TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESL’autre fois… j’ai troqué des clopes contre une interview

Les power-meufs de Warpaint font baver la gente masculine, public et journalistes confondus. Inaccessibles? Pas tant que ça… D’autant moins quand l’heure est tardive, et que la disette du tabac frappe 89% de la population nocturne…  

The Drone (c)

Barcelone, le 29/05/11, 04:36 AM. Les portes du Primavera Sound vomissent sur la place du Forum une foule festivalière massive, noyée par la tise et le décibel. Puis la marée humaine s’évapore peu à peu, au gré des choix d’after mûrement réfléchis des uns et des autres. Nombreux se la joueront local, en allant célébrer tambour battant le coup de grâce footballistique fraîchement asséné aux Mancuniens par le Barça. Les autres, plus pragmatiques, feront flèche de tout bois pour pécho: des meufs, des bières, un rail de coke ou un taxi.

Tandis que moi et ma copine Laureline, avons décidé de jouer aux paparazzi pour renflouer notre webzine (feu Martine Webzine à l’heure à laquelle j’écris ces funestes lignes) en juteuses anecdotes.

Non loin de l’enceinte du festival, il y a un hôtel. Et dans cet hôtel, il y a des rock stars… Bon OK, les stars du Primavera, soit les fleurons de la scène indie actuelle. Pas de Lopez ni de Gaga donc. N’est pas tabloïd qui veut, on se vend comme on peut… De telle sorte que je m’excuse d’avance auprès des cagoles et des GG boys- à supposer qu’ils lisent ce papier-  pour leur avoir fait perdre un temps précieux qu’ils auraient pu consacrer à Public.com.

On se poste devant l’entrée de ce fameux hôtel, autrement dit un gigantesque édifice tout de verre et de béton. L’endroit grouille d’une faune profilée musique à fond les manettes. Comment reconnaître un visage familier dans cet écosystème singulier, dans lequel les peaux n’en finissent plus d’être tatouées, les chemises d’être à carreaux, les chevilles d’être sans chaussettes ? Il nous faut donc redoubler d’attention – tâche ardue après s’être fadé une journée/soirée à égrener concerts et verres de bières- pour parvenir à nos voyeuristes fins.

Un chevelu retient notre curiosité. La question de ses origines-on hésite entre la Chine et le Mexique-  fera autant débat entre nous que celle de savoir s’il est bassiste ou non pour Ariel Pink. Avant de trancher, on croise un James Blake en galante compagnie, qui disparait en loucedé dans la foule. Zut, entre temps, on a perdu de vue le supposé musicien multiethnique.

Un couple de Français passe. « C’est la bassiste… », j’entends marmonner. Interpellé, je leur cours après, quitte à passer pour un résolu crétin. « Excusez moi, bassiste de quel groupe vous dites? », je demande. « Warpaint » me répond le gars sans hésiter, en me désignant une brune fagotée d’une salopette type worker, peinturlurée et débraillée. Pas de doute sur la personne, son semi-rasé capillaire ne ment pas. Je fonce.

Je me présente poliment à ma cible, visiblement plus intéressée par les modalités de décapsulage de sa bière cryogénisée que par l’historique de notre webzine. Dans un anglais que n’aurait pas renié un CM2, je sollicite un bref interview. Elle refuse. Motif: « Too late, too tired, too drunk ». Je tente en vain de négocier, la sentence est sans appel… Jusqu’au moment où nous parvient une aide inattendue. Qui n’est autre que Stella Mozgawa, batteuse de Warpaint.

Ce qu’elle veut, c’est des clopes. Je lorgne vers l’intérieur de mon paquet. Deux cigarettes s’y battent en duel, arbitrées par une troisième. J’évalue l’offre de la nouvelle venue, son minois espiègle un brin craquant. Deux cigarettes contre une interview avec ces deux petiotes, ça a l’air fairplay. J’accepte. Marché conclu.

Elles nous font part de leurs coups de cœur du festival, de leur amour de l’Espagne, de leurs souvenirs du Bikini (Toulouse, ndlr) et de leur nuit agitée la veille. « On dort dans la même chambre d’hôtel. Ce matin en me réveillant le lit de Jenny Lee (la bassiste ndlr) n’était pas à la même place que hier soir. En fait elle s’est réveillée dans la nuit, gênée par la lumière de la salle de bain. Sauf qu’au lieu d’aller l’éteindre, elle a préféré déplacer son lit… » nous confie Stella.

Au moment de se dire au revoir, Jenny Lee, engageant sourire aux lèvres, me demande une dernière cigarette. Ma dernière… Que je cède sans résistance. Je suis faible… Et à la dèche.

Article rédigé par Marc Bonomelli

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