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TEMPS DE LECTURE : 6 MINUTESEn Occitanie, les inégalités femmes-hommes apparaissent dès les études

Aujourd’hui encore, les inégalités femmes-hommes au travail sont présentes dans notre société. Dans notre région, en Occitanie, les femmes n’échappent pas aux disparités et ces iniquités apparaissent dès les études. Comment parvenir à l’égalité réelle ?

En Occitanie, les jeunes femmes gagnent en moyenne 10,4€/h net contre 11,4€/h pour les hommes de mêmes âges – Photo Kevin Figuier, Aparté.com

 

L’enquête de l’INSEE Occitanie est sans appel. L’étude s’intéresse à « l’impact des filières d’études » entre les femmes et les hommes et révèle « des inégalités dès le début de carrière ». Pour cette enquête, l’institut s’est intéressé aux jeunes de « moins de 30 ans » dans leurs premières années de travail et « avant que l’effet ‘carrière’ ne joue ».

Dans notre région, les femmes âgées entre 18 et 29 ans qui travaillent dans « la sphère privée ou semi-publique » ont un revenu annuel moyen de 11.700 euros en 2013 contre 14.600 euros (soit une différence de 20%) pour les hommes. Deux facteurs peuvent expliquer un tel écart de revenus, le premier avec le recours au temps partiel pour les femmes et le second avec la différence de salaire horaire net moyen entre les hommes et les femmes.

Le temps partiel, qui permet de concilier les contraintes à la fois professionnelles et familiales, est davantage assumé par les femmes. 32% des femmes âgées de moins de 30 ans exercent une activité à temps partiel en 2013, contre seulement 14% des hommes. Le recours à ce compromis s’applique essentiellement pour « les ouvrières, qualifiées ou non et les employées », explique l’enquête locale de l’INSEE. « Les personnes qui exercent ces métiers fondent aussi une famille plus tôt », poursuit encore l’institut national. Pire, ces inégalités de temps travaillé s’accentuent avec le cycle de vie.

 

/// Pour aller plus loin: Les obligations des entreprises en termes d’égalité professionnelle

 

L’autre facteur qui explique une différence de traitement de revenus, c’est le salaire horaire. En Occitanie, les jeunes femmes gagnent en moyenne 10,4€/h net contre 11,4€/h pour les hommes de mêmes âges. Sur l’ensemble des salariés —tous âges confondus— l’écart est de -18%.

Pour les personnes peu ou pas diplômées, l’insertion professionnelle est difficile mais pour les femmes de moins de 30 ans, elles paient le prix fort. Toujours en 2013, 35% des femmes de 25-29 ans « peu diplômées » —c’est-à-dire titulaire d’un brevet des collèges ou équivalent— ne travaillent pas et ne sont pas à la recherche d’un emploi. Heureusement, le diplôme post-bac permet de réduire considérablement les problèmes d’insertions professionnelles. « 77% des jeunes femmes diplômées de l’enseignement supérieur ont un emploi, soit seulement deux points de moins que les hommes », relève l’INSEE.

Votre avenir professionnel dépendra du diplôme que vous avez en poche néanmoins, il reste conditionné par la filière de formation ainsi que la spécialité choisie. En Occitanie, seulement une fille pour trois garçons en est apprentissage. Elles s’orientent vers les métiers de services, un secteur moins valorisé et parfois bouché sur le marché du travail alors que les garçons se dirigent plutôt vers des spécialités techniques ou de production.

 

Mal représentées mais mieux diplômées

Photo Roberto Taddeo, Flickr.com

 

Dans l’enseignement supérieur, « 60% des étudiants à l’université sont des étudiantes ». Elles portent leur choix d’orientation vers les lettres ou le droit ainsi que les formations paramédicales et sociales. « Des segments saturés sur le marché du travail ou [qui] conduisent à des perspectives professionnelles moins favorables », poursuit encore l’INSEE Occitanie dans son enquête. Elles sont moins nombreuses dans les filières sélectives comme les « classes prépa » ou les écoles d’ingénieurs. Un paradoxe dans la mesure où le taux de réussite au bac —toutes séries confondues— pour les filles est bien meilleur que pour les garçons.

Dans notre région, 91% des candidates à l’examen décrochent leur diplôme d’entrée à l’université soit 5% de plus que les garçons en 2013. Ces meilleurs résultats se confirment post-bac puisque 24% des filles de moins de 25 ans qui ont terminé leurs études ont un diplôme. C’est 7% de plus que les garçons. Enfin, entre 25 et 34 ans, presque la moitié d’entre elles sont diplômées de l’enseignement supérieur, soit 11% de plus que les hommes.

 

« Grande cause nationale du quinquennat »

Du côté des décideurs, pour le député (LREM) Mickaël Nogal —membre de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité femmes-hommes à l’Assemblée nationale— ces inégalités « qu’elles soient professionnelles, scolaires ou sociales sont aujourd’hui plus que jamais inacceptables ». Inscrite dans la Constitution, dans sa révision du 23 juillet 2008, « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales ». Aujourd’hui, « l’objectif légal de présence des femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises est de 40% en 2017 », précise l’élu.

 

Le député Mickaël Nogal, dans sa permanence parlementaire, à Toulouse – Archives Kevin Figuier

 

Pour atteindre les « objectifs paritaires », Mickaël Nogal s’appuie sur les recommandations du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes dont il est membre suppléant. Ces préconisations visent notamment à « améliorer le système d’information et l’évaluation des lois en termes de parité, de viser le 50/50 ou encore d’étendre la parité à toutes les organisations citoyennes ». Dans la délégation parlementaire, les élu(e)s participent « activement » au travail de « sensibilisation, par l’organisation d’événements à visée pédagogique comme l’intervention auprès des pouvoirs publics pour dénoncer des situations » qu’ils jugent « graves ». Par ailleurs, « des groupes de travail sur tous les enjeux liés aux problématiques d’égalité entre les femmes et les hommes » ont été constitués informe le député de la 4ème circonscription.

Dans son discours du 25 novembre 2017, le président de la République Emmanuel Macron fait de l’égalité femmes-hommes une grande cause nationale de son quinquennat. C’est dans cette perspective que les parlementaires « auront l’occasion de présenter de nouvelles initiatives pour faire enfin de l’égalité femmes-hommes une réalité explique Mickaël Nogal avant de conclure que si « le changement peut passer par la loi il doit surtout passer par une évolution des comportements, une meilleure sensibilisation des hommes et des femmes et un encouragement quotidien à faire mieux, dans les sphères professionnelles, privées ou publiques ».

 

/// Pour aller plus loin: Le 1er plan interministériel —élaboré sous la précédente majorité— en faveur de l’égalité professionnelle

Article rédigé par Kevin Figuier

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