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TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESEn Aparté avec … Antoine de Maximy

Le plus célèbre des routards français était de passage à Toulouse pour parler de son émission J’irai dormir chez vous et de son projet de long-métrage de fiction: J’irai mourir dans les Carpates. Un ovni cinématographique qui deviendra réalité seulement s’il parvient à boucler la campagne de financement participatif.

 

Photo Kevin Figuier, Aparté.com

 

Tel un athlète qui réalise un demi-fond avec obstacles, Antoine de Maximy court à travers la France pour parler de l’émission qui a fait sa notoriété. En une demi-journée, il enchaine deux rencontres avec le public. Mais à l’écouter avec attention, on pourrait croire que l’homme serait plus à l’aise —si on poursuit l’analogie sportive— dans une discipline telle dans la marche athlétique. Prendre le temps, quitte à faire «à l’arrache», car le plus important est de produire quelque chose qui n’entre pas dans des cases.

Depuis plus de quinze ans, le lyonnais sillonne le monde pour montrer et écouter ce qui anime «les gens». Ce n’est pas du journalisme mais plutôt un documentaire «qui sort des schémas classiques» en plusieurs épisodes. La série J’irai dormir chez vous (JDCV) en compte déjà plus de soixante. Son concept, tellement simple qu’on pourrait être jaloux de ne pas y avoir penser avant, est pourtant refusé «par toutes les chaines de télévisions» qui n’y voient aucune plus-value en terme d’information et restent dubitatif sur le parti pris visuel. «[Les chaines de télévision,] ce n’est pas l’Armée du salut», rajoute-t-il. Mais quand on voit le succès, certains doivent encore se mordre les doigts d’avoir décliné la proposition. Au début, seule la chaine Voyage accepte le challenge. Canal+, la chaine cryptée, a diffusé une saison mais c’est avec France 5 que la série documentaire connaît un véritable succès d’audience. Le public est au rendez-vous et apprécie aujourd’hui encore «l’absence de commentaire», la «totale improvisation» et les situations plus rocambolesques les unes que les autres. Le réalisateur narre un souvenir où trois-quatre jours avant le tournage d’un nouvel épisode, il n’avait aucune idée de sa destination. À l’aéroport Charles-de-Gaulle, le routard demande au guichet Air France où partir immédiatement, avec tel budget, à moins de 4h d’avion et sans passeport. Son point de chute sera finalement la Grèce.

 

L’autodictate

Pour arriver à capter l’attention des personnes qu’il rencontre et parvenir à dormir chez l’habitant, Antoine de Maximy utilise toujours la même «manière de faire (…), tu parles aux gens comme si tu les connaissais déjà». Conscient du «fossé culturel» qui peut exister dans les différents pays qu’il explore, Maximy fait le constat qu’«il y a la même proportion de gens méchants, drôles ou con partout dans le monde». La seule restriction qu’il impose à son désir inarrêtable de découvrir les gens est qu’il «ne fait plus les pays en guerre». Les conflits armés, il en a déjà vu. Il y a eu le Liban «avec l’armée» où il est formé à la technique avec le service audiovisuel et la Tchétchénie mais cette fois-ci pour une grande chaine de télé américaine. À cette époque, il «avait déjà une fille» et malgré son projet de réaliser des «portraits de photographes de guerre» on devine que l’instinct paternel a réfréné une part de lui-même. «Je suis toujours un peu dans la lune», avoue encore Antoine de Maximy. Mauvais scolairement, il est «viré de l’école» avant d’atteindre le bac. Il a mis «deux-trois ans» pour s’en remettre et trouver un leitmotiv à sa vie.

Têtu, monotâche et inventif, le documentariste souhaite se consacrer uniquement à une fiction de cinéma. Un projet déjà vieux de sept années dont l’histoire s’inspire de JDCV.

 

«L’histoire commence par un banal accident de voiture sur route montagneuse des Carpates (Roumanie). La voiture a été emportée par une rivière et on n’a pas retrouvé le corps du globe-squatteur, Antoine de Maximy. Les bagages et le matériel sont rapatriés à Paris. Agnès, la monteuse de la série, décide de terminer ce dernier épisode. Après avoir visionné les images elle s’attaque au montage du film. Mais des détails attirent son attention. Agnès commence à avoir des doutes. L’histoire n’est peut-être pas aussi simple…»

 

Un projet qui n’entre, une fois de plus, dans aucune case des producteurs qui d’ailleurs hésitent à le financer. En moyenne, une fiction cinématographique coûte entre 2 à 3M€. Une somme bien loin d’un épisode de JDCV qui représente «quelques dizaines de milliers d’euros». Pour sa fiction et avec un budget de 2oo.ooo€, il pourrait tourner «à l’arrache avec des potes, mais [il] le fait!». Il ose d’ailleurs une comparaison avec un film à petit budget, complètement barré mais qui a révélé l’acteur belge Benoît Poelvoorde, avec C’est arrivé près de chez vous. Pour rassembler les 2oo.ooo€, l’animateur de télévision mise sur une campagne de financement participatif et atteint ce jour les 121.ooo€. En parallèle, Antoine de Maximy se fait le VRP de lui-même en s’imposant un tour de France.

L’homme n’est pas du style à vouloir baisser les bras, c’est maintenant ou jamais. Une volonté d’agir qui se fait peut-être au détriment de la fatigue physique. «Je ne suis plus tout jeune», souffle le nouveau sexagénaire. Il assure ne pas boire de café, ni fumer et encore moins prendre des produits dopant. Il a déjà parcouru «3.5ookm depuis le départ de [sa] tournée française», enchaîné quinze rencontres et autant d’anecdotes JDCV à répéter pour briser la glace avec son public. On déduit que Maximy préfère davantage écouter les autres que parler de lui-même. Après deux heures avec les toulousains, il est «désolé» de prendre congé et quitte la Ville rose pour rejoindre un cinéma à Muret. Il trouve le temps de poser là-aussi à l’arrache pour une photo et part seul, comme dans son émission, vers sa nouvelle destination.

Article rédigé par Kevin Figuier

Sur les Internet et sur papier – Rédacteur en chef Aparté.com

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