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TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESDu sexe dans tes oreilles

Il y a des événements qu’on ne se lasserait pas de célébrer… Surtout lorsque c’est sous la couette que ça se fête! Comme tous les 21 décembre depuis 2006, la Journée mondiale de l’orgasme exalte les bienfaits salvateurs des jouissances réciproques. L’occasion, encore en 2018, de briser les tabous autour des plaisirs de la chair, dont certains artistes musicaux engagés s’en sont fait l’écho. Et ce, dès les années 1960.

 

 

Déjà en 1964, à l’occasion d’une apparition télévisée, avec son titre Les Nuits d’une demoiselle (1963), Colette Renard dresse un catalogue d’expressions argotiques des rapports sexuels, qu’elle avait établi l’an passé. C’est d’un sourire mutin qu’elle y interprète ses métaphores érotico-poétiques évocatrices. Alors que toutes les radios, dont celles de l’ORTF, s’étaient accordées pour censurer cette éloge linguistique de l’érotisme, Radio Nova, malgré les menaces d’interdiction, a été rendue célèbre pour avoir pris le risque de diffuser ce morceau, aujourd’hui devenu incontournable.

 

 

Contemporain de Colette Renard, avec qui il a partagé une scène à Bobino en 1976, Georges Brassens  a fait de son titre Quatre vingt quinze pour cent le porte-étendard de la passivité sexuelle qu’une majorité de femmes étaient susceptibles de ressentir dans le lit conjugal: «Quatre vingt quinze fois sur cent, la femme s’emmerde en baisant». Du fait d’un monopole de la pudeur, permis par une emprise moralisatrice et culpabilisante d’une société judéo-chrétienne toujours enracinée dans l’occultation du plaisir féminin, les femmes continuaient de se faire «manger le plaisir sur le dos». Si ce morceau apparaît sexuellement avant-gardiste, compte tenue de sa date de sortie, il est toutefois navrant de constater que même au début des années 1970, la misogynie était de rigueur puisque comme «la femme est avant tout sentimentale» il lui est inconcevable d’éprouver du plaisir sans qu’elle soit émotionnellement investie d’une passion amoureuse car «s’il [le partenaire masculin] n’entend le cœur qui bat, le corps non plus ne bronche pas».

 

 

Des morceaux toujours plus sexeplicites

Il va s’en dire qu’exprimer le souhait d’être violenté.e sexuellement n’était pas monnaie courante au crépuscule des années 1950. Et pourtant, ils savaient que c’était le cas, alors ils l’ont chanté. Bafouant les lois de la bienséance pudibonde, Magali Noël et Boris Vian formulent avec justesse le désir d’impétuosité et de brutalité (ici, de la part du partenaire féminin) dans les rapports libidinaux avec Fais moi mal Johnny.  Si toutes les histoires d’amour finissent toujours mal en général,  le tandem Noël-Vian raconte les histoires de sexe qui, à défaut de glorifier le romantisme torturé lorsque le cœur est grêlé de bleus, laisse «des bleus plein les fesses».

 

 

Dans la veine des paroliers caustiques, à l’image de Vian ou Gainsbourg, est nommé David Lafore. 20 francs (2011), titre emblématique du volume II du groupe David Lafore Cinq Têtes, renverse les schémas narratifs rétrogrades en inversant les rôles attribués aux genres et en renversant les codes liés à l’âgisme: «Pour la fête des grand-mères, avant qu’elle soit sous terre… Un cunni, pour Mamie!». Une pincée de textes minimalistes garantis sans pudeur , un brin de sarcasme poétique, le tout empreint d’une poignée de rythmes caribéens voguant direction les réjouissances surréalistes, c’est le cocktail d’absurdité musicale de David Lafore.

 

 

Quel morceau plus sexualo-indépendantiste que celui du libertaire anarcho-cynique Jean Yanne? Coït (1975), c’est une invitation (quoique.. une injonction?) sexeplicite au partage orgasmique avec un.e./des inconnu.es. Un titre phare composé pour la bande originale de la comédie outrancière, réalisée par ledit Jean Yanne, Chobizenesse.

 

 

Souvent teintée d’un ton grivois, la chanson française regorge de badineries musicales coquines galvanisant toujours plus poétiquement le plaisir de jouir.

Article rédigé par Lisa Fgn

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