TEMPS DE LECTURE : 19 MINUTESFESTIVAL / Rock En Seine 2011

C’est promis, Aparté.com n’aura pas ménagé ses efforts lors de la neuvième édition de Rock en Seine. Malgré les caprices de la météo, les aléas techniques et autres imprévus de tous types, votre webmagazine toulousain préféré aura été au plus près des artistes pendant 3 jours, n’hésitant pas à jouer des coudes et/ou de stratagèmes plus subtiles pour parvenir à ses (honorables) fins.C’est donc avec un plaisir non feint, que le duo M&M’s, Mathis & Matthias, binôme d’envoyés (très) spéciaux  de la rédaction constitué pour l’occasion, vous livrent  tout à tour leur subjectivité quant à la programmation du festival francilien.


ROCK EN SEINE: JOUR #1
VENDREDI 26 AOÛT 2011

Première dégustation  du millésime  2011 Rock en Seine, mis en bouteille au Domaine National de Saint-Cloud  le 26 Août 2011.

16h00. L’heure du goûter pour toutes les têtes blondes de France et de Navarre et pour Aparté.com de se délecter des spécialités musicales mises à l’honneur par la programmation de Rock en Seine. Le vendredi  se joue à guichet fermé, forçant les plus téméraires à rechercher, coûte que coûte, une place. Les tarifs s’envolent. Pendant que certains jouent aux traders de bac à sable, d’autres spéculent  sur les conditions climatiques, incertaines. Les cassandres annoncent une édition en ciré et bottes, sauce bretonne, la foudre et les annulations en cascade en prime.

Cocijo, Saint-Pierre, Saint Erasme de Formia, Tlaloc. C’est en convoquant pêle-mêle les saints et autres divinités païennes que nous tentons de conjurer le sort, et abordons ainsi notre première journée à Rock en Seine.

Agréable découverte, Seasick Steve, ce sexagénaire californien entre en scène accompagné du doué Dan Magnusson, son acolyte batteur,  ainsi que de ses guitares monocordes (ou guère plus)  bigarrées. Oscillant entre blues mélancolique et rock bourru, les titres de son dernier album You Can’t Teach An Old Dog New Tricks sont déclinés avec une énergie hors du commun.  Sous sa longue barbe blanche, ce hobo guitare à la main, sait comment faire vibrer la foule : blagues, anecdotes d’une enfance douloureuses, ritournelles blues entêtantes. Le docteur ès blues déglingué Seasick Steve nous tient par les oreilles et nous fait réciter à la lettre la leçon.  En guise de bon point, Alison Mosshart de The Kills, à l’affiche le soir même, prête sa voix de charme à l’excellent Write Me A Few Of Your Lines.

« Le vendredi  se joue à guichet fermé, forçant les plus téméraires à rechercher, coûte que coûte, une place »

Les dernières salves d’applaudissement retentissent et appellent la première averse. S’en suit une course effrénée vers la Grande Scène où les jeunes californiens d’Odd Future entament la seconde partie de leur set.

Seasick Steve and Alison Mosshart- Write Me Few Lines live Rock en Seine 2011 par rapido1

OFWGKTA, acronyme imprononçable pour Odd Future Wolf Gang Kill Them All,  est consacré par la presse musicale comme la formation révolutionnant le hip hop. De quoi aiguiser notre appétit !

Haut- le- cœur ! Le son oddfuturien, massif, décolle les tympans et nous retourne littéralement l’estomac, nous forçant ainsi à accélérer la digestion de notre quatre heures. Les enchaînements sont mécaniques sur un fond d’humour d’un goût douteux. Outre l’énergie dégagée par chacun des membres : ça remue, ça slamme, ça pointe son majeur en l’air à la fin de chaque punchline, l’attitude du groupe est légèrement détestable à en croire Tyler The Creator, la tête pensante de OFWGKTA. Assis pour cause d’infirmité momentanée, ce dernier joue la montre et annonce qu’il ne reste que quelques minutes aux festivaliers pour profiter de leur divine présence avant de tirer le rideau.

Nous  n’attendrons  pas aussi longtemps pour tourner les talons.

Direction la Scène de la Cascade, en espérant qu’elle ne le devienne pas réellement au cours de la soirée, Herman Düne, groupe franco-suédois, déroule ses balades folks avec précision. Au détour d’un titre, on appréciera la dédicace à Allen Ginsberg, célèbre poète américain de la Beat Generation.

Trois lettres. CSS : appellation d’origine brésilienne  pour ce quintet d’électro-pop-rock acidulé. Les jeunes filles prépubères investissent le premier rang, et se déhanchent dès le retentissement des premières notes. Malgré les appels répétés de la frontman, la foule reste peu réactive, les arrangements analogiques manquant de mordant. Le titre Hit Me Like A Rock réveille un tantinet les esprits.

Caprice d’un prince qui se sait attendu par une horde de fans, Kid Cudi s’offre trente minutes sur la programmation, ce qui contraint bien du monde à abréger l’attente ou persévérer et s’offrir un bref aperçu de son set. Nous serons de ces derniers. Parmi les quelques titres égrenés en 20 minutes, plusieurs erreurs grossières de la base numérique font tâche : clap déphasé, kick foireux… Le DJ devra revoir sa copie ! Néanmoins, le flow impeccable de Cudi rehausse ces derniers écueils.

20h00. Alisson Mosshart & Jamie Hince, le duo de prédicateurs de The Kills  font leur apparition. La grande messe rock peut désormais commencer ! Alisson Mosshart, plus féline que jamais, tour à tour dégrafant la chemise de son compagnon de scène, susurrant, souffle à demi-coupé ses rimes  à un micro fébrile qui est présente.

La panthère Mosshart est lâchée ce soir et est visiblement en forme sauvage. Enchainant les exercices de séduction, le public semble captivé par la puissance charismatique de ce binôme glamour. J. Hince n’est pas en reste, maitrisant à la perfection les effets de Hofner vintage. The Kills présentera d’une main de maître la quasi intégralité de Blood Pressure, son nouvel album. Mention spéciale pour le titre Baby Says raisonnant encore dans nos têtes. The Last Goodbye, empreint de mélancolie clôt cette belle prestation.

The Kills-Satellite live Rock en Seine 2011 par Aurélie Merrheim

Le soleil tire sa révérence, un autre est sur le point d’irradier la marée humaine se pressant devant la grande scène. Foo Fighters revient en terres gauloises avec la ferme volonté d’en découdre, forts de quelques six années de patience à affuter leur riffs enrichis à la testostérone. Les sound-check ne fait qu’augmenter d’un cran notre impatience nous laissant augurer la puissance sonore déployée ce soir-là. Les premiers accords de Bridges Burning retentissent dans la pénombre, la clameur se fait oppressante, la présence des protagonistes est désormais palpable.

« Supernova sonore, Dave Grohl  ainsi que ses comparses sont en grand forme ce soir »

Supernova sonore, Dave Grohl  ainsi que ses comparses sont en grand forme ce soir. Patti Smear assure le soutien rythmique, ce qui porte à deux les membres du feu et regretté légendaire Nirvana. Programmé pour une durée déjà exceptionnelle de 1H30 pour un festival, les Foo Fighters feront durer le plaisir une bonne demi-heure de plus. Nous aurons droit au lot d’hymnes repris en cœur tels My Hero, Monkey Wrench, All My Life, Best Of You, The Pretender savamment dosé avec de nouveaux titres issus de Wasting Lights comme l’énergique White Limo, l’efficace Arlandria, ainsi que l’osé Rope.

La performance scénique est maitrisée sur le bout des doigts incluant les traditionnels soli de guitares, de batteries (Taylor Hawkins plus en forme que jamais derrière les fûts), et quelques questions réponses entre les musiciens. Everlong mettra tout le monde d’accord sur la grande qualité (miam !) du show offert ce soir-là par les américains et signe les adieux du groupe à l’édition 2011 du festival francilien.

Sitôt fini, nous nous frayons un chemin pour accéder à l’une des dernières performances de la journée, celle de Paul Kalkbrenner.
Au sommet d’un promontoire, la silhouette du  berlinois, rivé à ses potars, se découpe d’un écran géant diffusant des éclairs, de la foudre. Etrange coïncidence. Les derniers festivaliers, bravant une dernière fois les éléments, ondulent en rythme et en cadence, en phase avec les boucles minimale et hypnotiques du teuton Kalkbrenner. Le temps semble figé. Des gouttes magiques viennent colorer le parterre illuminé de la scène.

Forts de cette première journée à Rock en Seine, nous regagnons finalement nos chaumières, l’esprit essayant de reconstituer le puzzle complexe des émotions constituées lors des heures précédentes. Les dernières notes nous bercent et accompagnent les dernières perles d’enivrement au cru 2011 de Rock en Seine. 

Mathis Grassot

ROCK EN SEINE : JOUR #2
SAMEDI 27 AOÛT 2011

Passage de relai effectué avec succès : Matthias se charge du lendemain, frôlant la syncope en voiture dans Paris. Il ne fallait pas moins que ce bordel perpétuel pour aborder sereinement le plus gros festival hexagonal, avec une programmation toujours aussi alléchante. Sommaire, résumé et pluie estivale.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Rock en Seine n’a toujours pas failli à sa réputation cette année : sale temps et gros son. Quoique, pour le gros son, on repassera… je me suis surpris à être déçu du festival. D’entrée, je loupe le vendredi : adieu Kills et autres Funeral Party. Tant pis pour ma pomme, j’avais qu’à m’y prendre plus tôt. Nous parvenons quand même à arriver à la bourre le samedi, pour grapiller les dernières minutes des fougueux lurons de Cage the Elephant sur la scène de la Cascade. Excellente surprise sur scène, le quintet assure dans une énergie punk que n’aurait pas renié Kurt Cobain – en témoignent leurs longs cheveux blonds et leurs chemises à carreaux. Le chanteur est au sol, frottant la guitare que son compère vient de jeter. Tiens, voilà du rock n’ roll.

Et en parlant de ce bon vieux rock n’ roll : je cours rejoindre la scène Pression Live, où les plus beaux instigateurs contemporains du genre sont sur le point de jouer : The Jim Jones Revue déboulent avec perte et fracas. Après l’excellent souvenir que j’en avais gardé du Garorock de cette même année, je dois reconnaître que le public parisien a semble-t-il été moins réceptif au rock garage de la team de M. Jones, charismatique leader hurlant ses paroles sur un flow 50’s tendu et tout en force. Et pour le coup, mon impression en a hélas, légèrement pâti. Qu’importe : on ressort toujours abasourdi par un live des Jim Jones Revue, au propre comme au figuré d’ailleurs.

Arrivent très vite les 20h, résonnant comme le début du plat de résistance : on va enchaîner Interpol, Death from Above 1979 et Arctic Monkeys. Et c’est à partir de ce moment-là que l’on saisit les différences fondamentales entre un concert et un festival. À partir de ce moment-là que cette foutue déception a commencé à pointer le bout de son nez : Interpol chutent sur la Grande Scène, leur rock glacial et mélancolique se heurte à une foule venue pour danser, bouger, s’égosiller et prendre quelques douches à la bière (rien que ça). Malgré tout l’amour que je porte à la formation menée par Paul Banks, ce fut trop mou pour une telle scène, et mon mauvais placement me font définitivement quitter le spectacle pour commencer à aller rejoindre la scène de la Cascade où le duo Death from Above est sur le point de commencer. Ultime pied-de-nez à mon dédain, involontaire mais pour le coup réel : je tourne les talons lorsqu’ils commencent Slow Hands. Les connaisseurs comprendront.

« Et le pire dans l’histoire, c’est que j’ai sacrifié WU LYF »

Nous parvenons donc à la scène de la Cascade, curieusement peu convoitée : on se souvient que le duo canadien, composé d’une moitié de feu MSTRKRFT, avait tout de même suscité un certain engouement à l’époque de leur existence. Car oui, le groupe n’est plus depuis longtemps, et le fait savoir : le fond de scène arbore un emblème dans la veine du logo d’Ed Banger Records, précisant bien «2001-2006». Ambiance. Les fans inconditionnels sont au moins prévenus. Et rapidement, tout s’éclaire, tout s’explique. Le manque de public, et la séparation soudaine : le live est brouillon, la pauvre Rickenbacker de Jesse Keeler crache tout ce qu’elle peut et peut-être même plus, déversant une mixture saturée particulièrement indigeste. C’est à peine si on reconnaît les quelques hits, que le batteur et chanteur s’évertue à retranscrire en s’égosillant. Vous me direz, c’est dans la ligne de conduite du groupe, nous sommes d’accord. Et pourtant : le paradoxe est difficile à saisir, on ne comprend pas trop qu’avec de telles séances de bourrinages sur CD, le duo parvienne à délivrer un live si pauvre en sensations… et le pire dans l’histoire, c’est que j’ai sacrifié WU LYF ! LA déception du festival, pour ma part.

Retour à la Grande Scène, où je prie intérieurement pour que les Arctic délivrent un live à la hauteur de leur réputation, celle d’un des grands groupes modernes de musique alternative. Soulagement total : moi qui ai eu la chance de les voir durant leurs deux périodes distinctes (en 2007, en surdoués merdeux rois du riff incisif, et début 2010 après avoir traversé le désert pop et poussiéreux des États-Unis avec Josh Homme), j’ai pu constater à quel point leur maturation leur allait bien. Professionnels avec ce qu’il faut d’attitude scénique, assénant sereinement leurs tubes avec quelques-uns des morceaux de leur (excellent) dernier album, le quatuor de Sheffield démontre qu’il a enfin trouvé l’équilibre entre la fougue juvénile et le monde rocailleux du rock posé et mélodique, peut-être trop vite atteint avec Humbug. Pour preuve, leurs vieux hits sur le fil du rasoir comme Brianstorm ou When the Sun Goes Down sont enfin joués au rythme effréné des versions disque. Même Alex Turner, assez timide voire «con» avec un public autre qu’anglais à ses débuts, se montre charmant, taquin et fait preuve d’une humilité hallucinante, maintenant qu’il est un musicien accompli. Le meilleur show du festival, de loin.


Arctic Monkeys – Brianstorm – Live (Rock en… par sourdoreille

Fin de soirée oblige, et histoire de se remettre de nos émotions, retour (encore une fois) à la scène de la Cascade pour observer un moment l’impressionnant dispositif scénique d’Étienne de Crécy, ce fameux cube holographique dont pas mal de monde parle. Mes jambes commencent à se faire lourdes, et malgré la qualité du son je me retrouve sur le départ. À peine le temps de jeter un œil aux Wombats – que j’aurais voulu voir plus longuement, qui semblent s’éclater sur la scène Pression Live. Les hymnes du très bon premier album retentissent aux milieux des décevants morceaux du dernier, le bassiste part en couille en perdant son jack au moins trois fois en l’espace de 10 minutes… merde, mes potes m’attendent. Fin de mon deuxième-premier soir à RES.

ROCK EN SEINE : JOUR #3
DIMANCHE 28 AOÛT 2011

Concours de circonstances, concours d’élégance en ce dernier jour de festival. La météo nous sourit enfin. Branleurs notoires jusqu’au bout, on loupe intégralement (oui monsieur) les Vaccines qui s’étaient bizarrement accaparés la Grande Scène. Oui «bizarrement» car ils n’ont tout de même sorti qu’un seul et unique album, récent, correct mais pas inoubliable. Il faut aimer la pop made in UK matinée de cette reverb «cathédralesque», typique de la surf et très à la mode ces derniers temps. Quelques tubes incandescents cependant, comme Wreckin’ Bar, Nørgaard ou l’inévitable Post Break-up Sex au titre on-ne-peut-plus évocateur. On m’a rapidement raconté le show, pas fou-fou et quelque peu pédant. Me voilà presque rassuré. Au moins nous serons à l’heure pour Cat’s Eyes, le side project du magnifique Faris Badwan, déjà leader des imposants Horrors sur lesquels je reviendrai plus tard ; pour être tout-à-fait honnête, je ne me suis intéressé à leur album que lorsque j’ai su que c’était l’horreur en chef qui avait apporté sa griffe. Live très intéressant, encore plus atmosphérique qu’Interpol (dans un autre genre) mais dans un cadre bien plus approprié puisqu’il s’agit de la scène Pression Live, plus intimiste car reculée, légèrement en hauteur. Des hauteurs où le duo (plus vraiment un duo sur scène, d’ailleurs…) nous emmène avec une habilité féline déconcertante, se posant délicatement sur des effets de reverb gigantesques pour asseoir des voix paisibles, des mélo-drames mélodiques. C’est bô.

Largement le temps de me remettre de mes émotions – oui pour une fois, la tournure facile n’est pas de mon ressort – notre prochaine cible Miles Kane n’entrant en scène qu’à 18h. Entrée en scène… oui cette seule et courte phase de son spectacle suffirait à le décrire, le frontman des feu Rascals, moitié du magnifique duo pop «james bondien» The Last Shadow Puppets. Ravi d’être là, anglais jusqu’au bout des ongles, il laisse à peine le temps à ses quatre musiciens de se placer qu’il arrive en grandes pompes, large sourire et mouvements de bras rameutant une foule visiblement ravi d’être ici, alors que le cadre se veut enfin favorable. Oui curieusement c’est un rosbeef qui nous a amené un peu de soleil ! Soutenu d’un album impeccable de bout en bout, le jeune liverpuldien a su néanmoins nous surprendre en évitant de respecter à la lettre la track list du disque. Je n’attends qu’un signal de départ, Come Closer que je veux absolument voir de mes yeux vus, avant de repartir sur la scène Pression Live où les Horrors sont sur le point d’entamer leur set. Mes comparses filent tenter de choper les dernières minutes de My Chemical Romance sur la  Grande Scène, mais je ne peux me résigner : si la Black Parade transpirait de classe et de grandiloquence, leur délire fluo-paillettes du mauvais Danger Days me laisse de marbre. Adieu les gars, mon cœur de teenager ne vous oubliera pas.

« Oui j’aime les Horrors. Plus que leur magnifique musique qui me rappelle que le post punk peut être presque accessible »

Oui j’aime les Horrors. Plus que leur magnifique musique qui me rappelle que le post punk peut être presque accessible (et j’insiste sur le «presque»), leur style général m’attire inexplicablement, générant en moi une fascination d’autant plus importante qu’elle ne concerne pas que leur musique. Mais je dois me mettre des claques, revenir sur Terre deux minutes, car c’est bien sur leur musique qu’ils seront évalués. On est dans un festival, merde ! Leur tout récent troisième album, Skying, m’a pour l’instant assez déçu, s’éloignant des contrées sombres et carnavalesques de leurs deux précédents opus, deux indispensables. Ces larges mélodies au clavier posées sur des riffs infinis, durs, sur des rythmes à deux vitesses et sur des basses assommantes, se sont quelque peu évaporées. Mais il mérite réécoute. Réécoute d’ores et déjà entamée lors de ce show, comblant mes attentes : une présence s’échappe des cinq membres, une ombre immense et horrible s’empare du public, alors que je m’attendais à voir débarquer des «clowns» ménagés correctement pour alimenter leur image (toutes considérations artistiques mises à part). Il n’en est rien : avec leur image très spéciale, atypique, ils arrivent sur scène presque simplement, avec un batteur passe-partout (marinière à l’appui), un claviériste aux cheveux gominés et un bassiste androgyne dont la danse aussi souple qu’un balai me rappelait quelqu’un de connu, mais impossible de savoir qui…seuls le guitariste et le chanteur captivaient réellement, le premier caché derrière un rideau capillaire insensé, le second avec une prestance scénique unique. Et sinon, musicalement ? Il n’y a pas vraiment de demi-mesures avec les Horrors : vous adorerez la musique et le folklore qui les entoure, ou vous les détesterez pour les mêmes raisons. Je fais largement partie de la première catégorie, alors qu’ils m’ont montré qu’ils pouvaient aussi apparaître de manière beaucoup moins théâtrale, laissant la place au principal : leur musique.

Tout fier d’avoir pu profiter d’un de mes groupes du moment, je tente d’acquérir un joli t-shirt Death From Above (allez savoir pourquoi…), mais plus ma taille. À défaut d’être bons, ils ont le mérite de proposer un visuel cool, à des années-lumière des classiques – et souvent laids, logos écrits. Bref, tant pis pour moi, ils m’auront emmerdé jusqu’au bout…

Le week-end s’achève déjà, je n’ai qu’une envie : tracer la route et rentrer chez moi dormir quelques jours. Pourtant, nous restons un petit moment, très en arrière de la Grande Scène où Archive est sur le point de faire son entrée. Je connais que Fuck U, ils la jouent avec un orchestre, et mes poils s’hérissent. Voilà tout ce que je peux vous en dire…

Matthias Haghcheno

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Article rédigé par La rédaction Aparté.com

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