienne Boyer et autres vedettes au teint sépia.

 

La vente continua avec une trentaine de tableaux. Une paire d’huiles sur panneau attribuée à Théodore Michau fit l’objet d’une lutte entre deux amateurs dont le grand intérêt pour ce lot évacua vite les prétentions des premiers enchérisseurs. La réflexion avant d’enchérir était de mise, plusieurs secondes s’écoulaient entre chaque mouvement de tête plongeant la salle dans un silence de circonstance. Les enchères montèrent jusqu’à 5900 euros.

 

Toutes ces émotions creusèrent l’appétit de certains au premier rang qui avaient pensé à amener leur encas. Alors qu’elle croquait dans sa pomme à pleines dents, une dame et son compagnon se virent honorer d’un très amusant « Elle mange sa pomme au premier rang ? Et Adam, ça va ? Vous êtes habillé aujourd’hui ? »

 

 

La vente continua en offrant à l’appréciation du public six portraits français du XVIII° siècle plus ou moins flatteurs adjugés entre 1500 et 2300 euros. Il ne fait pas de doute que la vue d’un gentilhomme en armure ou celle d’une jeune femme à la robe de soie bleue emporta l’esprit de quelques uns dans une rêverie passagère. Ce court instant poétique fut interrompu par un trivial « Arrêtez-vous au trognon ! » adressé par le commissaire priseur à l’Eve du premier rang, pécheresse insatiable.

 

Le clou de la vente fut sans conteste la toile de Cruz Herrera représentant une fête andalouse. Deux tableaux en un selon le commissaire-priseur. Une admirable nature morte aux fruits de mer en bas à droite cohabite avec un tableau de portraits. En effet, trois personnages sont peints : une femme fumant, les volutes de sa cigarette sortant presque de la toile, regard défiant et incendiaire ; un jeune homme que la mélancolie pousse au retrait et enfin, au centre, triomphante, une superbe andalouse, à la poitrine à demie dénudée, chevelure ébène tranchant avec le carmin des fleurs qui l’ornent. Ce morceau de poésie de fin de fête fut adjugé 38 500 euros.

 

Article rédigé par La rédaction Aparté.com

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