TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESCONCERT / Antiheroes Melt Party #1 à la Dynamo

Yaa
(c) Clément Bergeot

 

Qui? YAA, Kid North, MC2, Bounce, The Badger, Neofluxx.

Où? La Dynamo, Toulouse.

Quand? Samedi 17 septembre 2011

Quoi? On était fixés d’avance, les Parisiens de Kid North nagent athlétiquement dans le sillon de Phoenix. Nonobstant l’absence de claviers carrément dispensables, le quartet assied à un public maigre en nombre ( huée frondeuse contre les retardataires, les absents et les déserteurs), une prolongation du style de nos Versaillais prodiges. Non pas une copie conforme comme se plaisent à penser quelques râlants ruminants. Plutôt une panoplie de partitions à la précision sans à-coups, accouchant sur les planches d’un groove imparable. Entrecroisements des guitares, gimmicks math-rock et batterie chirurgicale sont à l’honneur. Sans ne jamais déroger à l’efficacité pop omniprésente. Si le chanteur nous fait part de ses enrouements passagers, on a tendance à le taxer de fausse modestie quand il ramène son saisissant falsetto. Kid North fait partie de ces groupes qui, sans s’écarter des sentiers battus, les parcourent avec passion, et surtout, les bétonnent.

Exercice stérile que d’esquisser ici le portrait des YAA, déjà académiquement présentés et plébiscités par les Inrocks. Ayant assisté à leurs premiers pas sur scène, leurs progrès me sont flagrants. Les Toulousains ont indubitablement gagné en assurance ce qu’ils ont perdus de leurs tâtonnements initiaux. Le bricolage sonore d’antan a cédé la place à un travail sur les textures maitrisé. Tout en accès de rage sonique. Pourtant, spontanéité et énergie dévastatrice sont mots d’ordre: YAA, c’est avant tout un cri qui sort des tripes. Et ça plait. En attestent les têtes dodelinantes de l’assistance, et tout particulièrement la danse tectonico-chamanique qu’amorce un individu esseulé dans la fosse. Acte manqué ou comportement d’avant-garde? Sans doute une absorption immodérée de tord-boyaux (ma petite touche de campagne préventive pour faire plaisir au ministère de la santé) . In  fine, on ne peut que saluer l’expression scénique de Philippe (voix de tête, guitare, claviers) et ses audacieuses prouesses chorégraphiques. Maitriser cette périlleuse discipline sportive qu’est la corde-à-sauter avec un jack, ce n’est pas donné à tout le monde.

La soirée se termine avec les DJ-sets de Neofluxx, Bounce, MC2 et The Badger, quatre artistes de la scène électronique « souterraine ». N’étant pas un émérite érudit en matière d’électro, j’achèverai mon propos par un attristant constat: un public s’évaporant au fil des minutes. Moins du à la qualité des prestations proposées qu’à l’heure tardive et la densité de la programmation. M’est avis.

Contexte: Au commencement, était un album: Come What May de Pilot Daemon. Plus qu’un disque, il s’avère le cor fédérateur de la scène hardcore toulousaine, rassemblant nombre de formations indépendantes de qualité en une structure active. Antiheroes est né. Pourtant, le collectif se ne limite en rien aux sonorités heavy du hardcore et étend son domaine musical à des styles aussi variés que le shoegaze, la pop, le punk, le post-rock, le hip-hop et l’électro. Avis aux autochtones, de prochaines Melt Party ainsi qu’un festival Antiheroes sont à venir. Présence obligatoire.

Sociotype: 20-28 ans; Manifestement les potes des potes des organisateurs de la soirée ou des musiciens. Les chaussettes ne sont pas les bienvenues.

Ce que révèle Pierre Bourgi: « J’ai été tenu au silence, mais, à l’égard de tous les Français, ma conscience m’oblige à exprimer la vérité. J’ai été chargé, à plusieurs reprises, de remettre des mallettes de billets de banque en provenance de dirigeants Africains aux musiciens de YAA et de Kid North, dans le but occulte de financer leurs tournées respectives ».

Avis du conseil: Ensemble satisfaisant mais classe agitée. Des efforts sont à fournir en matière de comportement: il est notamment interdit de fumer dans les couloirs entre les cours.

Suite logique: Naturellement, la Place dont on ne peut prononcer le nom sans vaciller, pris de court par les relents houblonnés de la veille. De l’avant veille pour les plus pondérés d’entre nous.

Ce soir j’ai regretté l’absence de Montreal On Fire… Et de Emmanuel Tricoire aussi. Mais chut, il faut pas l’ébruiter.

Pourcentage: 68 %

Article rédigé par Marc Bonomelli

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