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TEMPS DE LECTURE : 6 MINUTESLes idées et les rêves des jeunesses haut-garonnaises

Gratuité ou tarif réduit des transports en commun pour les jeunes, revenu universel dès 14 ans pour les apprentis, création de tiers-lieux pour les jeunes, … le conseil départemental (PS) de la Haute-Garonne a lancé son premier Forum des jeunesses haut-garonnaises. Cette nouvelle phase de consultations s’inscrit dans l’élaboration du futur «plan d’action jeunesses 2o19-2o21» présenté en juin prochain.

 

Photo Kevin Figuier, Aparté.com

 

 

Le temps d’un mercredi après-midi, le «pavillon République» de l’hôtel du département a des allures de cour de récré géante. À l’intérieur, pas moins de trois cents jeunes âgés de 11 à 29 ans. Dans le tumulte de voix différentes, les participants cherchent comment améliorer leur quotidien et tentent de répondre à la vertigineuse question de leur avenir collectif. «On n’a pas attendu le Grand débat national pour écouter les jeunes», lance au micro, Arnaud Simion, le vice-président en charge de l’action sociale enfance et jeunesse dans une salle où tout le monde parle à voix haute. Initié par le conseil départemental de la Haute-Garonne, le 1er Forum des jeunesses haut-garonnaises veut brasser les esprits de son territoire pour faire émerger «des propositions concrètes».

Là, plusieurs adolescents s’investissent dans un atelier «pour être bien au collège et au lycée» quand d’autres planchent sur «valoriser nos quartiers». En sortant de l’immense tente étanche, le coin «autonomie: le gros débat» à la cafétéria rassemble des jeunes en âge de voter. La vingtaine de personne se rassemble debout et forme un cercle. Ballon de volley-ball dans les mains, une intervenante d’une MJC envoie la balle en face et demande à son interlocutrice de se présenter. Prénom, âge, lieu de résidence et si on appartient à «une structure [associative]». La méthode de renforcement d’équipe (ou team building), plutôt réservée au monde de l’entreprise, semble fonctionner et sur les visages se dessinent des sourires.

 

«Marcher 4km pour trouver un arrêt de bus»

Trois groupes se forment et les participants disposent de quarante-cinq minutes pour répondre à trois questions. «C’est quoi le problème de l’autonomie?», «quel serait l’idéal pour atteindre l’autonomie?» et enfin «quelles sont les contraintes qui empêchent d’atteindre cet idéal?». Les jeunes adultes vident leurs besaces pleines de pensées et, sans surprise, le premier problème relevé est celui de la mobilité qui touche surtout celles et ceux qui vivent à la campagne. Selon les concernés, l’absence de transports en commun sur certains territoires ruraux s’explique par la «logique» économique. Mettre des lignes de bus à de tels endroits ne seraient «pas rentables» avec un investissement qui «coûte cher». «J’habite au fin fond de Seysses (commune située à 20km de Toulouse, NDLR) et il faut que je marche 4km pour trouver un arrêt de bus», témoigne une participante. Outre le problème de maillage dans le département, d’autres reprochent les horaires de fonctionnement des lignes existantes et la fréquence des passages. Plusieurs proposent la gratuité ou un tarif réduit des transports en commun.

La mobilité n’est pas la seule thématique qui se rapporte aux enjeux de l’autonomie, le sujet de l’éducation avec notamment l’orientation scolaire est posé sur la table. «Au collège, un seul stage d’observation n’est pas suffisant pour se faire une idée sur notre avenir professionnel», fait remarquer un jeune homme. Autre proposition qui pourrait permettre d’atteindre «l’idéal», celle d’un «revenu universel dès 14 ans pour les apprentis qui doivent s’équiper» matériellement dans le cadre de leur formation. Une allocation dont l’attribution ne serait pas conditionnée «selon les revenus des parents». Toujours dans le volet des aides publiques, plusieurs constatent que l’accès à l’information aux prestations sociales ainsi que des droits doivent s’améliorer. Chaque année, dix milliards d’euros ne sont pas réclamés par les bénéficiaires comme l’explique la radio nationale France bleu.

 

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Avec son sweat violet et un jean délavé remonté aux chevilles, Vincent, 2o ans, a le look du jeune tout droit sorti d’une série américaine Netflix. Contrairement à ses camarades du jour, Vincent a le permis de conduire grâce à ses parents. Il vit à Rieumes, à une quarantaine de kilomètres de Toulouse, et entame un CAP de menuisier à l’Ecole de la transition écologique (Etre) avant d’espérer devenir ingénieur forestier. Issu d’une filière scientifique, le jeune homme est contraint en classe de terminale de travailler dans l’entreprise familiale et se met en difficulté au point d’être en situation de décrochage scolaire. Pour remonter la pente, il se tourne vers Pôle emploi où après quatre rendez-vous il est finalement redirigé chez le «Pôle emploi des jeunes», autrement désigné par mission locale. Un «beau projet avec des conseillers de très bonne volonté mais qui manque de moyens», explique Mélanie, 2o ans, également passée par cette structure. La jeune femme raconte à «Aparté.com» qu’il est «difficile d’être à la fois en cours et d’avoir un travail d’étudiant qui est souvent épuisant». L’une des solutions pour régler le problème passe selon elle par «un soutien financier de la part de l’État» sous la forme d’une «allocation».

Dans les autres ateliers, les propositions fleurissent. Pêle-mêle et de manière non exhaustive, il y a la création d’un festival culturel itinérant, l’élaboration d’une journée annuelle des jeunes, la création de tiers-lieux pour se retrouver, l’affirmation de lutter contre le réchauffement climatique, de prévenir contre toutes les discriminations et formes de harcèlements mais aussi davantage de mixité sociale dans les collèges (dont la construction, l’entretien et l’équipement est une compétence obligatoire du conseil départemental).

Cette nouvelle phase de consultations s’inscrit dans le processus d’élaboration du futur «plan d’action jeunesses» qui s’échelonne de 2o19 à 2o21. Il sera soumis au vote des conseillers départementaux —à majorité socialiste— en séance plénière au mois de juin. En attendant, la collectivité territoriale va examiner avec les différents acteurs locaux toutes les idées et propositions concrètes. Elles feront l’objet d’une évaluation budgétaire et de faisabilité. «Les élus auront la responsabilité de transformer les idées en projet», conclut Arnaud Simion. En 2o14, la Haute-Garonne comptait 345.139 jeunes de 11 à 29 ans, soit 26,2% de la population départementale. Un nombre qui doit tripler pour les 1o-14 ans à l’horizon 2o5o d’après l’Insee.

Article rédigé par Kevin Figuier

Sur les Internet et sur papier – Rédacteur en chef Aparté.com

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