TEMPS DE LECTURE : 8 MINUTESEn aparté avec… Metronomy

Le groupe-sensation de l’année en cours est déjà venu déverser sa pop fiévreuse et mélancolique à Toulouse, le 21 mai dernier déjà. Juste le temps de nous remémorer un concert qu’on n’attendait pas aussi péchu, festif et ravageur. À l’occasion du grand retour d’Aparté, voici l’interview réalisée quelques heures avant le concert, sous un soleil de plomb que n’aurait pas renié la fameuse English Riviera. Le verre de rouge comme symbole de cool-attitude ultime, Joseph Mount et son équipe nous dévoilent les dessous de l’album prophétique. Avec des photos de vacances pleines de nostalgie électronique… En partenariat avec Guillaume Juan de Radio FMR.

© 2muchponey


Aparté : « The English Riviera » votre nouvel album est sorti il y a un peu plus d’un mois, je suppose que vous avez entendu ou lu pas mal de critiques sur l’album. Elles s’accordent pour dire que c’est un très bon album. Alors comment avez-vous réagi ? Vous prenez en compte les critiques ?

Joseph Mount (chanteur & guitariste) : Je pense que oui, il est impossible de les ignorer. Mais bon, d’habitude, on les prend moins en compte lorsqu’elles sont mauvaises (rires)… C’est plus facile de les lire si elles sont bonnes. Mais là c’était génial pour nous. Enfin, regardez, on vient ici et ce soir c’est complet, c’est vraiment excitant.

A : Ah c’est complet ? c’est donc pour ça que Dunst! (ndlr. groupe toulousain en première partie) étaient un peu stressés… Toujours à propos des critiques, quel est le secret de fabrication d’un album qui met d’accord toutes les critiques. Comment avez-vous travaillé sur cet album ?

Gbenga Adelekan (bassiste) : Je ne pense pas que ce soit ainsi, les labels aiment penser que c’est quelque chose que l’on peut contrôler à loisir, mais je pense que lorsqu’un groupe essaie de forcer la chose, cela se voit. Les musiciens que je respecte ne font pas ça.

« Ben attends, tu sais ce qu’on peut faire ? Je vais vous montrer des photos ! » – Joseph Mount (chant)

A : À propos du son de l’album, on a dû vous le dire des milliers de fois mais il sonne tout de même très différemment des albums précédents. « Nights Out » était plus électro avec pas mal de claviers et « The English Riviera » est plus pop avec de vrais instruments organiques. Un besoin de changement ou autre chose ?

Joseph Mount : C’est une des raisons, en effet. Enfin, faire quelque chose de différent, car maintenant quand on joue en live tous les quatre c’est plus instrumental, comme tu l’as dit. Vous savez les trois ou quatre qu’on a…

A : De nouvelles influences ?

Joseph Mount : Je pense que j’écoute plus de vieux trucs. Quand t’es en tournée c’est très difficile de vraiment se consacrer aux nouveautés. Car il y a toujours cette part de toi qui voit de nouveaux groupes. C’est un peu comme une compétition. Du coup j’écoute juste pas mal d’albums que j’ai l’habitude d’écouter, beaucoup de vieux classiques.

© Music For Your Mind

A : Toujours à propos de ce côté instrumental, cela veut-il dire qu’en live vous jouerez moins de titre électro ?

Joseph Mount : Non, on joue toujours nos vieux trucs. En fait, quand Gbenga et Ana (ndlr. batteuse officielle depuis « The English Riviera ») nous ont rejoints, on était en plein milieu de la tournée de « Nights Out », donc on joue toujours ces morceaux-là. Et d’ailleurs ce sont les morceaux avec lesquels on est le plus à l’aise.
Oscar Cash (claviériste) : Mais il y a quand même eu un changement, car avant on jouait avec les ordis. Je pense que les chansons de « Nights Out » ont quand même changé depuis que nous sommes quatre. Avec cette nouvelle formation c’est un peu plus facile. (…)

A : À propos du nom de l’album, « The English Riviera » est un véritable lieu paradisiaque. J’avoue avoir encore ce vieux stéréotype sur l’Angleterre comme étant un pays très froid avec beaucoup de pluie…

Joseph Mount : Non mais c’est vrai !

A : Je ne connais pas bien l’Angleterre de toute façon et je ne connaissais pas le Devon, cette région avec des plages, des palmiers. Ça existe vraiment ?

Joseph Mount : Oui en fait on y était hier, on tournait le clip pour « The Bay », on filmait l’English Riviera et c’était le première fois que Gbenga y allait. J’avais l’habitude d’y aller quand j’étais jeune et c’était plutôt cool.
Oscar Cash : En fait ça ressemble à la French Riviera, c’est très glamour et cool.
Joseph Mount : Ben attends, tu sais ce qu’on peut faire ? Je vais vous montrer des photos !
Oscar Cash : Mais après, les nuages arrivent et c’est moins bien… alors ça reste très anglais.

A : Et d’ailleurs je crois que l’album a beaucoup de relations avec cette région du Devon, pouvez-vous nous en parler un peu ?

Joseph Mount : Oui, car c’est tout simplement l’endroit où j’ai grandi (cf. l’English Riviera), et j’ai quitté la maison à 18 ans. J’y ai passé la majeure partie de mon enfance, et je pense que je garde beaucoup d’affection pour cet endroit. J’ai pensé que ça serait bien d’écrire un album sur la fierté et l’amour que j’éprouve pour cet endroit. (…) Il y a aussi mes parents qui y vivent et je leur rends souvent visite. Quand j’y étais, j’avais hâte de partir pour une grande ville mais après je me suis souvenu de tous les bons moments que j’y ai passé, ça m’a rendu quelque peu nostalgique. (…)

A : C’est un peu comme la Côte d’Azur en France… ça reste très surprenant une telle météo en Angleterre.

Gbenga Adelekan : Je n’y avais jamais mis les pieds et quand on est arrivés, le temps était comme ça alors je me suis dis, cet endroit est génial, mais bon, une heure après le soleil s’est couché…

A : Dans « The English Riviera », une chanson s’appelle « The Bay », dans une autre on peut entendre des cris de mouettes… Vous avez écrit cet album au bord de la mer ou quelque chose comme ça ?

Gbenga Adelekan : On en a capturées, à vrai dire… (rires)
Joseph Mount : Non plus sérieusement, je pense que le cadre dont on a parlé tout à l’heure et l’inspiration, qui y était spécifique, ont sûrement conduit à cette atmosphère de plage un peu. Si on avait été à la montagne, on aurait très certainement écrit des chansons très différentes, je pense ! (rires) C’est un album que l’on a souhaité très imagé, dans le sens où en l’écoutant, il vous évoque quelque chose de précis, qui fasse travailler votre imagination pour vous faire sentir à tel ou tel endroit par exemple. Ou qu’il vous donne envie d’aller piquer une tête, pourquoi pas.

« Ouais, mais je ne supporte pas votre cuisine ! » – Joseph Mount

A : Vous travaillez avec le label français Because et le clip de la chanson « She Wants » a été réalisé par deux français « Jul et Mat », et toi Joseph, tu passes pas mal de temps en France. Tu es donc à moitié français, non ?

Joseph Mount : Ouais, mais je ne supporte pas votre cuisine ! (rires)

A : Vraiment ? (rires) En tout cas tu as l’air de préférer travailler avec des Français, non ?

Joseph Mount : Si nous avions signé sur un label allemand, nous aurions passé plus de temps en Allemagne, et je me serais peut-être mis avec une Allemande (rires). Non plus sérieusement, c’est vraiment cool d’entretenir de tels liens ici, en France, et de pouvoir venir faire d’aussi gros concerts. La plupart des artistes anglais que je connais n’ont pas la chance de travailler avec des Français, ça nous ouvre des portes, c’est sûr.

A : Vous vous attendiez à un tel succès en France ?

Oscar Cash : On ne peut pas vraiment dire que l’on s’y attendait, non. (…)
Gbenga Adelekan : C’est assez inhabituel tout de même. Nous avons pas mal de fans en Angleterre, et on en a quasiment autant ici, en France ! C »est assez incroyable.

A : Oui, en général, c’est plutôt les Français qui vont en Angleterre.

Joseph Mount : Oui, c’est bien pour ça que l’on trouve ça étrange aussi. (…) Cela dit, on constaste plus ou moins que les goûts des Français correspondent à ce que Metronomy peut produire en live. C’est vraiment un bon point pour nous. Et c’est d’autant plus le cas qu’on a un nom qui sonne en français.

A : Joseph, tu as commencé ta carrière avec des remixes, vas-tu reprendre un jour ?

Joseph Mount : J’ai arrêté en me lançant avec le groupe en fait.
Ana Prior : Il faut y mettre le prix maintenant ! (rires)
Joseph Mount : Ouais c’est vrai, mes remixes coûtent cher maintenant. (rires)

Un immense merci à Guillaume Juan et Philippe Pitet de Radio FMR, respectivement pour l’interview et la traduction.

Article rédigé par Matthias Haghcheno

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