TEMPS DE LECTURE : 11 MINUTESFESTIVAL / Festival Internacionàl de Benicàssim 2011

Cet été, Maud est partie à Benicàssim. C’est devenu un rituel depuis trois ans maintenant. Elle s’y plait. Le festival que la ville accueille est propice au repos et à la déchéance, selon. Quand Aparté lui a proposé de raconter son séjour en terre espagnole, ses yeux se sont mis à scintiller. Enfin, je crois que c’était à peu près ça, en tout cas, elle était emballée. Voici son récit emprunt de passion, de coups de soleil et de souvenirs de tempête.


 

Benicassim, station balnéaire espagnole planquée entre Valence et Barcelone devient pendant une semaine le paradis terrestre, le jardin d’Eden, le nirvana des mélomanes de toute l’Europe. Enfin, en tout cas quand elle n’est pas dévastée par le vent et le sable. Considéré comme un des meilleurs festivals européens, le Festival International de Benicassim a lieu tous les étés depuis maintenant 16 ans. Sa réputation s’explique facilement, non seulement il accueille les pointures de la scène internationale pop rock mais les organisateurs ont réussi à doter Benicassim d’une ambiance inimitable. Si on devait choisir un seul mot pour définir le FIB : outre grossesauce, meilleurfestivaldumonde et rassemblementgéantdegensbeaux, ce serait Bonheur. L’être le plus désagréable du monde se retrouve immanquablement avec un sourire idiot collé au visage pendant tout le séjour et ce malgré le camping à l’hygiène relative (enfin ça dépend ce que vous entendez par hygiène, personnellement je me suis habituée à la fosse septique qui a débordé dès le 2ème jour), les 45° à l’ombre et les mulets hispanisants.

Avant-goût
Avant de commencer le récit de la meilleure semaine de mon année et des concerts les plus cools de ma vie, une petite présentation histoire de remettre les choses dans leur contexte. Depuis 1995, le Festival International de Benicassim s’impose comme l’un des festivals les plus importants du monde, un passage obligé pour les plus grands noms qui ont marqué le monde de la musique actuelle. Benicassim n’est pas qu’un simple festival de musique, pendant une semaine entière ont lieu de nombreux évènements culturels : des spectacles de danse, des représentations de théâtre, des projections de films et de court-métrages (cette année par exemple « The Suburbs » de Spike Jonze sur Arcade Fire).

Rappelons la programmation de cette année, entre autres : The Streets, Congotronics vs Rockers, Crystal Fighters, Jack Beats, Layabouts, The Strokes, Arctic Monkeys, Arcade Fire, James Murphy, Friendly Fires, Herman Dune, Primal Scream, Beirut, Bombay Bicycle Club, Logo, Tame Impala, Portishead et bien d’autres encore. Pour certains, la programmation de cette année semblait moins alléchante que les années précédentes. Mais cette édition du FIB ne s’est pas révélée décevante, au contraire. Ensuite les FIB passent et ne se ressemblent pas et une fois qu’on y goûte, difficile d’y résister. Il faut dire qu’un des avantages du FIB, outre son line-up toujours exquis, c’est le prix du festival. 180€ (à partir de 125€ à l’avance) pour quatre jours entiers de festival et 8 jours de camping inclus. En plus, le fait qu’il se déroule en Espagne y contribue aussi : alcool à des prix impossibles (3€99 la bouteille de vodka) et en général une vie beaucoup moins chère qu’en France ou en Angleterre. Aussi est-il fréquent de voir des Anglais se ruer sur tout ce qui peut s’acheter : cigarettes, nourriture, alcools, sombreros, habits de mauvais goût etc. Bref de toute manière pas besoin d’excuse.

Hola, una cerveza por favor
Passons outre les détails dont, au fond, tout le monde se fout. Le FIB peut se résumer à trois énoncés simples : des concerts extras, les gens les plus sympas au monde et la négation du sommeil pendant au moins 4 jours. A cela s’ajoute quelques petits extras à savoir : les anglais déguisés en écureuils qui font des roulades, la mini mini mini mini mini etc piscine devenue opaque passée 22h, des stands de nourriture délicieuse et bon marché, de quoi se désaltérer un peu, beaucoup, vraiment beaucoup, des rencontres improbables, des vortex, du n’importe quoi vestimentaire et des sosies de toro y moi. Je ne m’étendrai pas sur les détails de mon FIB, il faut y aller pour vraiment se faire une idée et j’aimerais garder des amis. Sachez juste que le FIB c’est le meilleur moment de votre vie, tout ce que vous ne faisiez qu’imaginer et ce, tous les ans.

Maintenant que j’ai essayé de vous faire partager l’atmosphère de Benicassim, passons à la musique. Car au final, Benicassim c’est surtout ça : de la musique tout le temps et partout. Des bars qui passent depuis 3ans la même compilation (dans l’ordre Oasis, The Killers, Kings of leon, Lily Allen, Oasis, The Killers, Kin….), aux balances qui commencent dès 8h du matin en passant bien entendu par les concerts.

Le FIB ouvre ses portes tous les jours aux alentours de 17h00 (les premiers concerts commencent vers 18h) et d’après mes estimations les derniers festivaliers partent aux alentours de 7h30 du matin (gare à ceux qui s’endorment dans un coin, le service de sécurité s’occupera de vous). Il y a trois scènes à Benicassim : la Maravillas qui est la scène principale, la Fiberfib.com qui est la scène moyenne et la FIB club qui est, vous l’aurez deviné, la plus petite. A cela s’ajoute de nombreux stands : cette année par exemple se trouvaient des comptoirs Doc Martens, Pringles, Jack Daniels, Red Bull… qui proposaient des activités diverses et variées comme du Air Guitar, distribution de Pringles, de casquettes et de simili wayfarer aux couleurs de la marque de chips, une tente maléfique Acer, un coin en pelouse synthétique avec parasols siglés RedBull. Pensée aussi au Jack Daniels servi à foison par des barmaids sexy qui en font beaucoup trop, et bien sûr, à la fameuse Silent Disco. Cette salle qui fait autant le bonheur des danseurs que des badauds qui n’aperçoivent qu’une bande d’imbéciles ne sachant même pas danser en rythme. Pour ceux qui ne connaissent pas le principe, la silent disco est une tente dans laquelle jouent deux djs. A l’entrée, des casques sont distribués. Ensuite à vous de choisir votre fréquence. Cela donne parfois naissance à des choix cornéliens : Rammstein ou Plastic Bertrand, chants tribaux africains ou Outkast. Bref.

Pour les concerts, il y a les têtes d’affiche, les groupes qui montent, qui montent, qui montent et les groupes locaux que personne ne connaît. Le FIB met en effet un point d’honneur à faire participer les groupes locaux espagnols. Ne pouvant décemment pas vous décrire tous les concerts du FIB auxquels j’ai assisté, je vais tâcher de vous donner au moins le meilleur aperçu possible. Ainsi cette année, aucun « gros » dj n’a été programmé (comparé à l’année d’avant avec Calvin Harris, Boys Noize et Yuksek) mais nous avons eu le droit tout de même à quelques dj sets alléchants bien que parfois pas à la hauteur de nos espérances (James Murphy), un bourrin nommé Jack Beats qui vous fait secouer tout votre corps – votre tête quitte à avoir l’air totalement déphasé – et Aldo Linares qui doit certainement être le petit neveu de l’arrière-grand-mère de la copine du fils à un des organisateurs au regard du nombre de fois où il a été programmé  (3 fois en 4 jours). Mais… qui a clôt ce FIB 2011 en beauté. Un FIB plus rock qu’électro, donc, avec quelques découvertes. Je pense notamment à Congotronics vs Rockers ou quand des musiciens africains rencontrent des figures du rock indépendant (Deerhoof notamment). Un set de 2h plein d’énergie, de bonne humeur et de danse africaine. Parmi les meilleurs concerts de cette édition (selon mon propre avis) : Arcade Fire, Arctic Monkeys, Congotronics vs Rockers, The Streets, Friendly Fires et Primal Scream.

Détails : Arcade Fire nous a livré un set à la fois émouvant et dynamique, tout simplement génial et considéré par beaucoup comme le meilleur concert de cette édition du FIB. Malgré la fatigue (Arcade Fire de 1h15 à 2h45 du matin après 4 jours de déchéance), un concert parfait autant visuellement (des images du film de Spike Jonze en fond) que musicalement (fin magistrale avec Wake up –vérifier sur site). Quant aux Arctic Monkeys, je n’ai qu’une chose à dire : mon rêve est enfin exaucé. Voir les génies en action et me délecter des chansons qui m’ont fait aimer la musique. Grosse surprise avec The Streets que j’avais découvert sur Skyrock quand j’avais 13 ans. Autant dire que je ne savais pas à quoi m’attendre. Je peux aujourd’hui les adorer haut et fort après le set tout simplement énorme qu’ils nous ont offert. Il y a eu un vrai échange entre le public et Mike Skinner. Mention spéciale aussi à Primal Scream, figure de proue du mouvement acid house des années 90, fondé par un des batteurs des Jesus and Mary Chain. Des rythmes effrénés qui vous donnent l’impression d’être dopé quelque soit l’heure à laquelle vous les écoutez. Leur reprise de 10 minutes (ou peut-être d’une heure impossible de savoir) de « You can’t always get what you want » des Rolling Stones restera dans les mémoires collectives, même les plus défaillantes.

Enfin, je ne peux pas évoquer autant de concerts sans mentionner le sujet des Strokes, une des têtes d’affiche les plus attendues de cette édition du FIB. Lecteurs, veuillez pardonner mon affront (je suis persuadée que 90% d’entre vous vont désormais me haïr) mais je n’ai pas pu (ou pas su) apprécier ce concert. Tout simplement parce qu’à la base, je ne suis pas une fanatique des Strokes, que passer 45minutes sans voir ni l’écran, ni la scène, collée contre le dos dégoulinant de sueur d’un espagnol à mulet (oui dans l’enceinte du festival aussi on peut en trouver) et entendre Casablancas baragouiner en espagnol « la luna, la luna », ce n’est pas mon truc. Me faire aplatir de tous les côtés pour Alex Turner, je veux bien mais pas pour un groupe dont le leader fait une publicité pour un parfum en forme de micro. Mea Culpa, comme je vous l’ai dit je ne suis pas objective donc pour ne pas vous laisser sur votre faim voici le témoignage de Rémi qui peut être m’évitera toute tentative de meurtre.

« J’ai trouvé que c’était vachement bien, même s’ils sont arrivés en retard et ont fini en avance. On leur pardonne parce que c’est les « Strokes ». Il faut noter la petite histoire qui dit qu’ils se seraient tous fait un câlin avant de rentrer sur scène, ce qui donne au concert un côté mignon. « J’ai bien aimé leur set parce qu’il était dynamique et puis, ils reprenaient les morceaux qu’on avait tous envie d’entendre comme Juice Box, The End Has No End, Reptilia, You Only Live Once. C’était rapide et efficace avec un seul but : saucer toutes les personnes présentes. On pardonne les vapeurs de drogue de Julian vu que l’année précédente, il avait été super sympa avec nous » assène Rémi, festivalier, avec un témoignage qui contrebalance ma mauvaise foi.

J’aimerais m’attarder encore et encore sur chaque concert que j’ai aimé ou pas mais ce serait peut être en faire légèrement trop. Aussi tâchez seulement de retenir quelques informations de base : Anna Calvi à 20h c’est moins bien que Tame Impala à la même heure, And So I Watch You From Afar le dernier jour c’est une sacrée découverte mais ça fait mal aussi. The Go!Team avec des oreilles de chat, Professor Green qui reprend les Velvet Underground et Bombay Bicycle Club avant les Arctic Monkeys c’est surprenant. Ed MacFarlane, le chanteur de Friendly Fires a une belle chemise hawaïenne. Prendre des photos la nuit avec un appareil photo jetable sans flash c’est idiot. Pour finir il ne faut jamais croire un irlandais, de toute manière personne ne le connaît.

Otra cerveza por favor
Je ne peux pas dire si Benicassim est le meilleur festival d’Europe ou même du monde mais ce que je sais c’est que je n’ai pas envie d’aller autre part. A noter, étant donné que le fameux festival de Glastonbury n’aura pas lieu cette année (une histoire de fortification des sols et de certains Jeux Olympiques, si je ne m’abuse) on peut s’attendre à une recrudescence des Fibers en 2012. Bon à savoir quand l’on a été témoin de la surcharge des campings cette année et même des parkings. Alors si vous êtes plutôt sympas venez avec nous. Mais ne venez pas trop nombreux en fait parce que les français en festival sont la pire population imaginable. Mais ça c’est un autre sujet.

Qu’attendez-vous ? Retrouvez toutes les pièces du dossier « Humeur festival » ici.

Article rédigé par La rédaction Aparté.com

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