TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESL’Europe s’indigne dans les rues de Paris

« Los indignados » lors du mouvement à Madrid

« Hisséo ! Indignado ! » chantaient des centaines d’Indignés venus à pied de Barcelone, Madrid et Toulouse, en halte à Paris le weekend du 17 septembre. Coïncidant avec la journée mondiale « anti-banque », les marcheurs ont appelé les citoyens européens à se mobiliser contre le fonctionnement du pouvoir actuel en manifestant puis en organisant un débat sur la dette.

 

Espagnols et Français se sont rassemblés dans la capitale avant de poursuivre leur route vers Bruxelles où ils ont rendez-vous le 9 octobre pour une semaine de protestations et de forums.  Ils y seront rejoints par des Indignés allemands et néerlandais. Environ 300 personnes ont ainsi défilé de la Cité universitaire à la place de la Bastille en s’arrêtant devant la Banque de France pour contester le contrôle des marchés. Leur présence prouve une nouvelle fois que la vague de contestation européenne inspirée du manifeste de Stéphane Hessel, Indignez-vous !, ne désemplit pas. Parti du mouvement du 15M ( 15 mai) en Espagne, et repris le 19 mai en France, il a pour but d’instaurer une « démocratie réelle ». La marche initiée par les Toulousains le 24 juillet épouse cet objectif.

Les Indignés, manifestants et acteurs d’une démocratie locale
Les Madrilènes, Barcelonais et Toulousains sont partis, sacs de couchage sur le dos, en plusieurs groupes pour récolter les doléances des habitants rencontrés dans les villages. Ces problèmes locaux seront ensuite transmis à la Commission européenne à Bruxelles. Frédéric 37 ans, technicien en informatique à Paris, le confirme : « Les Marcheurs ont été bien accueillis. Les habitants leur donnaient de la nourriture, des habits, ou les véhiculaient quand ils en avaient besoin. Certains policiers leur ont même confié leur soutien ». Pour aboutir à une « démocratie réelle », appartenant aux peuples, le travail ne s’arrête pas là.  « La marche constitue un des outils du mouvement », rappelle Iguane, 28 ans, publicitaire bordelais. « Elle donne plus de visibilité, mais il ne faut pas oublier les commissions de quartier, les groupes de travail, les assemblées générales, etc . On repart à la base en installant d’abord une démocratie locale entre nous».

Réunis contre la corruption politico-financière, la loi de 1973 qui oblige l’Etat à emprunter aux banques, le contrôle des marchés, le chômage, les injustices sociales, les inégalités, la fin du service public, les Indignés ne sont pas que des manifestants. Bien au contraire, pour Rok, indigné barcelonais de 21 ans, technicien du son : « Lorsque je les ai vu travailler ensemble, je les ai tout de suite rejoint. Ce n’est pas comme dans les manifestations où les gens partent après avoir exprimé leur mécontentement. Ici on construit les bases d’un nouveau fonctionnement démocratique, en collectivité ».  Ni syndicat, ni parti politique, ni chef, ni représentant, chaque Indigné est responsable de ses choix et de sa parole, même s’il appartient à d’autres mouvances. Le respect de la non-violence et de la libre-parole comme ligne de conduite, les participants s’expriment en signes lors des assemblées générales, les applaudissements restant silencieux. « Au pique-nique d’accueil des marcheurs le 17 septembre à la Cité U, nous avons acheté des bières bios sans alcool pour éviter tout débordement », raconte Frédéric.

Du pacifisme à la répression.
Pourtant, leur pacifisme semble constituer une menace. Si ce weekend, la centaine d’arrestations du 19 juin sur le parvis de Notre-Dame à Paris a été évitée, la pression policière continue de se faire sentir. Selon un communiqué des Indignés, la police les a encerclé au soir du 17 septembre avant de les expulser de la place de la Bastille où ils devaient tenir une assemblée générale. Un témoignage figurant sur le groupe Facebook Démocratie Réelle Maintenant (http://goo.gl/SJOnX), rapporte un autre incident. Dimanche, à 2h du matin, au gymnase de Champigny où devait dormir une cinquantaine de marcheurs, un cordon de policiers aurait empêché l’entrée, avant de céder grâce à l’intervention d’un élu de la ville. Lundi 19 septembre, selon le même groupe Facebook, une manifestation spontanée était organisée en début de soirée au ‎139, Boulevard Saint-Germain à Paris où plusieurs marcheurs auraient été embarqués par la police.

« Ils ont le chiffre, nous avons le nombre ! » scandaient des Indignés durant le weekend. Ils n’étaient pas seulement accompagnés des policiers, les journalistes ont eux aussi répondu à l’appel alors qu’ils semblaient jusqu’à présent se désintéresser du sujet. TF1, Arte, l’AFP, I-Télé, TV5, et d’autres médias ont couvert la manifestation du 17 septembre. Si la marche gagne en visibilité, l’indignation sera-t-elle partagée à Bruxelles la semaine du 9 octobre ? Affaire à suivre.

Article rédigé par La rédaction Aparté.com

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