TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESALBUM / Miles Kane « Colour of the Trap »

Titre : Colour of the Trap
Artiste : Miles Kane
Année de sortie : 2011
Pays : Angleterre

L’album en un tweet : « Paul McCartney is alive. »

Commentaires. On reproche souvent à nos amis d’outre-Manche de manquer d’originalité. D’être un peu restés aux années 60. Restez sérieux, ne me dites pas « Muse ! » comme ça. Est-ce vrai en soi ? Oui. Mais on est cons. Parce que ce qu’il y a de bien avec la musique, la vraie la bonne, c’est qu’elle n’a pas besoin de se justifier de son époque pour exister. Alors oui, les Anglais sont rétrogrades. La fraîcheur, c’est New York les gars. Mais branlons-nous en, voulez-vous ? L’espace d’un album, histoire que je vous présente le plus bel instigateur de la pop made in UK depuis le split d’Oasis et le voyage transcendantal des Arctic chez l’oncle Sam : Miles Kane. Son très attendu album solo est sorti il y a quelques temps maintenant, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas trahi ses origines. On se rappelle de lui et de ses Rascals, groupe-éclair qui nous avait ébloui avec un seul et unique album en 2008. L’année d’après fleurissait un ambitieux projet ambient pop, baptisé The Last Shadow Puppets, projet porté à bout de bras avec son compère Alex Turner – tiens tiens… Et aujourd’hui, ce Colour of the Trap confirmera deux choses prépondérantes dans la musique anglaise : petit un, le fantôme de John Lennon sera toujours présent chez eux, quoiqu’il advienne. Petit deux, monsieur Kane a un peu subi la popularité de sa collaboration avec l’Arctic Monkey, et on le remarque un peu à nos dépends. Les cors, les rythmes enjoués, la générosité et l’énergie, je crois bien que c’est à lui qu’on les devait. À Turner la mélancolie et les guitares acides. Et ces qualités de pop classe, on les retrouve ici, avec des morceaux vifs comme Come Closer, des balades un peu plus naïves comme My Fantasy ou des hommages appuyés comme Inhaler ou le morceau éponyme, très réussies dans leurs genres. Une vraie réussite, appuyée par un track listing particulièrement pertinent, de douze pistes.

Contexte.  Juste le temps de se faire remarquer par des pointures comme Noel Gallagher (qui lui filera un coup de main sur ce disque et notamment sur le morceau My Fantasy), Miles Kane a, malgré les apparences, fait son album assez rapidement, occupé qu’il était avec ses multiples projets. Il aura dû digérer la désillusion des Rascals, boucler définitivement les Last Shadow Puppets – dont on soupçonne un deuxième album lorsque la tournée des Arctic sera terminée, pour pouvoir se lancer dans un vrai projet solo et personnel.

Instant dispensable. Take the Night From me, aux influences italiennes loupées et ringardes.
Instant indispensable. L’album étant bourré de hits, difficile de passer un moment vraiment meilleur qu’un autre. Malgré tout, Colour of the Trap, le morceau, nous fait finalement réaliser la subtilité d’écriture du bonhomme, après avoir traversé avec lui onze pistes délicieuses certes, mais peut-être trop fugaces.

Rider :
– Lieu : au lit avec son amoureux/se, au petit matin (veillez à entretenir la distance de sécurité due à vos haleines respectives).
– Météo : belle matinée ensoleillée. Le store laisse passer juste ce qu’il faut de lumière vive.
– Mood : je vais pas dire « coquine », j’aurais l’impression d’écrire une chronique de femme « libre et bien dans sa peau » pour Elle… bon tant pis.
– Boisson : aucune, de toute façon on a la flemme d’aller se la chercher.

Ce qu’en diront les autres : beaucoup de bien évidemment (le contraire paraît franchement difficile, ça reste easy-listening tout de même), sauf que certains vont le trouver inexplicablement génial et en profiter pour évoquer une énième fois le jeune âge de l’artiste, et d’autres vont carrément y voir le fameux revival de la pop anglo-saxonne tant attendu… Pour comprendre une telle ineptie, veuillez jeter un œil au-dessus.

Avis du conseil : De la qualité d’antan !

Suite logique. En album de gentleman, vous finirez par faire l’amour sur le fameux dernier morceau, doux comme il le faut. En vous, comme le connard profond que vous êtes, vous vous direz forcément « Toi, mon piège, t’en as même pas vu la couleur ! ». Pas bravo.

Pourcentage : 70%

En concert au Bikini le 8 novembre prochain dans le cadre du festival Les inRocKs Black XS.

Article rédigé par Matthias Haghcheno

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