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TEMPS DE LECTURE : 6 MINUTESToulouse et le vélo, une ambition partagée ?

À l’aune des initiatives pour combattre la pollution dans la Ville rose, le vélo, peut-il jouer un rôle de premier plan dans la mobilité des Toulousains ?  Quelles initiatives et résultats après l’adoption du « Plan vélo » par la Métropole en 2015 ? Les cyclistes peuvent-ils espérer prendre une plus large place dans l’espace urbain de la ville ? 

La métropole dispose de 576km de voies cyclables – Photo Patrick Batard, Aparté.com

 

18 heures 30 à Toulouse. La nuit prend place et les automobilistes affluent sur les boulevards et carrefours de la ville, comme à chaque embouteillage pendulaire de la semaine. Marie, étudiante en école de commerce, tente de se frayer un chemin entre les voitures pour rejoindre la piste cyclable de l’avenue des Minimes. « J’utilise mon vélo tous les jours. Le soir on est beaucoup moins visible, il faut être encore plus vigilant. C’est parfois chaotique aux heures de pointe dans mon quartier et certains automobilistes stationnent sur les pistes cyclables, ça devient usant ».

D’après l’enquête de Tisséo en 2013, ils sont comme Marie, 80 000 toulousains à utiliser régulièrement le vélo pour les trajets du quotidien. Si en dehors du partage de la voirie, la jeune étudiante est satisfaite des aménagements pour les vélos, les associations de cyclistes ont des avis à ce sujet un peu plus nuancés.

 

Le centre ville en bonne place, les quartiers en retard

L’association 2 pieds 2 roues surveille avec beaucoup d’intérêt l’évolution de la place du vélo au sein des politiques publiques et milite notamment pour son développement dans la Ville rose. «Toulouse dispose de conditions idéales pour faire du vélo. C’est une ville relativement plate, et la météo y est convenable», explique Sébastien Bosvieux, le vice-président de l’association. Au-delà des qualités requises pour monter en selle, il pointe cependant des manquements pour que les conditions de sécurité notamment soient réunies. «La mesure la plus urgente selon nous et qui nécessite peu voire aucun moyens, est de réduire la vitesse à 30 km/h sur l’ensemble de la ville, à l’exception de quelques axes structurants».

En supposant que la région dispose des conditions météorologiques idéales, il existe selon l’association, des disparités notables dans l’aménagement en faveur des cyclistes dans les différents quartiers la ville. «Dans l’hyper-centre et plus globalement le centre ville, les infrastructures sont correctes, avec la piétonisation de plusieurs rues et un nombre suffisant de stations de vélos ‘Vélô Toulouse’. Cependant, dès que vous vous dirigez à l’extérieur des boulevards, des défaillances apparaissent : discontinuité voire absences de pistes cyclables sur certains axes, des stationnements inexistants et surtout l’absence des stationnements sécurisés, car les vols de vélos sont fréquents, et les antivols ne suffisent pas toujours».

 

6 millions d’euros par an pour le vélo

La Métropole de Toulouse a adopté en 2015, le «Plan vélo» qui englobe, des investissements et des mesures incitatives auprès de la population. «Nous disposons de 6 millions d’euros par an pour sécuriser des parcours cyclables, palier aux discontinuités des pistes et faire notamment des actions de communication pour inciter à l’usage du vélo, auprès des toulousains», développe Jacqueline Winnepenninckx-Kieser, adjointe au maire de Toulouse en charge notamment des déplacements doux et modes actifs.

Si elle a conscience des dysfonctionnements encore présents sur le territoire, elle se félicite tout de même de l’augmentation du nombre de cyclistes. «Sur la métropole, le nombre d’usagers est autour de 2%. Dans le centre ville, il est proche de 15 à 20%». Le budget annuel serait même plus conséquent au regard des investissements globaux de la ville. «Il y a des investissements en faveur du vélo qui ne sont pas comptabilisés dans notre budget annuel tel que le projet des Ramblas qui inclue des aménagements cyclables et de stationnements. Le budget total en faveur du vélo est alors de 10 à 12 millions d’euros par an». Alors  que le tissu associatif manifeste «le manque d’ambition» des élus, la 26ème adjointe au Maire reste optimiste. «Je milite dès que c’est possible auprès de Jean-Luc Moudenc pour augmenter le budget vélo».

 

770 arceaux sont positionnés dans la ville pour garer son vélo – Photo Patrick Batard, Aparté.com

 

Trop de place pour la voiture ?

L’association 2 pieds 2 roues a rendu un avis défavorable au Plan de déplacements urbains (PDU) proposé par Tisséo-SMTC, qui vise à définir les orientations de la mobilité à l’horizon 2020, 2025 et 2030. Le collectif regrette la faible diminution de la part de la voiture et à contrario, la faible augmentation de celle du vélo annoncées dans ce plan. «Toulouse est une ville historiquement en faveur de la voiture. Elle lui a toujours laissé une place conséquente. Malheureusement cette volonté ne s’atténue pas d’après la révision annoncée de ce PDU et va générer une hausse de la circulation automobile», pronostic Sébastien Bosvieux.

Il souligne également le manque de sanctions auprès des automobilistes qui ont des comportements dangereux vis-à-vis des cyclistes. Jacqueline Winnepenninckx-Kieser se veut quant à elle, rassurante. «Je suis maire d’un quartier assez vivant et je suis confrontée aux incivilités des automobilistes. Je me suis rendue dernièrement avec la police municipale auprès des habitants pour les sensibiliser au respect du partage de l’espace public. La police municipale est active sur ce sujet et verbalise régulièrement les contrevenants au code la route». En ce qui concerne les insuffisances de stationnement pour les cyclistes, l’élue explique que des ateliers de concertations ont eu lieu en novembre dernier pour ajuster les aménagements notamment pour les parkings vélos.

 

Photo Patrick Batard, Aparté.com

Toulouse dans le «gros» du peloton national

Si Toulouse n’apparaît pas dans le classement des 20 villes mondiales où il fait bon pédaler, selon le Capitole, elle dispose bien d’un des plus gros budgets en France. Les associations de cyclistes de l’agglomération sont quant à elles moins enthousiastes. «Toulouse n’est jamais en avance sur le vélo, nous sommes assez suiveurs. Des villes comme Nantes ou Strasbourg sont en avance sur nous malgré les efforts consentis», exprime le vice-président de 2 pieds 2 roues.

 

 Les principaux chiffres-clés

 → 576 km d’aménagements cyclables sur le territoire de la Métropole

 → 340 kilomètres à Toulouse

 → 310 km de réseau vert pour les balades

 → 655 km de voies apaisée (zones 30, zones 20 et aires piétonnes)

 53 réalisations programmées en 2017 :

 → Une voie verte le long de la rocade Arc-en-Ciel entre Tournefeuille, Toulouse et Colomiers de 1,7 km

 → L’aménagement cyclable sur la passerelle de Saune

 → Une voie verte le long de l’Hers à Toulouse au niveau de l’aérodrome de Lasbordes

Source : Toulouse Métropole

Article rédigé par Hakim Mokadem

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