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TEMPS DE LECTURE : 13 MINUTESL’Hérault aux mille visages

Des terres rouges du lac du Salagou en passant par les canyons verdoyants du pont du Diable aux plateaux secs du Larzac, le département de l’Hérault a un paysage très diversifié qui rassemble une multitude d’espaces naturels, dont deux répertoriés comme «grand site de France» et un 3ème en devenir. Découvertes.

 

La partie quasi-circulaire correspondait à un ancien méandre disparu il y a plus de 6.000 ans à Saint-Maurice-Navacelles — Photo Kevin Figuier, Aparté.com

 

 

Immédiatement, quand on arrive dans l’Hérault, les premiers sons audibles sont ceux des cigales qui cymbalisent. Si vous aimez les grands espaces naturels, ce département vous en mettra plein la vue. Le temps d’un week-end (prolongé), les différents territoires de l’Hérault permettent —selon vos attentes— un dépaysement total. Commencez votre séjour par l’emblématique pont du Diable avec ses pierres blanches. Restauré en 2015, il est classé aux monuments historiques depuis 1996 et inscrit dans la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (1998). Construit entre 1028 et 1031, le pont du Diable répond aux souhaits de deux abbayes, celles d’Aniane et de Gellone, pour contrôler à titre d’impôt les deux rives. Derrière cette commande, une légende recouvre la construction de ce pont haut de 15 mètres et long de 50 mètres. Vous pouvez profiter de la plage et vous baigner en toute quiétude dans l’Hérault —le fleuve— puisque le site est surveillé par des maitres-nageurs.

 

 

Cliquez sur l’une des photos pour l’agrandir

 

 

Envie de plus de fraîcheur? Plus en retrait, dans les gorges, la grotte de Clamouse est une pépite souterraine. Avec une température constante de 15°c., ces cavités sont connues par les chercheurs du monde entier pour ses concrétions excentriques qui défient les lois de la gravité. Avec son parcours pédestre de 900 mètres et ses différentes salles, vous pouvez contempler des orgues, des draperies, des aragonites et fistuleuses âgées de plusieurs millions d’années. Une vidéo d’introduction tournée en 4K permet une bonne entrée en matière et se poursuit par une visite guidée d’1h20. Découverte en août 1945 par une bande d’amis passionnés de spéléo’, il est possible de pratiquer l’une des deux pistes de «spéléopark» pour découvrir autrement ce site naturel.

 

/// Pour aller plus loin: [Vidéo] L’histoire de la découverte de la grotte de Clamouse racontée par la bande d’amis

 

À l’instar du pont du Diable et de la grotte de Clamouse, le pittoresque Saint-Guilhem-le-Désert fait partie du grand site de France « Gorges de l’Hérault ». Avec ce label, ces différents lieux assurent au public de pouvoir trouver sur un même endroit un office de tourisme et des services (navette gratuite, restaurant, boutique) qu’exigent ce type de certification. Fondé en 804 par Guillaume de Gellone, officier militaire issu de l’aristocratie, il est le petit-fils de Charles Martel lui-même cousin de Charlemagne. En outre, il est l’un des premiers Comte (carolingien) de Toulouse entre 790 et 806 et devient marquis de Septimanie, autrefois province de Narbonne. Cette responsabilité confiée par Charlemagne en personne a pour objectif que de Gellone garde un contrôle sur la région. Touché en fin de vie par la religion, l’homme devient un pieux catholique et décide de fonder une abbaye qui porte aujourd’hui son nom. L’édifice religieux est classé depuis 1998 au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Dans ce village médiéval, « le-Désert » ne désigne pas l’absence de faune et de flore mais symbolise la retraite spirituelle où les hommes ne sont pas présents, voulu par Guillaume de Gellone. Considéré comme l’un des plus beaux villages de France par l’association éponyme, «Aparté.com» vous conseille de visiter Saint-Guilhem-le-Désert en prenant le grand chemin du val de Gellone. Par cette route, vous arriverez sur la place de la Liberté où une Marianne et un platane de 163 ans veillent sur les lieux. Notez que si vous souhaitez poursuite votre visite de manière commentée, vous pouvez solliciter un guide personnalisé grâce à l’application Izi Travel disponible sur smartphone.

 

 

 

Toujours dans le village médiéval, la brasserie artisanale Làsarde s’est installée en mai 2018 au 25 chemin du Bout du monde. Les heureux propriétaires, Delphine et Julien Minazzo, proposent chez eux deux bières à consommer sur place ou en vente directe. L’une, une brune, est nommée Source des moines et l’autre, une blonde, l’Occitoise. Brassée sur place, l’eau est puisée dans le village et les patrons ont avant tout souhaité vendre un « produit propre ». « Une brune pour le midi, car elle est douce, et une blonde pour l’apéro du soir », explique avec sourire Delphine. Et on confirme, ces deux bières sont très bonnes et à consommer —bien naturellement— avec modération!

 

À une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Montpellier, le lac du Salagou foisonne d’activités sportives et géologiques. Classé zone Natura 2000, ce site est considéré comme exceptionnel en terme de géologie, de faune et de flore. Le Salagou est bien connu de la région par la présence de sa ruffe rouge. Cette caractéristique s’explique par la présence de l’ancien climat tropical chargé en fer et qui, en s’oxydant, permet d’obtenir cette couleur. Comme un livre à ciel ouvert, il facile de lire les différentes périodes de ce territoire vieux de 300 millions d’années. Et en effet, lorsque la Terre n’était qu’un supercontinent, le site actuel du Salagou se situait à l’époque de l’ère primaire à plus de 8.000 km au sud, soit au Sénégal. Au début des années 1960, « la surproduction viticole a suscité des études de reconversion en cultures fruitières ». Un recyclage qui nécessite beaucoup d’eau pour irriguer les 40.000 hectares de la vallée de l’Hérault qui s’étendent sur 13 km. Entre les crues automnales et les déficits d’eau avec le fleuve en été, décision est prise de construire un barrage. Après des travaux qui ont duré quatre années en 1964, la rivière du Salagou devient un lac avec près de 120 millions m³ d’eau. Et si vous avez un peu peur des profondeurs, la moyenne est de 15m sous l’eau pour attendre à certains endroits 55 mètres. Aujourd’hui encore, une partie d’un ancien village est engloutie avec «quelques poteaux téléphoniques, ponts, arbres, vignes et murets».

 

L’aspect ondulé sur cette pierre est en réalité le vestige de vaguelettes fossilisées — Photo Kevin Figuier, Aparté.com

 

 

 

 

De l’autre côté de la vallée, changement de décors. On passe des terres martiennes aux rochers calcaires dolomites du cirque de Mourèze avec son paysage teinté de blanc et de vert. Un cirque? Non, pas celui où on emmène les enfants mais un canyon. Celui de Mourèze est vieux de 170 millions d’années. Dans cette zone peu profonde, la mer Méditerranée était composée de volcans, de calcaires, de roches et de sédiments marins. Avec le mouvement des plaques terrestre, l’eau s’est retirée et depuis le néolithique de gros blocs de pierre s’élèvent jusqu’à sept mètres vers le ciel. Tous ont été façonnés par l’érosion et les courants d’eaux. De cet ensemble naturel, l’Homme préhistorique a trouvé refuge dans ces « rochers-habitats » dont certains avaient une portée totémique. On découvre aussi la présence de mégalithes romaines. Sur place, le visiteur peut découvrir via un chemin balisé —de trente minutes— le parc ainsi que le belvédère qui offre une vue sur le cirque et le village de deux cents âmes. Jusque dans les années 1970, le cirque de Mourèze avait un paysage lunaire. Avec l’arrêt du pastoralisme et des activités humaines comme la transformation du charbon, la végétation repousse et masque de manière inéluctable les tours de dolomies.

 

 

Vues sur le village et une partie du cirque de Mourèze (on vous laisse découvrir sa totalité sur place !)  — Photo Kevin Figuier, Aparté.com

 

 

Autre cirque, celui de Navacelles est un site exceptionnel qui mérite le détour. Lui aussi classé Grand site de France depuis 2017. Pris en sandwich entre le plateau du Larzac et de Blandas, cette merveille de la nature, qui fait partie de l’espace « Causses et Cévennes », classé par l’UNESCO est traversée par la Vis, un cours d’eau qui délimite le département de l’Hérault de celui du Gard. Avant de descendre vers le village Saint-Maurice-Navacelles, le belvédère de la Baume auriol juché à 618 mètre d’altitude offre un panorama grandiose à couper le souffle. Sous vos yeux, un peu plus de 300 mètres de dénivelé. Pour descendre vers le cirque, la route de 1934 longue de 5,5 km requiert pour le conducteur patience et attention tant les virages sont serrés. Néanmoins, une navette minibus relie le belvédère et le Saint-Maurice-Navacelles. Une fois arrivé, vous êtes littéralement entouré par le cirque. Comme autrefois les moines de Saint-Guilhem-le-Désert, n’hésitez pas à vous aventurer dans les ruelles mais aussi à vous reposer près de la cascade d’eau fraîche. Prenez garde au risque d’hydrocution, l’eau est entre 10°c et 12°c.. Aujourd’hui, « environs 30 habitants vivent à l’année », ajoute une riveraine. Ici, on redécouvre le calme absolu: pas de circulation automobile, ni de bruit d’usine. Seul le chant des oiseaux amplifié par le cirque s’ajoute de manière mélodieuse au silence présent.

 

 

 

 

Retour en ville, à Lodève, pour découvrir le nouveau musée rouvert en juillet 2018. Après quatre années de travaux, cette mise à jour propose dans l’exposition permanente un voyage qui débute à la préhistoire et s’étale sur 500 millions d’années avec l’exploration de la faune, de la flore mais aussi de la vie de l’Homme. Une thématique qui entre en complémentarité d’une post-visite du lac du Salagou. Traces de pas d’animaux, plantes fossilisées, ammonites ou encore poignards en silex … Ce nouveau musée n’a pas pour vocation d’être un lieu exclusivement réservé aux «spécialistes mais un lieu d’échanges et de partages entre sachants et néophytes, entre parents et enfants, entre amis ou inconnus», explique Florent Sauzedde, programmateur architectural et muséographique. En plus de l’exposition temporaire, c’est près de 1.670 m2 (soit 920m2 de plus avant les travaux) qui peuvent être visités. Et pour inaugurer cette réouverture, la collection temporaire propose jusqu’au 07 octobre 2018 toutes les représentations du faune de l’antiquité jusqu’aux interprétations de l’artiste protéiforme Pablo Picasso. En outre, le musée lodévois met à l’honneur au rez-de-chaussée un enfant du pays, Paul Dardé.

 

 

 

En rupture avec les canons traditionnels du soldat victorieux, Paul Dardé a réalisé un monument aux Morts lodévois qui montre des enfants et femmes habillés en habits des années 1920. Ces personnages représentent les différentes classes sociales de l’époque — Photo Kevin Figuier, Aparté.com

 

 

Autre curiosité artistique à découvrir, les ateliers de la manufacture nationale de tapis de la Savonnerie. Dans cette annexe rattachée au Mobilier national —lui-même sous la responsabilité du ministère de la Culture—, une trentaine de lissiers confectione à Lodève des tapis pour les ambassades, consulats, ministères et même à l’Élysée. Aussi précis qu’une machine, il faut environ cinq années de travail dont une année pour dessiner sur un patron grandeur réelle le futur tapis. Ouvert depuis 1966, l’atelier concentre 400 ans de savoir-faire. La matière première, une laine appartenant à la catégorie des velours, vient d’Australie mais est traitée puis teintée en France. Les artisans peuvent ainsi sortir «72 tonalités de couleurs». Toutes les créations ont, pour certaines, « une valeur inestimable » à l’image du tapis Louis XIV néanmoins certains peuvent atteindre près de 250.000€.

 

En bas à droite, le tapis Louis XIV

 

 

Pour ce qui est des sites naturels, l’Hérault est incontestablement l’un des plus beaux de la région Occitanie. Sa riche diversité des paysages comme les gorges avec des dénivelés entre 200 et 300 mètres déphase complétement vos repères. Ce sentiment donne réellement l’impression d’être tout simplement dans un autre pays. Il est parfois difficile de s’imaginer qu’il a fallu au moins six millions d’années pour qu’un canyon ne se forme et 600.000 ans pour que la mer Méditerranée s’abaisse et se retire de ces gorges. Cette merveille de la nature est accessible à seulement 2h30 de Toulouse en voiture.

 

 

Où manger ?

Au pont du Diable, la brasserie du Terroir jouxte l’office de tourisme. Ce petit restaurant accueille en terrasse ou dans la salle climatisée. Coup de cœur pour le hamburger fait maison, parfait pour mettre dans l’ambiance des (mini-)vacances.

À Saint-Maurice-Navacelles, «Aparté.com» conseille deux géniaux restaurants. Le premier, à l’auberge de la Baume auriol, au belvédère du causse du Larzac. Couplé à une vue panoramique, la carte propose des spécialités locales élaborées avec des produits locavores. Aumonière pommes roquefort, agneau du Larzac, filet de truite d’une pisciculture toute proche et bio. C’est sans compter sur la généreuse assiette de quatre fromages de la région avec, entre autres, du pélardon, de la tomme de brebis ou encore du roquefort. Dans une ambiance conviviale et sans prétention, la propriétaire des lieux est réellement aux petits soins pour les clients.

Le second restaurant qu’«Aparté.com» recommande est le café du Mas Guilhou, au cœur de Saint-Maurice-Navacelles. Dans une ambiance là-aussi place de village ombragée et sans chichi, l’endroit confectionne des plats simples aux quantités qui régaleront les grands appétits et avec un rapport qualité/prix imbattable. Bien évidemment, tous les produits sont frais et de la région. Au dessert, belle surprise avec le yaourt au lait de brebis accompagné de miel et d’amandes grillées.

Au cirque de Mourèze, c’est une adresse littéralement encastrée dans la dolomie. L’Ami paradis est un restaurant où le menu change tous les jours. Imaginé et élaboré dans la matinée par la cheffe ; pour chaque étape de votre déjeuner vous aurez deux choix. Cette «cuisine d’auteur» aux saveurs parfois nouvelles ravira tous les régimes d’alimentations, que vous soyez sans gluten, végétalien, … Entrez sans préjugés et laissez-vous guider dans une découverte gustative qui sort des sentiers battus.

 

/// Pour aller plus loin: Notre dossier, « Vers l’Occitanie et au-delà! »

 

Où dormir ?

A Saint-Guilhem-le-Désert, le Guilhaume d’orange propose dix chambres au confort bien appréciable après une journée de balades touristiques. La pièce à vivre offre une vue sur le village et permet de le rejoindre en quelques minutes.

Au cirque de Navacelles, dans le village, chez L’Oustal del passejaire. Cette maison d’hôtes recommandée par les randonneurs est aussi ouverte aux familles. Ici, le cadre magique du cirque rendra votre nuit des plus réparatrices.

 

Liens utiles

Hérault tourisme, le site pour préparer votre séjour.

Office de tourisme lodèvois-Larzac.

 

K.F. et A.S.

Article rédigé par Kevin Figuier

Sur les Internet et sur papier.

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