Home >> À la une >> TEMPS DE LECTURE : 8 MINUTESPourquoi se déplacer en vélo à Toulouse est une bonne idée?

TEMPS DE LECTURE : 8 MINUTESPourquoi se déplacer en vélo à Toulouse est une bonne idée?

Bon pour votre santé, bien pour votre portefeuille ou encore celui de votre employeur et les comptes de la Sécurité sociale ; le vélo est un mode de transport qui respecte l’environnement et permet de se déplacer rapidement d’un point A à B. Pourquoi faut-il militer pour qu’il prenne plus de place à Toulouse?

Photo Patrick Batard, Aparté.com

 

Et si Toulouse devenait demain une ville amie du vélo? Dans le cadre de leurs déplacements quotidiens domicile-bureau, seulement 7% des travailleurs toulousains utilisaient en 2015 leur «petite reine», estime l’INSEE Occitanie dans l’une de ses études. Dans l’agglomération toulousaine, «plus de 40 % des déplacements de 0,5 km à 1 km se font en voiture, près de la moitié sont entre 1 et 2 km et jusqu’à 2/3 des trajets pour des distances variables entre 2 et 3 km», énumère la Municipalité dans une brochure consacrée aux deux-roues. Avec une population régionale de 5,83 millions d’habitants (2016), l’INSEE a recensé seulement 48.000 cyclistes, soit 2,2% des actifs. Un chiffre complètement dérisoire face à Strasbourg classée comme première ville française cyclable et quatrième au niveau européen selon le classement du cabinet danois The Copenhagenize.

Dans un rapport parlementaire, le député (LREM) Matthieu Orphelin propose pour 2019 de rendre «obligatoire pour tous les employeurs, en commençant par les plus grandes entreprises,» l’indemnité kilométrique vélo (IKV). L’objectif, selon l’élu, serait d’«atteindre 1,4 million de salariés cyclistes en 2022». Et pour étayer les bienfaits de cette mesure coercitive, le parlementaire de Maine-et-Loire (ex-EELV) cite une étude néerlandaise de 2010 qui explique que la pratique du vélo permet une «hausse de la productivité des salariés» grâce à une «meilleure forme physique et une réduction des arrêts maladies pouvant aller jusqu’à 15%». «Contrairement aux idées reçues, l’impact de la généralisation pour les comptes publics sera quasi nul ! (…) Certains craignent que sa généralisation coûte cher aux finances publiques. Notre étude montre qu’il n’en est rien», poursuit le député. Pour Matthieu Orphelin, l’IKV permet de réaliser des «économies de soins pour la Sécurité sociale (126€/an et par personne)», soit 29 millions d’euros annuellement. Des économies qui «viennent dépasser le manque à gagner de cotisations sociales».

 

/// Pour aller plus loin : Bicycode, pour lutter contre le vol et le recel de vélo

 

Plus de salariés cyclistes sur les voies de circulation dédiées, c’est moins d’automobilistes coincés dans les bouchons et un gain d’argent pour les employeurs. TomTom telematics, le service de GPS, a révélé en novembre 2017 dans son dernier «Index de trafic annuel» que les conducteurs toulousains perdent chaque jour —et en moyenne— 34 minutes dans les bouchons. Pire, ces embouteillages coûtent quotidiennement aux employeurs 5,53€ par véhicule. De manière cumulée, TomTom telematics estime que le manque à gagner annuel pour les professionnels est de 1.275€ par auto. Enfin, le système de GPS note que Toulouse est la «dixième ville» la plus congestionnée de France.

Le vélocipède, un truc de has been? Non. Selon l’Organisation mondiale de la santé (Oms), pour les adultes entre 18 et 64 ans, la pratique du vélo permet de constater une baisse du «taux de mortalité toutes causes confondues, cardiopathies coronariennes, hypertension artérielle, accident vasculaire cérébral, diabète de type 2, syndrome métabolique (le surpoids), cancer du colon ou du sein». Outre de plus grandes capacités cardiorespiratoires et musculaires, le vélo réduit le «risque de fracture de la hanche ou vertébrale». Enfin, faire du vélo se trouve être un excellent remède naturel contre l’anxiété ou la dépression. Pour parvenir à ces résultats, l’Oms préconise de pratiquer «au moins 150 minutes hebdomadaires d’une activité physique d’intensité modérée ou au moins 75 minutes hebdomadaires d’une activité physique intense». Parfait pour atteindre en plein forme l’âge de 106 ans à l’image du cycliste Robert Marchand.

 

Si à vélo vous pouvez franchir ce feu tricolore, les piétons gardent la priorité sur le passage clouté — Photo Patrick Batard, Aparté.com

 

En plus de vous garder en bonne santé, pédaler sur son vélo permet d’échapper à la pollution. Dans une étude publiée en novembre 2016 par l’Observatoire régional de l’air en Midi-Pyrénées (ORAMIP), ce que vous respirez sur votre bicyclette est «3 à 4 fois» moins élevé en dioxyde d’azote que ce qu’inhale un automobiliste dans son habitacle. À vélo, vous ne produisez pas de gaz nocifs pour l’environnement et rassurez-vous, cela ne fera pas de vous un «bobo».

Le vélo reste également le mode de déplacement individuel le plus économique. Pour l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), avec «quatre pleins d’essence (soit 265€) d’une citadine» vous pouvez vous acheter un vélo neuf. Pour un trajet quotidien de 8km entre la maison et votre lieu de travail, le «coût annuel est de 168€ à vélo contre 1.656€ pour une voiture».

 

5 km à vélo en 20 minutes

Économique, il est aussi plus rapide. Pas de bouchon à l’horizon sur votre biclou et il faut 30 secondes pour se garer. Prenons l’exemple d’un jeune toulousain qui réside du côté de Saint-Cyprien et qui étudie à l’INSA, situé dans le quartier Rangueil. En voiture, (s’il en a une,) il lui faudrait 25 minutes sans compter les hypothétiques congestions. En transport en commun avec le métro, c’est 28 minutes et à vélo c’est huit minutes en moins. Depuis 2012, les cyclistes peuvent franchir un feu rouge pour aller tout droit ou tourner à droite grâce aux panneaux triangulaires inversés. Enfin, pour emprunter le meilleur trajet, les toulousains peuvent compter sur le site Internet et l’application mobile Geovelo.

«75% des déplacements font moins de 5km, il faut arrêter de regarder le vélo avec condescendance en considérant que c’est un sujet mineur», expliquait à la mi-décembre 2017, Élisabeth Borne, la ministre des Transports dans son discours de clôture aux Assises nationales de la mobilité. Sur le territoire de la métropole toulousaine, la collectivité recense 576 km aménagés dont 312 km à Toulouse.

 

/// Pour aller plus loin : Toulouse et le vélo, une ambition partagée ?

 

Adopté le 07 février 2018, le «Projet mobilités 2020-2025-2030» promet des avancées pour le vélo. Avec ce plan de déplacement urbain (PDU), le budget annuel consacré aux deux roues passe de 15,6 M€ à 25 M€. Outre l’élaboration d’un schéma directeur spécialement dédié au vélo, en 2020, le «réseaux express vélo» (sorte d’autoroute) de 240 km doit permettre de rejoindre rapidement toutes les communes périphériques à Toulouse. Enfin, l’agrandissement de l’actuel réseau cyclable sera combiné à une extension des zones à 30 km/h dans les faubourgs de la Ville rose.

Des mesures qui réjouissent 2 Pieds, 2 roues, association locale pro-vélo qui milite auprès des collectivités pour une meilleure place des usagers du deux roues. Néanmoins, elle entend rester vigilante sur le nouveau budget alloué de sorte qu’il «ne soit pas qu’un effet d’annonce». Aussi, 2 Pieds, 2 roues propose que sur les 25 M€ d’investissement, 12 M € partent pour le réseaux express vélo, 9 M € aillent aux «aménagements cyclable hors REV et hors projets liés aux transports en commun, ZAC et réfection totale de voirie». 4 M € iront au «développement du stationnement vélo et à la lutte contre le vol». Enfin, elle propose «qu’un budget supplémentaire de 2 M € soit investi dans la communication sur les modes actifs, les vélo-écoles et sur le développement des services». D’ailleurs, miser dans une piste cyclable d’un kilomètre c’est 500 fois moins cher que dans une «autoroute urbaine». Dans un communiqué, la Métropole indique qu’elle «crée et entretient entre 15 et 20km de pistes cyclables par an».

 Rapport «Vive le vélo! Une politique publique ambitieuse pour la petite reine» publié en décembre 2017 par La Fabrique écologique, un think tank «pluraliste et transpartisane de l’écologie».

Si, après tous ces arguments, vous hésitez encore. Le vélo à assistance électrique (VAE) est une bonne façon de vous remettre en selle. Moins fatigant qu’un vélo mécanique, il permet —pour celles et ceux qui en font déjà— de parcourir plus de kilomètres. Jusqu’au 31 janvier 2018, il était possible pour tous les particuliers et entreprises de bénéficier d’une ristourne allant jusqu’à 200€ pour l’achat d’un VAE. Depuis le 1er février, seules les personnes non imposables sont éligibles mais surtout l’aide est conditionnée au fait que la collectivité locale où réside l’acheteur mette en place également une telle subvention.

À Toulouse, l’agglomération a proposé une aide à l’achat entre 2012 et 2014. Cette opération a eu un tel succès qu’une rallonge budgétaire de 115.000 € a été débloquée, se souviennent nos confrères d’«Actu Toulouse». Au total, près de 1.500 dossiers ont été instruits pour un budget final de 350.000€. Une somme à la charge de la collectivité territoriale et «sans critère social d’affectation», explique Jean-Michel Lattes, 1er adjoint au maire et vice-président de la métropole en charge des déplacements et des transports. «Dans le contexte difficile pour les budgets des collectivités, Toulouse métropole n’envisage pas de renouveler cette opération», conclut l’élu.

En France, selon les estimations de l’Union sport et cycles, il s’est vendu entre 200 et 250.000 VAE en 2017 contre 135.000 en 2016. En Allemagne, 700.000 vélos électriques sont vendu chaque année. Et si, à Toulouse, on prenait demain le virage de la Vélorution ?

/// Pour aller plus loin : De l’Atlantique à la Méditerranée, le génial canal des 2 mers à vélo !

Article rédigé par Kevin Figuier

Sur les Internet et sur papier.

(A)parté pas si vite !

Tombent les feuilles du néo-burlesque

Sur différentes scènes françaises ou festivals burlesques à l’étranger, Florence Boué est connue sous le …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *