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TEMPS DE LECTURE : 2 MINUTESYoann Bourgeois dompte la gravité avec « Celui qui tombe »

Jusqu’au 18 mai 2018, au théâtre de la Cité (ex-TNT), le spectacle de danse acrobatique Celui qui tombe de Yoann Bourgeois propose une heure cinq de poésies et une performance à provoquer des sueurs froides !

Photo : Géraldine Aresteanu

 

Un radeau des airs, un tapis volant ? Chacun pourra interpréter la symbolique de ce plateau mouvant de six mètres sur six. Fait de bois, cette plateforme suspendue qui grince à chaque mouvement accueille six jeunes gens, à parité parfaite. Le défi ? Rester en équilibre dans cet espace en perpétuel remous, tel un «bateau ivre», jugerait Rimbaud. Comme des marionnettes désarticulées, les six rescapés viennent progressivement à marcher, à s’agripper à tout ce qui est possible mais tombent également, courent, glissent ou restent encore immobiles. Multifonctionnelle, cette plateforme change d’usage au cours de la représentation. Tantôt refuge, tantôt impasse, ce plateau en bois contraint ces danseurs anonymes à s’adapter face au désordre sous leurs pieds mais surtout à s’entraider. Les protagonistes ne parlent pas mais proposent une danse parlante. En requérant un triptyque imparable et intemporel —la vie, l’amour et la mort—, Yoann Bourgeois (conception, mise en scène et scénographie) impose, par exemple, aux trois couples de défier avec beaucoup poésie les lois de la gravité au son de My Way de Frank Sinatra. Tel un énorme tourniquet pour adultes, la rotation rapide du plateau fait onduler les vêtements fins des danseuses. Le textile bouge comme un drapeau qui flotte avec fierté dans les airs. C’est presque hypnotisant.

La performance de ces danseurs-acrobates force le respect et quelques sueurs froides dans plusieurs des scènes dont nous vous laissons la découverte. Bourgeois emprunte pour cette création des mouvements du cirque moderne. Rien n’est laissé au hasard, dans un décors minimaliste et sobre, ce spectacle lyrique est d’un génie fou incommensurable. Il fallait y penser ! En laissant place à des émotions primitives comme la peur de la solitude, la lutte pour la survie, cette création propose en plus de contempler une performance physique spectaculaire une profonde réflexion sur notre humanité. Celui qui tombe est sans conteste l’un des plus beaux spectacles de danse qu’«Aparté.com» a pu voir. Un vrai coup de cœur.

 

 

Au théâtre de la Cité (ex-TNT), jusqu’au vendredi 18 mai 2018, Toulouse. Plus d’info ici.

Article rédigé par Kevin Figuier

Sur les Internet et sur papier.

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