TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESCONCERT / Motörhead au Zenith de Toulouse

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Groupe : Motörhead
Lieu : Zenith de Toulouse
Date du concert : 23 octobre 2011

Le concert en un tweet : « ILemmytable »

Commentaires : 
C’est un concert qui ressemblait à une réunion de famille. Mon père, mon frère et moi. Il n’y a qu’un type de groupes capable de nous mettre d’accord, capable de mettre d’accord trois générations, trois visions et trois implications totalement différentes par rapport au rock, à la musique en général. Ces groupes sans âge, qui traversent le temps avec la même ferveur, la même honnêteté, et qui – chose plus rare peut-être, font encore de la bonne musique. Motörhead, capitaine du grand navire anglais nommé « Metal », grands instigateurs du genre dans les années 70 aux côtés de Black Sabbath, ont déversé une huile crade, qui tourne depuis maintenant plus de 30 ans dans leur sang infect. Les novices ont dû attendre le rappel pour les sacro-saints « Ace of Spades » et « Overkill« . On a eu droit entre temps à un flot ininterrompu d’une batterie sous acide, de riffs guitar hero qui nous donnent envie d’abandonner tout espoir musical, et bien sûr de la voix gutturale ultime, qui comble nos attentes, même en live. Cette silhouette imposante, ce look neo-nazi pleinement assumé, cette Rickenbacker grattée comme un vulgaire banjo de foire : Lemmy Kilmister aimante le regard, sangsue de l’attention, tandis que ces compères, bien meilleurs musiciens, occupent le peu d’espace musical que lui et ses quatres amplis dédiés laissent – la scène en comportait une dizaine, je rappelle qu’ils sont trois. Caché derrière un brouhaha rock’n’roll qu’une riche discographie révèle plus subtil qu’il n’y paraît, le légendaire bassiste apparaît franc, ne pouvant s’empêcher de balancer des « fuckin’ » au milieu de chaque phrase adressée au public, restant néanmoins attentionné, ravi et conscient de jouer dans une ville « paumée » du Sud de la France, à plus de 60 ans.

Contexte : 
The Wörld is Yours, encore un titre démago mais rigolo, parfaitement en cohésion avec l’esprit gentiment provoc’ du groupe. Nouveau disque à rajouter à leur incroyable collection, sa sortie occasionne la tournée qui va avec. Le trio n’a plus rien à prouver, et le démontre en se donnant en spectacle dans un coin somme toute isolé. Merci à eux.

Sociotype
 : On avait des punks devant nous. Ils n’ont pas arrêté de parler, de se rouler des patins et de boire des bières. On sait où on est certes, mais putain que c’est éprouvant… en vrac, metalleux, pères de familles et prépubères : leur carrière leur permet de ratisser large. Et l’ambiance n’en pâtit pas.

Ce qu’en diront les autres : Une autre caractéristique des vieux groupes : on ne calcule presque plus quand ils sont dans les parages. C’est triste. Bien entendu ça n’a rien à voir avec leur notoriété, mais dans ce cas, assumons et arrêtons de râler sur le fait que certains groupes attendent 15 ans pour venir jusqu’à nous. Fuck.

Avis du conseil : Still au top, les gars.

Suite logique : En attendant que nos oreilles s’en remettent, prendre tendrement son papa par le cou, pour qu’il nous redise encore une fois : « Tu vois, les groupes d’avant, c’est quand même autre chose ! ». Oui papa, tu as raison…

Ce soir, j’ai regretté… de ne pas avoir expié Lemmy de ce qu’il a à dire à qui veut l’entendre, comme un grand-père qui ne peut s’empêcher de nous raconter la Seconde Guerre Mondiale, pour entendre une de ses milles histoires de sa vie plus que remplie, avec tendresse, pudeur, à des kilomètres de l’image d’ours sociopathe qu’on s’en fait a priori (cf. Lemmy, sympathique documentaire sur sa vie et aussi peut-être ses mœurs…).

Pourcentages : 70%

Article rédigé par Matthias Haghcheno

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